Je perds le fil de mes idées à l’oral

 Au moment de prendre la parole, mes idées s’emmêlent.

Je suis frustré car je n’arrive pas à transmettre mes idées aussi clairement que ce que j’ai en tête.

Frustration, mais aussi impression de ne pas être compris par les autres… 

Si le perfectionnisme s’en mêle, on peut alors penser qu’on est incapable de s’exprimer correctement.

Je vous partage ici :

3 signes à observer pour maîtriser votre discours

3 moyens d’agir sur le physique pour calmer le mental et fluidifier les idées

Vous pouvez visionner la vidéo ou lire le texte de l’article.

https://youtu.be/MTz8Cxeuw1g

 

3 signes qui montrent que vos idées doivent être canalisées

Observez ou demandez à quelqu’un de confiance de vous observer par rapport aux indices suivants:

le débit de votre voix: rappelez-vous d’un moment où vous parliez d’un sujet qui vous anime. Comment était votre vitesse de parole? Si vous parlez trop vite, par peur de laisser vos idées s’échapper, vous risquez de perdre votre interlocuteur…

Note : si au contraire, vous vous sentez bloqué et avez tendance à vous taire par peur de ne pas réussir à faire un copié-collé à l’oral de vos idées, je vous invite à lire cet article.

l’intonation de votre voix: est-ce que votre voix devient monotone au fur et à mesure que vous parlez? Si vous n’introduisez pas de variations dans le ton, le message passe moins bien. On a besoin de ces variations dans la voix: du côté de l’émetteur (vous) pour mettre en évidence qui est important dans votre message, du côté du récepteur pour qu’il reste accroché à ce que vous dites. L’intonation nous fournit des indices pour retenir l’essentiel du message et rester concentré dessus. Alors écoutez-vous! Mieux, enregistrez-vous.

votre souffle: est-ce que vous arrivez à la fin de vos phrases à bout de souffle? Si oui, c’est probablement que vous utilisez une respiration haute (thoracique). Cela empêche de poser sa voix convenablement et cela essouffle. Contrairement à cette respiration, le souffle d’une respiration basse, profonde, permet à la voix de se poser de façon plus fluide et naturelle.

 

3 techniques pour une prise de parole posée et fluide

Ces 3 techniques sont liées les unes aux autres: en agissant sur le corps, on permet la détente physique favorisant une bonne émission vocale et on apaise le mental pour mieux canaliser les idées.

limiter le nombre de phrases consécutives: essayez de vous concentrer sur 3 phrases à la fois, pas plus. Faites systématiquement une pause après. Contraignant au début, et pourtant cela amène du rythme dans le discours et force à aller à l’essentiel.

faire une pause de respiration profonde : après ces 3 phrases, revenez à une respiration basse et profonde. Cette respiration clarifie le mental, vous permet très rapidement, sans y réfléchir, de refaire le lien entre ce que vous venez de dire et ce que vous vous apprêtez à dire. Pour vous y entraîner : voyez mes exercices dans ce kit de prise de parole sans stress dans la voix.

laisser la place à l’autre: hé oui, on voudrait souvent tout dire d’un coup, mais laisse l’autre intervenir c’est aussi un bon moyen pour s’exprimer mieux. D’une part, cela vous aide à faire cette pause respiratoire. D’autre part, l’autre peut très bien rebondir sur ce que vous avez dit, ce qui vous permet de préciser vos idées donc d’approfondir. Ou bien, il peut aussi vous faire penser à un point que vous aviez en tête mais que vous aviez oublié de dire.

Quand on est de nature perfectionniste, on a tendance à beaucoup se juger sur la qualité de ce qu’on transmet, même dans des prises de parole du quotidien. Or l’essentiel se joue ailleurs que dans le contenu transmis: c’est aussi la qualité d’écoute, l’échange, la présence à l’autre, qui permettent de retrouver plaisir à s’exprimer en lâchant prise et en se jugeant moins.

Kit pour prendre la parole sans stress dans la voix

J’ai besoin de tout contrôler

Es-tu du genre control freak?

 Ce fut mon cas pendant longtemps mais j’ai appris à lâcher prise.

 Grâce à mon expérience d’enseignante et d’accompagnatrice, je vous partage aujourd’hui mes pistes pour arrêter de tout contrôler au quotidien

 

Es-tu conscient de ce que tu contrôles?

 Etre capable d’anticiper et d’organiser est une qualité qui peut tourner au cauchemar si cela devient aliénant comme dans ces exemples:  

  • On peut vouloir s’organiser et instaurer des routines qui tournent parfois au contrôle: si on n’a pas fait l’activité ou la tâche prévue au moment voulu, on ne se sent pas bien.  
  • On cherche à prouver sa valeur aux autres et on adopte une attitude perfectionniste. Du coup, les autres peuvent nous renvoyer une image de rigidité. Ou bien on s’épuise à vouloir atteindre des objectifs trop hauts.
  • On anticipe les questions et réponses dans les interactions sociales. Quand il s’agit de préparer un entretien d’embauche, il est nature de penser en amont au déroulement. Si par contre le contrôle est trop fort, cela va être perturbant dès qu’il y aura un peu d’imprévu… et c’est la même chose dans les échanges de tous les jours.

 La limite entre l’organisation et le contrôle rigide est celle-ci: au moindre imprévu, on se sent 

  • débordé, décontenancé
  • frustré 
  • coupable 
  • épuisé

 

 Piste 1: observe comment tu réagis quand les choses ne se passent pas comme tu l’avais prévu?

 Quelles sensations vis-tu à ce moment? Que penses-tu de toi et des autres dans cette situation?

 Cela t’informe sur ta souplesse mentale et ta capacité à faire face à l’inconnu.

 

Pourquoi ce besoin tout contrôler?

 

Par peur de l’inconnu, sûrement un réflexe archaïque pour éviter de se retrouver dans des situations inconfortables.

Cela est d’autant plus vrai quand on est de nature anxieuse.

On a peur de se retrouver en situation de vulnérabilité, mis à nu.

Pourtant, en étant dans un contrôle rigide et excessif, on est perdant au final: on veut à tout prix se tenir à ce qui était fixé et on y met trop d’énergie. Ou bien on ne pense qu’à un scénario possible et on s’effondre quand ça se passe autrement. Bref on se met trop la pression! 

 Attention: parfois on peut même se dire que si on préparait davantage ou mieux ça se passerait mieux.

A l’extrême dans le cadre du travail, cela peut mener au burn out. 

 Piste 2: choisis une action récente où ça ne s’est pas passé comme tu aurais voulu (une tâche professionnelle, une discussion où les autres t’ont surpris en disant autre chose que ce que tu aurais imaginé…). Compare la quantité d’énergie et d’efforts engagée en amont (ta préparation, ton anticipation) en comparaison des résultats et du ressenti que tu obtiens. 

 

Comment faire face à l’inconnu avec moins de peur?

 

Laisser de la place pour l’imprévu. 

Dans ton planning, prévois du temps pour “rien”. Il y aura toujours des choses qui pourront surven

 

Prévois de la marge dans les tâches:  s’autoriser un délai ET décider de finir si on atteint 80% de l’objectif plutôt que vouloir la perfection.

Trouve des occasions où tu n’as pas tout à gérer. Ou des contextes où tu partages les tâches avec d’autres. Sois attentif à la façon dont tu te comportes quand tu n’es pas responsable de l’organisation ou quand tu ne sais pas comment les choses vont se passer. Es-tu conciliant, souple avec les autres? As-tu tendance à vouloir reprendre le contrôle? 

On se sent tous en danger de façon générale face à l’inconnu. Dans les rapports interpersonnels, chacun va vouloir garder sa place donc contrôler. Mais il y a moyen de faire aussi de la place aux autres: les laisser s’approcher et donc faire évoluer notre place tout en respectant notre nature profonde.

 

Etre présent à soi, concentré, ET lâche prise en même temps.

Voilà la meilleure attitude à adopter face à l’inconnu.

C’est une forme de méditation du quotidien.

Cela demande de se faire confiance sur sa capacité à s’adapter à l’inconnu sans s’effacer ni paniquer.

 

C’est précisément ce que je vous permets d’expérimenter dans mes ateliers et mes accompagnements: grâce au travail autour de la voix, chacun peut s’autoriser à essayer, se tromper, recommencer, se lancer dans l’inconnu de façon ludique et dans un cadre sécurisé et bienveillant. Pour plus de recul sur ses émotions, moins de jugement sur soi, plus de plaisir à oser être spontané.

 

Si tu souhaites dépasser ta peur de l’inconnu, je t’invite à découvrir mes accompagnements : 

Voie de reconversion: Jessie, de prof à sophrologue

Comment se sortir du burnout grâce à la sophrologie ?

Comment se reconvertir après un burnout ?

Comment mieux vivre son métier d’enseignant grâce à la sophrologie ?

J’ai fait la connaissance d’une personne qui possède à elle seule toutes les réponses à ces questions : Jessie Casteill, sophrologue et Formatrice professionnelle en présentiel et en ligne. Elle est très bien placée pour nous parler de ces sujets du burnout et de la reconversion, puisqu’elle a été enseignante vacataire de Sciences physiques en collège et lycée.

Voici donc ce qu’elle nous partage aujourd’hui  – NDLR : interview réalisée en décembre 2015.

 Qu’est-ce qui a déclenché ton désir de reconversion et quelles en ont été les étapes ?

J’ai choisi de changer de voie pour plusieurs raisons :

– physiques :mon corps m’a lâchée au bout de trois mois de mon dernier remplacement. Je travaillais toute la semaine au collège et au lycée, je n’avais pas de préparateur labo, c’était la première fois que j’avais autant de niveaux scolaires différents. Je démarrais à peine dans la profession ! Le soir je préparais les cours, le week end également, je ne faisais plus que travailler. Ce métier d’enseignant est très physique je déplaçais le matériel, rester souvent debout, devais gérer la classe. Je ne connaissais pas suffisamment d’astuces pour me préserver et je me suis fait aspirer dans mon propre jeu de vouloir trop en faire. Je me revois dans la salle de labo, avec tous ces produits chimiques qui puaient, entrain de sentir au fond de moi-même une boule au ventre et une petite voix qui me hurlais « tu n’es pas faite pour être ici ». Je marchais avec mes sacs le matin en marchant à reculons, j’entendais au loin les bruit de la cours de récréation, je n’avais tellement pas envie d’y être.

– l’envie de découvrir autre chose : toute ma vie je n’avais fait que des actions se rapportant à l’école. Collège, lycée, fac, prép. capes, enseignement. J’avais envie de découvrir d’autres univers, et me connaître vraiment. Qui étais-je ?

– le manque de positif: je trouve l’environnement scolaire stressant, négatif, et à l’encontre de l’épanouissement de soi. C’est un avis personnel bien sûr, et influencé par le burn out que j’y ai fais. Certaines pers s’y sentent très bien.

– apporter un sens à ma vie: développer des actions qui sont le fruit de ce que je suis réellement, mes aspirations profondes, et non pas quelque chose dans laquelle je suis douée mais où mes valeurs ne s’y retrouvent pas comme c’était le cas dans les sciences physiques.

 

Comment as-tu réussi à trouver ta nouvelle voie ?

J’ai rencontré un jour dans un salon de bien-être une Sophrologue. Je lui ai posé quelques questions sur la Sophrologie, et c’est comme ça que j’ai eu envie de devenir Sophrologue.

Une image très forte qui me revient, c’est dans la salle des profs, je regardais les formations pour devenir Sophrologue. J’avais envie de me lancer.

Et c’est au cours de la formation de Sophrologie, quand j’ai ressenti tous les bienfaits sur mon corps et dans ma vie que m’avaient apportés la Sophrologie que j’ai eu envie d’en faire véritablement mon métier.

 

 

Quels sont les aspects de ton métier actuel qui font que tu ne reviendras pas en arrière pour redevenir enseignante ?

J’ai envie de répondre en évoquant les valeurs les plus importantes pour moi.

Le respect de son corps et de son rythme biologique : je choisis mes horaires, me repose quand j’en ai besoin, travaille à l’heure que je
prend mes vacances quand mon corps le décide et non quand le système l’impose. Je suis assise, aide une personne ou un groupe qui sont l’énergie dépensée n’est pas du tout la même, qu’est-ce que je me sens épanouie, bien, équilibrée, posée dans ma vie.

Je suis alignée entre ce que je fais, et ce que je suis : cela m’est fondamentalement plus important que d’aider les jeunes à comprendre de la physique chimie.

Les réseaux : je rencontre des millions de gens qui travaillent sur le net, j’ai aidé des tas de gens de tout âge, des enfants, des ados, des adultes.

La possibilité d’évolution : j’ai énormément de possibilités de travail. La Sophrologie peut s’insérer dans tellement de branche différentes (entreprises, en ligne, séances en cabinet, en groupe…) c’est gigantesque.

Comment s’est manifesté ton burn out et qu’est-ce qui t’a aidé à t’en remettre ?

Les souvenirs que j’en ai : me doucher assise, d’épuisement. Pleurs à répétition sans savoir pourquoi. Perte de repères, plus arriver à travailler. Dégoût des élèves, de la matière, de l’établissement. Arrêt de travail par ordre du médecin.

Ce qui m’a aidée :

– Voir et faire d’autres métiers: stages dans les écoles primaires, pédagogie alternative, directrice de colonie de vacances scientifiques, formatrice BAFA, animatrice scientifique… ça m’a ouvert l’esprit.

– travailler sur moi: pratiquer de la Sophrologie, du coaching, de la psychothérapie positive

De quelle manière cela a-t-il influencé ta décision de te reconvertir ?

Quand j’ai arrêté l’enseignement, j’ai fait une dépression. Je me suis retrouvée seule chez moi, à ne pas quoi savoir faire de ma vie. Tous les gens autour de moi qui partais travailler. Je ne savais pas à l’époque que c’était le début d’un rebondissement extraordinaire, et que prendre le temps pour découvrir qui on est vraiment, quels sont nos besoins, nos aspirations profondes ça fait décupler son bonheur ensuite, et ce qui fait que chaque matin j’ai envie de me lever, j’adore mon job, je suis fière de

la personne que je suis devenue aujourd’hui.

Avec le recul sur ton parcours, ainsi que ton expérience de praticienne, quels conseils ou exercices pratiques peux-tu donner aux enseignants stressés susceptibles d’être concernés par le burn out ?

Je vais donner deux conseils, et vous faire tester un exercice de Sophrologie.

Conseils :
- Chercher l’équilibre. Souvent les personnes qui souffrent de burn out sont des gens qui en font beaucoup trop, et qui s’oublient dans leur travail. Souvent ce sont à la base des gens qui aiment ce qui font. Donc si vous voulez arriver à garder votre travail et ne pas en être dégouté comme j’ai pu l’être, vous devez tout simplement vous reconnecter avec vous-même. Faire attention en permanence à votre état interne. Vous devenez ainsi attentif à votre baromètre interne et vous pouvez relâcher la pression avec des exercices de gestion du stress, avec du repos, avec des activités pour garder votre équilibre. a se travaille mais c’est possible.

Faites vous confiance : Si vous vous faites confiance, vous n’aurez pas besoin d’en faire autant pour sentir au fond de vous que vous avez fait du bon travail. Vous pourrez en faire moins, et être tout autant satisfait et ainsi vous vous préserver et vous éviter l’épuisement. Se faire confiance ça s’apprend. Ca ne se fait pas en une seule fois, et ça s’entretient. C’est ce qui m’a donné envie de faire un programme en ligne sur la confiance en soi, qui retrace tous les meilleurs outils que j’ai utilisés tout au long de ces années et qui font qu’aujourd’hui j’ai un équilibre dans ma vie et dans mon travail, que je suis plus productive, et que j’arrive à lever le pied. 9 étapes pour booster sa confiance en soi.

 

En quoi la Sophrologie peut-elle aider les enseignants en piste de reconversion ?

Pour retrouver son équilibre. Se reconnecter fondamentalement avec soi, afin de percevoir ses besoins physiologiques. Libérer le mental des pensées parasites, gérer son stress, améliorer son sommeil, mais surtout reprendre confiance en soi pour ne pas avoir besoin de travailler autant pour être heureux. du coup on en fait plus en moins de temps, et on en libère pour prendre soin de soi.

Je vous invite à pratiquer la Sophrologie dans mon programme 9 étapes pour booster sa confiance en soi, et un plus complet sur comment retrouver son équilibre qui est un accompagnement de 6 mois avec une vidéo par semaine à pratiquer. C’est pas énorme en temps d’investissement et ça peut vous changer votre vie.

Pour conclure, je vous souhaite à tous de trouver votre équilibre interne et aussi de vous trouver à la place que vous avez vous même construite.

 

Merci à Jessie Casteill pour cet échange! 

Voie de reconversion: Christelle, de l’audit financier à prof puis autrice jeunesse & culinaire

Aujourd’hui, je souhaite partager avec vous le parcours de Christelle Huet-Gomez.

NDLR : Interview de 2015

Elle a exercé différents métiers et a réussi sa reconversion d’enseignante pour devenir auteure jeunesse et culinaire : elle tient un blog de pâtisserie (qui personnellement me fait saliver à chaque fois que j’y fais un tour), écrit des livres de cuisine ainsi que de la littérature jeunesse qu’elle illustre également. Un créneau qui, je le sais, intéresse bon nombre d’enseignants en recherche de reconversion. Son témoignage montre que c’est encore possible, dans ce contexte de crise, de réussir dans la voie de l’écriture. Du talent, du travail, voilà sans doute les clés de son succès. NDLR: interview réalisée en 2015

Pouvez-vous nous présenter votre métier actuel  et ce qui vous a menée là ?

Aujourd’hui, j’écris des livres pour enfants et des livres de cuisine. A ce jour, j’ai publié une soixantaine de livres pour enfants et 5 livres de pâtisserie. J’ai écrit une première histoire pour ma fille aînée il y a maintenant 7 ans. J’ai tellement aimé écrire cette histoire que je l’ai tout de suite envoyée à de nombreux éditeurs. J’ai ensuite continué d’écrire sans cesse jusqu’à obtenir enfin un “oui”. Cela a pris un an environ. Ensuite, tout s’est enchaîné. Concernant la cuisine, j’ai ouvert un blog de pâtisserie en avril 2013 et j’ai monté un projet de livre en septembre de la même année. Pour moi, c’était une suite logique. Le projet a été accepté et je travaille depuis de façon régulière avec le même éditeur.

Qu’est-ce qui a fait que vous avez voulu vous reconvertir et comment avez-vous choisi l’enseignement puis l’écriture ?

Avant d’enseigner, je faisais de l’audit financier. J’ai eu envie d’enseigner car j’avais besoin de me sentir utile. J’ai donc passé mon CAPES d’histoire-géographie (j’étais inscrite en fac d’histoire par correspondance depuis 3 ans). Je suis restée professeur pendant 5 ans, toujours dans des collèges et toujours en ZEP (c’était un choix, j’aimais travailler en ZEP). Je n’ai pas vraiment “voulu” me reconvertir car j’aimais beaucoup mon métier d’enseignante. Mais l’appel de l’écriture a été plus fort encore.

Pourquoi et comment avez-vous quitté votre poste d’enseignante ?

J’ai eu envie de tenter l’aventure de l’écriture à plein temps. Je me suis donné un an pour ça. J’avais alors pris une disponibilité. Si cela n’avait pas fonctionné, je serais retournée à l’éducation.

Est-ce que vous avez suivi une formation, reçu des aides de la hiérarchie (au niveau financier ou autre) ? Comment avez-vous financé vos projets?

Je n’ai rien reçu, mais je n’ai rien demandé non plus ! J’aurais peut-être dû, je n’ai jamais pensé que des aides pouvaient exister (surtout pour devenir auteur)… Quand j’ai pris cette année de disponibilité, j’étais encore mariée, c’est donc mon mari qui subvenait aux besoins de la famille. Ensuite, j’ai pu gagner ma vie grâce à l’écriture. Je n’ai pas suivi de formation.

Aujourd’hui, quel regard portez-vous sur la période où vous étiez enseignante ? Est-ce qu’il y a des aspects de ce métier qui vous manquent?

J’aimais énormément mon métier et certains aspects me manquent : les élèves, les collègues… Aujourd’hui, j’interviens parfois dans les classes pour présenter mon travail. Ça me rappelle mon ancien métier et j’y trouve toujours beaucoup de plaisir. Les élèves me manqueront toute ma vie je pense, je les aimais vraiment beaucoup. Par contre, les corrections de copies et les conseils de classe ne me manquent pas du tout !

Qu’est-ce que vous préférez dans votre travail actuel ?

La liberté ! J’ai une totale liberté d’organisation, je travaille en grande partie à la maison et j’adore ça. J’ai des horaires souples qui me permettent de m’occuper de mes 3 enfants. Mes deux métiers correspondent à mes deux passions, j’ai beaucoup de chance.

Quels conseils pourriez-vous donner à quelqu’un qui n’ose pas franchir le pas pour se reconvertir en dehors de l’enseignement ? Et pour un enseignant qui souhaite devenir auteur en littérature jeunesse ou dans le domaine culinaire?

Le meilleur conseil à donner, c’est de travailler sans relâche pour atteindre son but et de ne jamais se décourager. Je dis souvent que j’ai de la chance, mais en réalité j’ai énormément travaillé pour pouvoir vivre aujourd’hui de ce qui me passionne. En ce qui concerne l’écriture plus précisément, cela peut être décourageant car les places sont chères et il faut souvent accepter d’innombrables refus avant de commencer à publier. D’ailleurs, ce n’est jamais gagné car, même après des années, le taux de refus reste très élevé ! On ne sait jamais à l’avance si un texte sera publié ou pas.

Merci beaucoup à Christelle d’avoir pris le temps de répondre à ces questions, on lui souhaite plein de succès pour ses prochaines publications.

Voie de reconversion: Jean-Baptiste, de prof à éditeur de partitions

Quand on a une passion, on ne la quitte pas comme ça ! Après l’avoir transmise pendant douze ans dans des établissements du secondaire, Jean-Baptiste Voinet s’est investi dans un travail minutieux et précieux : l’édition de partition. Un tournant bien préparé pour une démission il y a deux ans. Retour sur un parcours cohérent et réussi.

J’ai « rencontré » Jean-Baptiste sur la toile via ses interventions sur un forum dédié aux enseignants du primaire, puis j’ai découvert son site et son travail.  NDLR: interview datant de septembre 2014

Qui est-il ?

Enseigner la musique, ce n’est pas seulement préparer ses cours et les faire évoluer. La musique demande une pratique personnelle régulière, quel que soit le domaine de prédilection du professeur : voix, instrument, les deux sont souvent requis pour faire classe efficacement. C’est avec enthousiasme et professionnalisme que Jean-Baptiste s’est investi pour l’Education Nationale durant ses années d’enseignement. Agrégé de musique, il se tourne rapidement vers l’informatique musicale afin de développer les ressources nécessaires à ses cours : des partitions des morceaux abordés en classe. Très vite, il crée un premier site de partitions.

Son parcours de reconversion : un tournant bien préparé

C’est entre autres suite à des problèmes de cordes vocales queJean-Baptiste, contraint de délaisser la voix chantée lors de ses cours, a décidé de se consacrer pleinement à ce qui le bottait depuis toujours : l’écriture et l’arrangement de partitions. Ce travail minutieux, chronophage, a pris une part de plus en plus importante dans sa vie. C’est alors qu’il a décidé de travailler à mi-temps et de développer son activité liée aux partitions. Il a choisir le statut d’auto-entrepreneur et monté plusieurs sites de création de partitions. Finalement, en 2012, il a démissionné pour pouvoir poursuivre son projet dans les meilleures conditions grâce à l’Indemnité de Départ Volontaire (IDV). Son auto-entreprise est alors passée au statut d’entreprise puis de société.

Aujourd’hui : un webmaster, plusieurs passions

Son site est très fourni en terme de contenu : on y a accès à un nombre conséquent de partitions libres de droit ou inédites, remises en forme, adaptées selon les besoins. De l’accompagnement piano à la mise en voix polyphonique, tout y est ou presque ! Et si vous ne trouvez pas votre bonheur, Jean-Baptiste vous propose de vous le mettre en ligne. Réactif et rigoureux, il produit pas moins de    partitions par semaine, toujours dans le respect des règles de diffusion des œuvres musicales.

Mais le site ne se contente pas d’être un bon fournisseur de partitions : il permet aussi de contribuer à sa façon, soit en partageant des partitions, soit en commentant des articles ou en participant au forum. Ce dernier est dédié aux questions sur l’enseignement musical et la musique en général. On y trouve également un blog dans lequel Jean-Baptiste nous fait part de ses découvertes et réflexions sur la musique. Il dispense également des cours de solfège en ligne. Personnellement, en tant qu’enseignante passionnée de musique, j’y ai trouvé des pistes intéressantes pour mener un travail en classe, des références commentées de logiciels musicaux, de nouveaux angles pour envisager l’enseignement musical. Je pense que la force de son site est donc de combiner une offre importante (qui peut être élargie si l’on devient membre) et une plate-forme d’échanges très active.

Une reconversion réussie

Son emploi du temps est bien plus chargé qu’il n’y paraît insérer. Jean-Baptiste appartient à la catégorie des travailleurs à domicile, ceux qui se la coulent douce aux yeux de l’extérieur, mais qui sont en réalité bien souvent des travailleurs acharnés. Si aujourd’hui on peut constater qu’il a totalement réussi sa reconversion, il convient de reconnaître qu’il n’a pas ménagé ses efforts. Cette réussite est le fruit d’un travail de longue haleine, un travail de fourmi.

La délicate articulation du “je-nous”

Autour de l’emploi des pronoms personnels « je » et « nous » dans les discours individuels et/ou collectifs.

Je ressens souvent le nous comme une forme de violence envers ma singularité. « On » m’inclut d’office dans un nous basé le plus souvent sur un dénominateur commun qui pour moi n’a pas vocation à faire de moi une membre d’un ensemble déjà constitué.

Pour autant, toute individualiste que je suis, je ressens en tant qu’être social ce besoin de reliance, à des conditions qui me conviennent et ne m’assimilent pas sans me demander mon avis.

Ma pensée en tout ou rien me fait préférer un nous universel sans distinction d’aucune sorte, tandis que ma peur du repli communautaire et de la domination d’un entre-soi me fait toujours hésiter à mettre un pied au-delà du seuil de groupes déjà constitués.

Parler au nom des autres est délicat: qui suis-je pour dire nous? 

Parler en son nom propre l’est tout autant: qui suis-je pour me dissocier du nous et prendre position sans me préoccuper des autres?

Enjeux du quotidien définissant les rouages de la vie en société, les usages du « je-nous » m’apparaissent comme cruciaux alors que naissent à chaque instant de nouveaux cercles tentant de recréer du lien dit social, dans le monde virtuel ou réel.

Quelques évidences et portes ouvertes que je souhaitais cependant remettre en perspective ici.

Les règles du je

Le je se conçoit comme une quête d’identité: ainsi le « jeu du je » peut prendre la forme d’une partie à durée indéterminée. 

La singularité se construit-elle ou s’acquiert-elle?

La réponse à cette question varie évidemment selon la société dans laquelle un individu évolue: doit-on faire sa place ou est-on déjà inscrit dans un collectif qui inclut les individualités comme somme d’un tout?

Je pense ici aux cultures asiatiques où la cohésion prônée tend à fondre chacun dès la prime enfance dans un ensemble fortement structuré.

Tout système, familial, éducatif, culturel, peut également jouer ce même rôle d’assimilation, reconnaissant à l’individu la compétence de renforcer le « nous « , et par là-même la prise en compte de l’importance de son existence pour le maintien de la structure en place. Ainsi, trouver sa place en tant que « je » peut être facilité dans ce type d’échange équitable en apparence. 

Construire son identité, la trouver: un cheminement qui répond au besoin vital d’être accueilli, accepté, compris, en tant que « soi », indépendamment des autres.

Le je conçu trivialement comme ego est quant à lui chargé de connotations négatives dans nos sociétés imprégnées par la judéo-chrétienté. 

Egoïsme, égocentrisme sont souvent associés à la quête de soi et à l’introspection. 

Dès lors, s’affirmer devient un jeu d’équilibriste où il faut veiller à n’en faire ni trop, ni pas assez. En tant qu’introvertie, mon « je » prend souvent le pas sur la conscience des « autres ». Au nom de mes besoins strictement personnels, je module mon inscription dans le nous pour me sentir exister sans être étouffée. D’autres « je » éprouvent le besoin contraire. En clair, personne ne suit la même règle du jeu…

Savoir qui je suis et prendre place, jusqu’où? 

Cette liberté individuelle dont les contours sont dans le meilleur des cas modulables et respectueuses d’autrui, au nom de quoi puis-je l’exercer? 

J’y vois un préalable indispensable pour construire avec les autres une relation digne de ce nom. 

Les liens qui se nous

On le voit, c’est du bon sens: l’identité se construit forcément en rapport à des modèles préexistants (famille, société, groupes constitués…). 

La partie de « je » se joue donc dans une tension inévitable entre identification vs émancipation, opposition vs alliance. Ce double mouvement est une confrontation à l’altérité indispensable pour affirmer sa singularité.

Le je sans le nous conduit à l’invisibilisation, voire l’isolement et l’exclusion. A l’autre extrémité, le je phagocyté par le nous est susceptible d’alimenter tout système basé sur le pouvoir et la domination.

Le lien qui se noue entre nos individualités dépend étroitement du mode de constitution du « nous” : comment un individu a-t-il accès un groupe déjà constitué? Y est-il admis d’office? Faut-il un signe particulier pour y avoir sa place? Comment évolue la place de chacun au sein d’un collectif? 

L’endroit du lien entre je et nous, cette articulation si particulière, est pour moi à l’image de toute relation: elle est bien plus que la somme des individualités. Elle est une autre entité, tenant compte de chacun, pour construire un autre mode de pensée créatif par nature. 

L’ostracisation survient quand le nous prend peur de la singularité. Cette singularité soudain plurielle, menaçante car différente. 

Ma singularité est évaluée par les normes sociétales en vigueur: si je suis apte à rentrer dans le système, alors je suis acceptée pour y contribuer.

Si au contraire ma singularité contrarie les normes au point de déséquilibrer la dynamique du groupe, je serai mis à la marge.

Les périphéries du nous, ce sont ces singularités prêtes à s’échapper du système car trop loin de son centre. 

Le nous tissé serré, si serré qu’il étrangle ses membre, préserve le système en niant l’individu.

A l’inverse, un ensemble sans aucune entrave, qui laisserait chacun libre d’adhérer ou non au collectif, empêcherait l’élaboration d’une vision commune et la construction d’une société cohérente et faisant preuve de cohésion.

C’est là la délicate articulation du je-nous : pour se tenir droit, le genou se doit d’être relativement stable. Pour faire un pas en avant, le genou doit faire preuve de souplesse. Accepter un mouvement de va-et-vient, accepter une géométrie variable de la dimension collective. Ni figée, ni dispersée. Encore faut-il que la colonne vertébrale, ce qui nous tient debout, soit bien-portante. Colonne berceau de notre vulnérabilité, qui fait notre humanité et nous permet donc de faire communauté.

Inclusion vs fusion

L’inclusion (étymologiquement: fermer dedans), un terme qui présuppose toujours que ce sont les éléments extérieurs, en marge, périphériques, qui doivent s’inclure (notion d’effort) ou être inclus (notion de passivité) dans un ensemble déjà formé. L’inclusion telle qu’on l’envisage aujourd’hui est à sens unique: c’est l’intégration de ceux qui sont minoritaires dans une communauté dont la norme prédomine et en clair, cela concerne toutes les personnes en marge du système économique, politique, sociétal. L’inclusion pourrait pourtant au sens strict se faire dans les deux sens, puisqu’elle nécessite juste un groupe constitué et un individu isolé. Pour cela, il faut que chacun sorte de temps en temps de son cercle habituel pour fréquenter celui des autres…

L’inclusion c’est aussi l’emploi du nous abusif: on considère trop souvent qu’à condition de faire partie d’un cercle, on y est assimilé sans prise en compte de notre différence au sein même d’un ensemble. L’assimilation violente, c’est ce que je ressens en étant apostrophée via un appel à ma condition physique, sociale, mentale, sexuelle, religieuse: le discours est alors basé sur ce que je suis censé penser, faire, décider à cause ou en fonction de cette appartenance. 

Or ma singularité ne se résume pas à cette inclusion. C’est là qu’on se dirige vers une fusion : cette violence du nous qui dissout instaure aussi des liens de dépendance. On veut que chaque membre du nous conserve une loyauté de pensée et d’acte envers sa communauté, parfois au prix d’une dissonance cognitive forte. Vais-je adhérer à tout ce qui se joue dans le nous? Vais-je réfuter? Fuir? Ou faire évoluer le cercle en me permettant d’y revendiquer ma singularité, pour une meilleure inclusion?

Plutôt qu’une inclusion, je préfère l’image du sertissage d’un bijou auquel on rajoute des pierres, chacune bien visible et brillant de plus belle dans le tout formé par l’alliage.

Je ne serai jamais nous à moi tout seul, nous ne reflètera jamais complètement chaque je. Les frontières invisibles de l’une et l’autre partie sont aussi le lieu de construction d’une communauté. Pour cela, aller et venir en dehors d’une communauté me paraît la garantie d’éviter le repli et l’entre-soi sclérosant. 

Une autre possibilité de rester dans une approche vivante du lien « je-nous »: se rappeler de l’Histoire, celle des individus, celle de la constitution des groupes et systèmes. Cette forme de reconnaissance favorise également la conscience d’une non-séparation des individualités, chacun s’insérant en conservant ce qui lui est propre, au service d’un « nous » plus large.

Chacun vient nourrir le cercle et se laisse nourrir par lui dans un rapport d’interdépendance sans domination. Un cercle qui s’élargit à l’horizontale et ne se ferme jamais. 

Fragile : et alors?

je suis fragile

Quelqu’un m’a un jour demandé: “on m’a dit que j’étais fragile. Qu’est-ce que je dois comprendre de ça, où sont mes forces?”

Je n’ai pas de réponse toute faite évidemment. 

Je voudrais juste rapporter ce que je lui ai dit, parce que la fragilité émotionnelle c’est un concept que j’ai un peu fréquenté moi aussi…

Chacun ne parle que de soi à travers ses questionnements, ses réponses.

ça me semble important de garder ça en tête pour ne pas attribuer à l’autre de fausses intentions.

Donc ici, j’ai envie de dire: on vous a dit que vous étiez fragile. Et alors?

Qu’est-ce que vous entendez là-dedans?

Qu’est-ce que ça signifie pour vous?

En quoi est-ce que ça vous semble péjoratif? (parce que c’était le cas pour cette personne)

Ces premières questions permettent de penser pour soi et par soi plutôt que rester sur l’impression que l’autre a voulu nous blesser.

Chacun se fera ses propres réponses.

 

L’idée de la fragilité

Souvent à ce moment-là ressortent ce que depuis tout petit nos parents ont dit de nous, nos enseignants, bref toutes les personnes censées savoir “ce qui est bien pour nous”, en savoir davantage sur nous que nous-mêmes. Tous ces gens supposés nous aider à avancer et qui donc émettent des avis sur nos qualités, nos défauts. Tous les gens importants pour nous, dont le regard et le jugement nous semble important, parfois malgré nous.

La façon dont nous recevons leur parole, même quand elle se veut bienveillante, impacte évidemment la vision qu’on a de nous-même.

Alors on pourrait aussi se demander: quand est-ce que je me sens fragile? Est-ce que de moi-même je me qualifie ainsi, ou est-ce que ce sont des éléments extérieurs qui déclenchent cela?

Et a contrario: quand est-ce que je me sens fort, et pourquoi?

Pourquoi faudrait-il transformer cette fragilité en force?

Voici ce que j’ai pu entendre ou penser moi-même à propos du fait d’être fragile:

tu es d’humeur changeante,

tu es sensible aux remarques qu’on te fait

tu décides en fonction des autres

tu mets du temps à te remettre du moindre événement

tu crois un peu tout et n’importe qui ou quoi

tu es facilement déprimé pour des broutilles

Bref, tout ce qui ressort de l’hypersensibilité.

 

Fragile n’est pas synonyme de faible

 

Est-ce qu’on ne peut pas faire avec cette fragilité sans pour autant se sentir faible?

J’aime l’idée que la fragilité est aussi le moyen de découvrir ses appuis.

Etre déstabilisé par la vie ou par les autres c’est toujours désagréable, pourtant c’est l’occasion de faire l’expérience de sa foi.

Foi en soi, en la vie, chacun nommera cela à sa façon.

Cette foi permet de réparer la vision abîmée qu’on peut avoir de soi et aussi de surmonter les épreuves petites ou grandes.

Alors non, fragile n’est pas faible à mes yeux. C’est dans l’adversité qu’on éprouve sa force.

Tomber sept fois et se relever huit, la devise de Bodhidharma, c’est bien cela: admettre sa fragilité apparente et pourtant continuer son chemin.

Repenser à une épreuve traversée: se rappeler que si nous sommes encore debout, c’est que nous avons de la force en nous.

Relativiser : les autres peuvent nous trouver fragiles mais n’ont-ils pas eux-mêmes peur de leur propre fragilité?

Relativiser encore: dans une circonstances donnée, untel apparaîtra fragile aux yeux de X, fort ou courageux aux yeux de Y. Tandis que Y sera vu comme faible par X etc. Tout est question de regard sur l’expérience vécue.

En cela le recours aux pratiques de création et de méditation nous aident: le retour au moment présent, le détachement de ses pensées, sont de précieux réflexes pour éviter de se figer dans une étiquette.

 

Quelle place pour la fragilité émotionnelle?

 

Dans une société hyper normée qui prône une résilience permanente et un bonheur à décrocher pour réussir sa vie, se sentir fragile est une bénédiction.

Pour moi c’est savoir qu’on reste dans la vie, qu’on peut être bousculé mais aussi capable d’humanité.

Au fond, je suis surtout persuadée que celui qui perçoit votre fragilité en a peur.

Parce que cela le renvoie à la sienne, et qu’il redoute de ne pas pouvoir se relever.

Certaines personnes rêvent de se blinder une fois pour toutes pour s’éviter de vivre toujours dans la souffrance émotionnelle.

On peut pourtant ressentir une douleur sans qu’elle se transforme en souffrance.

On peut aussi rester relié à ses émotions, en éprouver de grandes, variées, sans que cela devienne des montagnes russes ingérables.

Ce qu’on qualifie de fragilité s’apparente plutôt à mes yeux à de la vulnérabilité.

Ce mot est très galvaudé et marchandisé de nos jours.

Vulnérabilité

Etymologie: du latin vulnerare, blesser, endommager, entamer, porter atteinte à, faire mal à, froisser, offenser.

Invulnérable celui qui a dépassé toutes ses peurs une fois pour toutes, celui qui est parfaitement intègre physiquement.

Etre en vie suppose de faire l’expérience de la blessure tout autant que de la cicatrisation. En cela les autres peuvent aussi nous reconnaître, nous aider.

Etre vulnérable c’est pouvoir être atteint, c’est aussi rester humain.

 

J’aime mes fragilités car je sais qu’elles sont source de créativité.

Je trouve qu’il est important d’être fier de ses prétendus points faibles: ce sont des ancrages forts, et pas uniquement des trous sur lesquels les autres vont appuyer pour nous faire mal.

Je sais que les évoquer avec pudeur permet aussi aux autres de se sentir autorisés à être vulnérables.

En assumant nos fragilités, sans étendard ni honte, nous permettons aussi à l’autre de nous faire confiance.

Car qui dévoile ses fragilités révèle son humanité et crée un sentiment de proximité avec celui qui le découvre.

 

Aimer l’intégrale de sa vie

Quand nous saurons regarder nos errances, 

nos envolées, nos plateaux, nos pieds dans la boue

Sans envisager de plan B pour repartir d’un nouveau point A

Alors peut-être sous la surface ainsi constituée

la matière accumulée tout le long du chemin

deviendra un fil soutenant plutôt que des parcelles fragmentées, 

peut-être aimerons-nous l’intégrale de notre vie.

 

Tout embrasser sans avoir honte de qui nous avons été, de ce que nous avons traversé, enduré.

 

J’aime la poésie des mathématiques parce qu’elle permet de rationaliser les événements sans laisser le mental jouer avec les émotions, sans refaire l’histoire en y voyant des signes pour se rassurer ou se complaire dans une position de victime.

 

C’est ce qui m’arrive parfois, alors je prends mon crayon et je calligraphie une intégrale de maths pour calmer ces questions récurrentes:

 

Pourquoi devrait-on avoir honte d’un moment plutôt que d’un autre, pourquoi vouloir cacher certaines périodes et en glorifier d’autres?

 

Comment cesser de vouloir toujours comprendre alors qu’il y a surtout à vivre et se laisser être pour exister?

 

La notion d’intégrale nous aide à comprendre celle du chemin parcouru, à ne pas tout remettre en question à la moindre anicroche, à ne pas cultiver une vision limitante de nous-même. (et oui, cela concerne entre autres les hypersensibles parmi vous). 

Petit topo accessible même aux allergiques aux maths (vous allez voir comme c’est parlant): l’intégrale correspond à une valeur de surface. La surface accumulée sous une courbe pour aller d’un point a à un point b (allez sur l’article du blog si vous avez besoin de visualiser pour comprendre). Comment on calcule l’intégrale? En revenant à la primitive, la source qui a donné cette surface au fil du temps en quelque sorte…et on l’obtient en faisant la différence de la primitive au moment b avec la primitive au moment a.

aimer sa vie   

 

Bref, tout ça pour dire quoi?

 

Ce qui compte, c’est bien le chemin…

 

pas tant d’où l’on vient ni où l’on en est aujourd’hui. Rien de nouveau sous le soleil, mais visualiser l’ensemble de sa vie comme de la matière accumulée précieusement au fil des expériences, quelles qu’elles soient, c’est parvenir enfin à considérer qu’on est un tout qui n’a pas à choisir entre les bons ou les mauvais côtés de sa vie. 

 

Toute ma vie est une surface de tissu qui se déploie pour continuer à m’amener jusqu’au prochain point: rien n’est à jeter dans le passé, même le pire… car si je supprime un point de la surface, elle se déchire et je devient fragmenté.

On parle bien là d’intégration: faire de nos histoires un moyen de se vivre mieux. Aparté pour ceux à qui on a bien fait comprendre subtilement ou frontalement qu’il valait mieux se taire: les temps changent et chaque histoire mérite d’être racontée avec le courage du coeur, personne ne peut savoir à ta place ce que tu portes en toi ni ce que tu rêves.

 

Chacun connaît le vice de la comparaison qui nous sort de nous-même pour aller regarder la courbe de vie des autres et ne plus savoir quoi penser de notre vie. Ou bien espérer atteindre un jour tel ou tel état ou but, sans se mettre vraiment en mouvement.

 

Rien ne sert de comparer en vain: même point d’arrivée mais chemin tellement différent, mêmes expériences intégrées mais origines dissemblables… (même allure de courbe mais surfaces sous-jacentes différentes, même point de départ a mais courbe s différentes jusqu’au point b etc) 

 

Sachons d’où nous venons pour plus d’indulgence sur le chemin que nous avons déjà parcouru. Qu’on ait la sensation d’être empêché, de stagner, qu’on soit dans un tourbillon galvanisant: on est en vie tant qu’on est en mouvement.

Sachons aussi reconnaître que nos difficultés à discerner existent aussi chez les autres, personnellement c’est ce qui m’aide à dédramatiser et éviter de nombriliser…

Rien n’est grave tant qu’on ne se prend pas trop au sérieux, non?

 

Aimer l’intégrale de sa vie: aimer et goûter la différence d’expérience entre mon origine primitive et ma renaissance d’aujourd’hui, de chaque instant.

 

Voilà , cette lettre juste pour te dire que tout événement prend le sens qu’on veut lui accorder et que ta vie mérite que tu la considères comme aussi belle et valable que tout autre. Tous pareils tous différents en somme. 

 

Sur ce, je retourne à mes sons, mon arc, mes carnets… et les maths!

marion dorval

 

 

Des repères pour trouver sa voie

 C’est à la mode : il faut trouver sa voie, sa mission, sa vocation. La réalisation personnelle ne passe plus seulement par le fait d’avoir un travail satisfaisant, mais un métier qui valorise le bonheur, l’altruisme, la bienveillance… et j’en passe. De quoi faire passer ceux qui se contentent de travailler pour gagner leur vie.

 

Redonner au travail sa place

 

Cette quasi-injonction à avoir un métier qui a du sens, qu’est-ce qu’elle dit de nous ?

Nous cherchons à trouver dans le travail une voie d’accomplissement presque total. Nous culpabilisons ou nous faisons culpabiliser les autres si notre travail ne nous permet pas d’incarner toutes les valeurs auxquelles nous aspirons.

Redonnons sa place au travail, plutôt que vouloir lui demander de combler toutes nos aspirations.

Pour ceux d’entre nous qui sont hypersensibles, idéalistes, perfectionnistes, il s’agit de faire le deuil du travail idéal. Non pas pour renoncer à s’épanouir professionnellement, mais plutôt pour se libérer de la pression pour « trouver sa voie ». Le métier que nous exerçons a le sens que nous lui donnons.

Ne nous laissons pas influencer par l’image que la société veut nous imposer de tel ou tel travail. Nous sommes libres de décider ce que représente le travail pour nous.

Et surtout, rappelons-nous que nous ne sommes pas notre travail : s’identifier à son métier, c’est tantôt se sentir inférieur, tantôt se croire obligé d’aller toujours plus loin, au risque de se dévaloriser… ou bien de faire un burn-out.

 

Trouver sa voie, qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

Souvent, cela veut dire :

  • se sentir à sa place dans son travail
  • se sentir reconnu, estimé, valorisé au niveau professionnel
  • s’épanouir et s’accomplir, aimer ce que l’on fait

Tout ça reflète des besoins :

  • plaisir
  • reconnaissance
  • évolution

Ces besoins peuvent se trouver ailleurs que dans le travail : dans la sphère privée, associative, de loisirs… il est possible de venir combler une part de ces besoins. Cela évite de s’en demander trop lorsqu’on est au travail. Cela évite de demander au travail de satisfaire tous ces besoins.

Comme vous le voyez, il s’agit davantage de trouver un équilibre entre les différents domaines de sa vie.

  • Qu’est-ce qui vous donne déjà le sentiment d’être satisfait ?
  • Dans quoi trouvez-vous du plaisir ?
  • Qu’est-ce qui vous rend fier ?
  • Où vous sentez-vous à votre place, en présence de quelles personnes ?

Prendre le temps de se poser ces questions, c’est indispensable pour éviter de courir en vain après le métier parfait.

En veillant à garder vivantes les expériences où nous nous sentons « bien », nous pouvons trouver notre voie véritable, c’est à dire notre chemin de vie. Unique et donc incomparable à celui des autres. Ayons confiance dans nos possibilités de créer notre propre voie.

 

Hypersensible, introverti : quel métier est fait pour moi ?

 

Si vous êtes de nature hypersensible ou perfectionniste, il y a fort à parier que vous ayez envie d’avoir un travail qui vous stimule mais vous préserve aussi des hauts et des bas. Pour ça, il n’y a pas de métier idéal, autant le dire tout de suite.

Par contre il y a :

  • la réalité d’un travail avec son degré de responsabilité, ses horaires, sa dimension relationnelle, ses contraintes de trajet, ses possibilités d’évolution… autant de critères objectifs qui peuvent vous aider à décider si cela respecte votre fonctionnement, si vous pouvez vous adapter dans les limites qui sont les vôtres. Là encore, pensez à ce dont vous avez besoin et ne tentez pas de cocher toutes les cases : les contraintes existent toujours.
  • Et il y a la perception que vous avez de ce travail… donc la façon dont vous allez entrevoir les contraintes… mais aussi les opportunités d’évolution qui pourraient vous faire peur. La manière dont nous nous projetons est de notre responsabilité. Nous avons moyen de contrôler cela. En arrêtant de se croire limité parce qu’on nous a fait croire que ceci ou cela n’était pas fait pour nous, en cessant d’éviter toute prise de risque par peur d’échouer, nous pouvons déployer notre potentiel.

 

Pour y parvenir, c’est très simple : il est nécessaire

  • de croire en soi pour oser aller vers ce qui nous attire
  • d’avoir les idées claires pour être plus créatif dans sa propre vie

Cela revient à cultiver au quotidien une attitude bienveillante envers soi. Pas bisounours ou compatissante. Plutôt un comportement qui nous ferait agir comme si nous étions notre meilleur ami, en nourrissant notre besoin de nous faire plaisir, d’être dans la joie, l’ouverture.

 

Le présent est ce que nous en faisons. Trouver sa voie n’est pas un chemin de croix, c’est poser un pas après l’autre en se respectant profondément et en donnant une chance à ses rêves de se réaliser.

Quand nous vivons dans une confiance humble et que nous cultivons notre ouverture d’esprit, alors nous sommes plus réceptifs à ce que la vie nous propose come choix.

Nous pouvons décider en suivant davantage notre petite voix et installer en nous ce sentiment puissant d’aller vers ce qui a du sens pour nous.

Vouloir faire toujours mieux

Cher toi,

tu sens souvent que ta valeur est mise en jeu.
Tu aimes peut-être l’idée de challenge.
Et tu t’en donnes même, des challenges, dans les situations banales, qui n’ont a priori aucun enjeu.

Tu crois qu’il va falloir que tu sois à la hauteur.

Penser ainsi, te mettre à l’épreuve, c’est un bon moyen de te prouver ta valeur à toi-même. Tu en as besoin pour mettre un peu d’adrénaline dans ta vie, te sentir capable, te dépasser.

J’ai été comme toi, je sais comme le goût de la performance est agréable ! On a littéralement besoin de ce shoot pour se sentir en pleine possession de ses moyens.

 

Pourtant, cela peut aussi nous paralyser.

La peur de ne pas être à la hauteur. De faire moins bien que ce qu’on aurait imaginé. Perfectionnisme ?

La peur au point de finalement tout laisser tomber, plutôt que de réussir à moitié.

Autosabotage ? En ce qui me concerne, je parle plutôt d’orgueil mal placé. Il est tellement plus difficile de reconnaître qu’on n’atteindra pas la perfection visée, que de ne pas agir sous prétexte que ce n’est pas le bon moment, qu’on n’est pas encore prêt etc.

Pourtant, cela peut aussi nous illusionner.

 

 

Réussir est plaisant sur le moment.

Oui, il y a un vrai plaisir à s’accomplir dans une performance.

Mais après ?

Après, c’est fini. C’est la redescente : plus rien à prouver… est-ce qu’on vaut encore quelque chose finalement ? Qu’est-ce qu’il faudra la prochaine fois pour récolter la preuve de notre valeur ? Est-ce que finalement c’était suffisamment bien ? Et nous voilà déjà projetés dans un futur où nous devrons encore réaliser d’autres exploits pour « progresser », « évoluer ».

 

A qui cherchons-nous à prouver quelque chose en recherchant la performance ? A nous, surtout… qui pensons devoir nous dépasser pour être valables, dignes d’être aimés, reconnus, acceptés. Comme si cela dépendait de quelque chose extérieur à nous.

 

Et s’il était possible de garder le goût du challenge, tout en nourrissant le besoin d’être cool envers soi ?

Ce besoin qu’on appelle aussi la bienveillance, il nous permettrait de pouvoir vivre l’expérience.

Plutôt que la performance, pense « expérience ».

Vois la différence : tu peux faire des hypothèses mais tu n’as pas de garantie de résultat. La peur de l’inconnu est là mais tu ne mets pas en jeu ta valeur : tu essaies.

Tu peux rater, comme c’est une expérience. Cela ne remet pas en cause tes capacités.

Tu peux aussi être surpris, y compris dans le bon sens.

 

Pense expérience.

Tu pourras profiter plus pleinement de l’instant présent au lieu de penser constamment à être parfait.

Tu pourras te sentir davantage relié aux autres plutôt que rester centré sur ta performance. Partager ce moment et donc transformer un petit plaisir personnel en partage bienfaisant, en te sentant reconnu pour ce que tu es et non uniquement ce que tu fais.

Tu pourras nourrir en toi de la joie, pas un plaisir fugace, en réalisant que tout est juste, quel que soit le résultat. Plus de ruminations et d’autoflagellations. Plutôt un sentiment qui se renforce au fil des expériences: celui que tu peux prendre des risques, déployer ton potentiel en te sentant plus en confiance.

Tu pourras te détacher du résultat en gardant un regard plus ouvert sur les autres possibilités, si jamais tu veux retenter l’expérience. Finie la culpabilité et les pensées en tout ou rien du type « j’ai pas réussi, je suis nul donc je ne retenterai pas, ce n’est pas pour moi ».

 

C’est sûrement ça le lâcher prise : s’autoriser à expérimenter, sans attendre rien de spécial, en s’aimant sans que cela dépende de l’issue de nos essais.

Voilà cher toi, j’espère que ces quelques mots auront résonné quelque part en toi.

Alors, ta prochaine expérience, c’est quoi ?

Créativement,

perfectionnisme

PS: pour vivre une expérience qui t’autorisera à être toi-même:

Ma voix est trop faible : 4 conseils pour se faire entendre

“On me demande souvent de répéter ce que je viens de dire.”

“J’ai l’impression qu’on ne m’écoute pas et qu’on ne m’entend pas”. 

Je vous offre ici 4 moyens de vous faire entendre si vote voix est trop faible.

Marion Dorval

Qui suis-je ?

Je suis Marion Dorval. J’aide les personnes hypersensibles et atypiques à oser exprimer leur voix et prendre leur place en respectant leur nature profonde. Après longtemps souffert d’un sentiment de décalage permanent avec les autres, je mets enfin en oeuvre ce qui me tient à coeur depuis toujours : partager qui je suis vraiment, sans porter de masque, sans me couler dans un moule, et m’exprimer en laissant de côté la peur et le perfectionnisme. 

                       Marion

L’impression de ne pas avancer

Ma vie est une succession de moments qui se ressemblent tous plus ou moins.

Au final, j’ai l’impression de ne pas avancer.

Rien ne change, je n’évolue pas.”

Je parie que vous vous êtes déjà fait cette réflexion, n’est-ce pas?

Nous avons très certainement tous vécu ces périodes de doute où la vision de notre vie nous semble stagnante.

Ce qui peut nous aider à voir les choses autrement c’est d’envisager le déroulement des événements sous un autre angle.

Avec un autre modèle que celui que nous employons constamment. Car conserver la même façon de penser induit inévitablement le même constat.

Je vous propose de changer votre perception et d’élargir le regard que vous portez sur vous-même grâce à l’aide des mathématiques.

Une suite est un ensemble de nombres qui obéissent à une règle pour que le passage se fasse de l’un à l’autre. Par exemple : 1, 3, 5, 7, 9 est une suite de nombres impairs. Pour passer de l’un à l’autre, je rajoute 2. Une autre suite:  200, 100, 50, 25 est une suite obtenue en divisant chaque “terme” précédent par 2.

 

Notre vie est une suite d’instants reliés les uns aux autres

La vie est une grande suite mathématique en elle-même : elle comprend une série d’instants qui nous font passer à travers les âges.

Le premier instant, le premier “terme” comme on dit en mathématiques, c’est le premier moment de notre vie.

A partir de cet instant, nous ne cessons de nous tranformer… physiquement, psychiquement, de façon extérieure ou intérieure.

Jusqu’au terme de notre vie: nous avons atteint notre limite: le dernier terme de la suite.

Là déjà, le concept de continuité peut s’inviter.

“Je n’ai pas l’impression d’être encore l’enfant que j’étais et qui a juste grandi”. “J’ai tellement changé suite à cet événement, je ne suis plus la même personne”.

Oui, la suite de notre vie peut être discontinue: les choses progressaient d’une certaine façon, et puis une situation est arrivée qui a coupé ce mode d’évolution. Peut-être qu’une seconde naissance a eu lieu, peut-être qu’on a voulu repartir sur de nouvelles bases.

Pour autant, cela ne veut pas dire que tout ce que nous avons vécu, expérimenté, mis en place, tenté auparavant n’a pas eu le mérite d’exister: sans cette série antérieure, nous ne serions pas là aujourd’hui… Nous pouvons aussi considérer que cette rupture peut être intégrée comme partie constituante de notre chemin.

Elle participe de qui nous sommes aujourd’hui, y compris dans les aspects positifs de notre personnalité que nous avons su conserver ou développer. C’est le regard que nous portons sur cette situation qui change la façon dont nous envisageons l’avenir.  Quelle importance lui donnons-nous au regard de tout ce que nous avons vécu par ailleurs? Quelle place lui accordons-nous dans la façon dont nous allons vivre tout ce qui est à venir?

 

Une vie monotone ou une vie en dents de scie?

Une suite monotone est une suite de nombres qui varient tous dans le même sens quand on parcourt la suite.

C’est un peu comme si à partir de la naissance, à chaque année ou à chaque instant, on était en croissance. Imaginez une plante qui se développe en permanence: la suite est croissante!

A l’inverse, si la plante depuis le premier instant se rabougrit de plus en plus, on a affaire à une suite décroissante.

Pourquoi parler de monotone? Parce qu’il n’y a pas de variations.

Est-il possible d’envisager une vie humaine où nous ne connaîtrions aucune période de stagnation, aucune période de régression, aucune période d’avancée…?

Cela paraît difficile. Nous sommes naturellement soumis aux événements extérieurs qui impactent plus ou moins notre vie émotionnelle, relationnelle, professionnelle…

Notre vie est comme une suite non monotone: certains nombres (ou années, ou instants) peuvent sembler se détacher de la suite pour former un palier régulier. Ce sont ces moments où l’on a l’impression de stagner, ou bien ceux qui nous font nous sentir confortables pendant un moment… jusqu’à ce qu’on ait l’impression de tourner en rond!

Ce qui nous empêche de passer à autre chose est que nous sommes parfois bornés: nous pensons que nous ne valons pas assez pour réussir autant que d’autres.

Nous nous entêtons à répéter les mêmes fonctionnements en pensant que nous ne sommes pas capables d’autre chose ou bien que si nous prenons le risque de changer, nous pourrions être mal jugés, moins aimés…

 

Se sentir limité dans sa vie

Les suites mathématiques peuvent avoir différents comportements par rapport à la notion de limites, dont les suivants.

– pas de limites: l’évolution est soit égale à zéro (stagnation totale), soit permanente. Dans le premier cas, absolument rien ne bouge. C’est l’impression que nous avons souvent, mais à l’échelle d’une vie, si courte soit-elle, nous savons que cette perception est faussée. Nous changeons sans nous en rendre compte. Dans l’autre cas, la suite des instants n’a finalement pas de tendance nette: c’est ce qui arriverait si nous étions constamment dispersés, sans aucun but, aucune direction… Cette impression de s’éparpiller, nous la connaissons de temps à autre. Pourtant, il existe souvent une tendance vers laquelle nous penchons : un idéal de vie, un objectif, qui nous fait nous sentir vivants. Et parfois tellement éloignés de ce qui nous tient à coeur, que nous croyons que nous n’y arriverons jamais. Le perfectionnisme refait surface et nous doutons.

– une limite connue, précise: la suite va s’arrêter sur un nombre donné. Cela peut arriver au bout d’un très long moment, quand on arrive au nième nombre de la suite chiffrée. J’aime penser que nous sommes nous aussi enclins à nous rapprocher d’une limite qui serait notre réalisation ultime.

Le nirvana, la mort? Une impasse? Ou bien un acccomplissement total arrivé à un certain âge? Au bout du compte, si l’on a tout réalisé, que reste-t-il à vivre?

Voilà l’intérêt de connaître ce qui nous anime profondément, véritablement: nous pouvons alors considérer que ces phases où l’on n’avance pas ne sont que des étapes vers une réalisation plus grande qui prend forcément plus de temps.

Dans une suite de nombre qui tend vers une limite connue, tout se prépare petit à petit: chaque nombre se rapproche de plus en plus du dernier nombre, ce nombre limite. Ainsi, on pourrait arriver à un moment d’une suite où les nombres suivants apparaissent: …1,271 – 1,272 – 1,273 -1,274 – 1,275 -1,276 -1,277 – 1,278.  Avant d’ariver au dernier, qui est donc la limite, il a fallu beaucoup de “termes” précédents! Et le rapprochement s’est fait très progressivement: si l’on se place à 1,274 et qu’on regarde ce qu’il y a juste avant, on peut facilement penser que ça n’avance pas, que rien ne bouge. Et pourtant si…

 

Connaître ses raisons d’avancer pour donner du sens aux différentes périodes

La suite continue d’avancer vers ce qui l’attire en quelque sorte. Comme nous lorsque nous mettons toute notre âme à agir de sorte à tendre vers notre idéal, notre raison de vivre.

Chaque suite obéit à une règle, une “raison” qui définit la façon dont on passe logiquement d’un nombre à l’autre.

Par exemple dans la suite 4, 12,36,108…. on multiplie le nombre précédent par 3 pour obtenir le suivant. La raison est 3.

Ce qu’il est intéressant de voir:

– cette raison est déterminée dès le départ. Est-ce que nous aussi, nous aurions un idéal, une raison d’être qui demanderait à être connu de nous pour que nous puissions avancer? Si nous le savons pas, est-ce que nos actes seraient quand même influencés par cet idéal que nous pouvons pressentir? A chacun de répondre à cette question.

Nous pouvons cependant, quand nous sommes un peu perdu, reconsidérer l’ensemble de notre vie et dégager les grandes tendances qui nous poussent vers l’avant. Qu’est-ce qui avait du sens pour nous? Qu’est-ce qui nous a fait évoluer positivement? Là peuvent peut-être se retrouver des idéaux, des aspirations. Ce sont des moteurs qui nous aident à transformer la peur d’agir en envie.

– cette raison peut pourtant changer. Une suite peut être discontinue et sa règle peut être modifiée en cours de route…. Tout comme nous, car notre libre arbitre nous permet de choisir si nous voulons continuer à penser, agir, décider de la même façon en tout instant ou bien si nous avons intérêt à adapter notre fonctionnement.

Changer pour changer n’a pas de sens, hormis si l’on se rapproche ainsi de nos envies, de nos besoins. Avec ce constat, vous pouvez considérer que rien n’est figé. Si vous pensez être actuellement en pleine stagnation, rappelez-vous que vous avez encore de la marge de manoeuvre pour modifier le cours des choses. Cela passe parfois par de toutes petites modifications de pensées, de toutes petites actions.

 

Enfin, avoir l’impression de stagner c’est souvent avoir peur de bouger.

C’est le signe d’un inconfort : qu’est-ce qui nous paraît trop petit, trop étriqué, trop limité en ce moment dans notre vie?

Oser se révéler en faisant des choix qui nous correspondent véritablement est le meilleur moyen de pouvoir évoluer dans un cadre qui a du sens.

C’est aussi ce qui fonde notre sentiment de sécurité intérieure et nous autorise à aller vers les autres avec plus de confiance.

Si vous ressentez le besoin d’aller plus loin en vous ouvrant à votre potentiel encore enfoui, je vous invite à découvrir mon accompagnement:

Bien vivre l’imprévu

Notre équilibre intérieur nous paraît souvent fragile et pourtant, il ne tient qu’à nous parfois de le rétablir.

Ce matin, je me suis assise comme d’habitude pour écrire.
Le calme extérieur n’a pas duré longtemps: un voisin a mis de la musique riche en basses.
De quoi me perturber soudainement.
De quoi faire une bonne excuse pour arrêter.
De quoi être suffisamment fort pour que mon mental en profite et se lâche en déversant toutes les pensées possibles.

Voilà comment un moment supposé apporter un certain bien-être peut vite se transformer en stress, colère, rancune, honte aussi de ne pas réussir à me détacher de la situation.

Nous vivons quotidiennement ces moments qui troublent notre harmonie. Il suffit d’un rien pour que nous nous sentions perturbés.

Un artefact anodin devient un incident majeur et transforme une seconde, une heure, une journée, en une lutte pour continuer à vivre malgré cette perturbation.

Une personne qui parle trop fort à côté de nous

Un mot qui nous fait mal, même s’il ne porte pas de mauvaise intention

Un changement de date qui bouscule nos plans

Perdre le contrôle pour faire d’autres choix

C’est ainsi que nous nous sentons perdre le contrôle.

Le contrôle sur le caractère paisible qu’on voulait maintenir dans notre environnement proche.

Le contrôle sur nos ressentis, qui s’emballent.

Bien souvent, nous pensons que nous subissons la situation.

Simplement parce que nous ne voyons pas comment nous pourrions retrouver le contrôle et rétablir le calme en nous et autour de nous.


Nous avons toujours le choix, même quand nous sommes débordés par nos émotions, nos pensées:
lutter, abandonner, ou bien rester.
Avec la dernière option, nous pouvons aussi adopter un point de vue différent.


Pouvoir s’observer sans se juger, prendre du recul et même rire intérieurement de la situation.
Ne pas se prendre au sérieux, retrouver de la légèreté.
S’accorder le droit de se sentir en difficulté sans pour autant se qualifier de nul.
Vivre pleinement le moment présent en sachant que tout passe et que nous pouvons créer notre réalité.

S’entraîner à développer sa souplesse mentale


C’est ce que j’ai essayé de faire ce matin, pour que les boumboum extérieurs ne deviennent pas une raison de plus pour me saboter et me juger.

Chaque fois que l’extérieur vient mettre son grain de sel pour perturber mon équilibre, j’adopte un réflexe de prise de recul.

Bien sûr, ce n’est pas automatique ni magique. C’est une habitude qui vient avec la pratique régulière, un peu comme la méditation.

Se détacher pour ne pas se sentir submergé ni paralysé par l’imprévu, c’est comme faire quelques mouvements de gymnastique mentale pour maintenir ses réflexes et rester “cool”.


J’y parviens plus facilement grâce à mon expérience de l’improvisation et du chant créatif, qui aide à BIEN VIVRE L’IMPREVU, mais aussi
lâcher prise sur les jugements intérieurs ET sur les perturbations extérieures,
nourrir la joie de l’instant présent,
revenir à la conscience du corps pour se détendre,
se sentir profondément relié à soi et aux autres.
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Cette pratique vocale, c’est ma base pour vous aider à VOUS RECENTRER ET LIBERER par la voix ce qui est enfoui en vous. A travers toutes les possibilités créatrices de votre voix, vous pouvez retrouver CE QUI FAIT DU SENS ET CE QUI FAIT DU BIEN.

ça vous parle? Je vous présente ici comment oser être vous-même, y compris face à l’imprévu.