Apaiser son rapport au temps grâce aux pratiques créatrices

Vouloir gérer son temps en perfectionniste, être tiraillé par l’envie de profiter, ne pas savoir choisir entre ne rien faire et remplir sa vie : à propos de l’angoisse du temps qui passe, de la peur du vide et de la nécessaire discipline pour revenir à son propre rythme…

 Nous voulons être pleinement.  

 Et pour ça, nous avons besoin de maîtriser ce qui nous entoure. 

 Maîtriser le temps, qui n’en rêve pas?  

 Arrêter de procrastiner, aller plus vite dans ce qui nous ennuie, savourer chaque instant plutôt que s’angoisser. 

 Cette course après le temps, nous l’expérimentons tous au quotidien : la pression constante de l’extérieur nous impose de faire, plutôt que d’être, et souvent de faire vite et toujours mieux. 

 Ces contraintes peuvent être ressenties de façon encore plus aiguë quand si vous avez un tempérament perfectionniste et/ou une pensée qui vagabonde. Vouloir tout faire, ne pas s’ennuyer et donc laisser peu de place au vide et au silence : la tentation est grande de s’engouffrer dans une spirale enivrante mais si fatigante au final.

 

Comment laisser de la place au “rien”,  au temps, sans avoir l’impression de le perdre ? 

Comment accepter de ne pas découvrir, voyager, lire, apprendre, approfondir et pour une fois juste se contenter d’être là ?  

Agir sans se perdre dans la recherche de la perfection et s’arrêter au bon moment sans culpabiliser, ni ressasser ce qui aura été fait ou non… 

 

Si l’on nous enjoint tant à nous déconnecter de tout, c’est surtout le bon sens qui parle en nous aidant à comprendre que le temps ne peut se mesurer et s’apprécier qu’à condition qu’on le lui en laisse le droit. Revenir à soi pour s’extraire d’un rapport trop contraignant au temps qui passe est possible en mettant en œuvre quelques moyens simples même s’ils exigent une certaine autodiscipline. On peut alors éprouver la sensation du temps qui passe sans se sentir frustré, contraint, angoissé et au contraire, retrouver le plaisir d’être dans le faire tout autant que dans l’être.

 

Créer pour atténuer l’angoisse du temps qui passe 

 

Un des moyens dont je souhaite vous parler aujourd’hui, c’est la pratique d’activités créatrices qui peuvent s’avérer particulièrement salvatrices concernant ce douloureux rapport au temps.  

La création est un grand mot, mais ici retenez quelques principes de base qui vous permettront de retrouver dans ce type d’activité un rapport au temps plus serein.   

  • Simplifiez donc choisir une activité qui ne nécessite pas de complexité de réalisation trop grande, ni trop d’enchaînements d’actions. Ne vous lancez pas dans un projet titanesque, soyez réaliste et humble ! La technique des petits pas, voilà qui pourrait vous aider…  
  • trouvez ce qui vous parle : allez vers ce qui vous anime naturellement, ce qui vous met en joie, vous interpelle, vous intrigue. Si vous manquez d’idées, fixez-vous dix minutes pour en trouver via internet, ou bien… visitez mon site !  
  • recréez de l’espace-temps en vous déconnectant du reste, c’est à dire décidez d’accomplir une action et une seule, et rien d’autre en même temps. Peu importe le temps que vous y passerez, cependant la qualité de ce temps, sa stricte dévolution concentrée sur une seule action sera d’autant plus impactante sur votre ressenti et les bienfaits que vous pourrez escompter en retirer. 

 

 

Les bénéfices des pratiques créatrices

  Ces bénéfices naissent et augmentent si la pratique est régulière, cela va de soi.   

 

  • s’ancrer dans le présent
  • s’incarner et donc retrouver une perception plus fine de vos sensations coporelles (je ne développe pas ici, mais je suis sûre que vous connaissez l’importance du rapport au corps quand on vit trop dans son mental)
  • gagner en concentration et (re)devenir plus attentif
  • revenir à la matérialité plutôt que rester dans le mental, c’est à dire cultiver votre élément terre vs votre élément air
  • obtenir la fierté grâce à la satisfaction du produit fini dans la création, même si celle-ci est éphémère ou intangible (pensez à garder une trace, quelle qu’elle soit) 
  • se laisser aller à être soi véritablement, lâcher prise
  • se mettre dans sa bulle et se détendre

 

Tout ceci est possible en s’assurant des bonnes conditions de réalisation de votre activité créatrice. Partant, je voudrais vous indiquer quelques points à prendre en compte pour mettre toutes les chances de votre côté et ne pas vous décourager si vous êtes pressé de tester et d’obtenir des résultats (rappelez-vous que la patience et le silence font plus que l’agitation et l’attente vous aurez certainement besoin d’un guidage pour ritualiser votre activité et enclencher un phénomène d’habituation – pour cela, il peut être utile d’intégrer un groupe de pratiques créatrices ou bien de suivre un programme pour vous aider à fixer un cadre. Qui dit cadre dit contraintes mais celles-ci sont toujours nécessaires pour créer…

  • vous aurez intérêt à choisir des idées simples à mettre en oeuvre pour vous canaliser, ainsi qu’à fixer une limite de réalisation dans le temps et dans le rendu final pour savoir vous arrêter. Même si cela génère de la frustration (ce qui peut du coup stimuler l’envie de s’y remettre le lendemain plutôt que vouloir tout faire d’un coup. L’objectif n’est pas d’atteindre la perfection, mais de créer une habitude apaisante et de voir qu’on peut agir en créant dans un laps de temps suspendu.
  • Pensez bien sûr à la création d’un contexte favorable : un climat sécure et sans jugement d’aucune sorte pour ôter peur et pression. Si vous êtes seul, vous serez votre seul juge, alors soyez indulgent avec vous-même comme vous aimeriez que les autres le soient avec vous. Si vous intégrez un groupe de pratiques créatrices, vous pourrez apprécier pleinement la liberté qui y règne et l’absence d’ambiance évaluative ou comparative.
  • Enfin, il me semble intéressant de rappeler un constat que vous avez peut-être vous même déjà fait : moins l’on est familier avec l’activité créatrice proposée, plus on a de chances de pouvoir atténuer nos peurs dans la réalisation, car nous n’avons alors pas connaissance ou pas conscience du degré maximum de réalisation possible : on y va avec moins de pression sans se soucier du résultat, ni du temps mis à pratiquer.

 

J’écris ces lignes dans un train. Le mouvement crée la rupture… déplacement et temps qui passe sans toucher terre : je suis dans une bulle. Temps suspendu à faire, oh pas grand chose, si ce n’est créer quelques lignes. Vous pouvez vous aussi retrouver ce temps perdu et constater qu’en quelques minutes vous retrouvez la capacité à profiter du temps qui s’écoule.

 

 Dites-moi en commentaire:  comment vivez-vous votre rapport au temps?