Circle songs

Vous connaissez les circle songs?

C’est une forme de chant où on superpose différentes nappes vocales.

On se met en cercle, un leader lance une nappe à reproduire par un groupe de quelques personnes, puis propose d’autres nappes etc. On parvient à une forme de canon, et on peut improviser en solo par-dessus.

J’aime beaucoup pratiquer les circle songs, cela fait travailler l’oreille par l’écoute et l’harmonisation, et l’improvisation également.

Je vous propose quelques circle songs réalisées en solo, vous pouvez vous amuser à chanter avec moi et même à improviser en solo par-dessus mes nappes vocales! 😉

Procrastination et créativité #3 : et si on se voilait la face?

Cette fois, je ne vais pas procrastiner: je mets les pieds dans le plat.

procrastiner

 

Je n’aime pas les mots galvaudés.

Or le terme de procrastination en fait partie.

Ca ne veut pas dire que je n’aime pas ce qu’il signifie ou recouvre, juste qu’on a tendance à l’utiliser du coup à tort et à travers.

 

Procrastiner, c’est un mot bien pratique pour se déculpabiliser.

Ca devient même une activité dites donc! Un verbe d’action pour désigner le fait de retarder notre mise en action.

Qu’est-ce que tu fais?

Ben, je procrastine!

J’exagère sans doute, mais sur le fond, ça me paraît important de ne pas se cacher derrière des mots.

Pourquoi est-ce qu’on emploie ce mot, « procrastiner »?

Sans doute pour ne pas s’avouer les raisons pour lesquelles on procrastine…

 

Est-ce que procrastiner, ça ne serait pas plutôt:

  • avoir peur de ne pas avoir le courage d’aller au bout de sa création?
  • retarder le moment où il faudra se regarder dans le miroir, avec ses failles, et agir quand même?
  • cultiver une certaine fainéantise qui nous permet d’éviter de nous confronter à notre imperfection?
  • saboter notre potentiel créatif en prétextant que ce qui sortira de notre voix, de notre stylo, de nos mains, ne sera jamais aussi bien que ce qu’on a dans la tête?

 

Si j’essaie d’être honnête avec moi-même, ce mot fourre-tout m’est quand même bien utile.

Surtout si je ne prends pas soin de fixer des échéances régulières pour me mettre à l’ouvrage, finir un travail… Et pire que ça, je prends des prétextes pour ne pas dire que je procrastine : vous voyez, on en rajoute encore une couche, histoire de bien noyer les vraies raisons sous tout un tas de fausses excuses:

  • pas le temps
  • pas la forme
  • pas l’inspiration
  • pas le courage
  • pas le talent
  • pas la motivation

C’est moins déshonorant que d’avouer nos faiblesses, toutes contenues dans un seul mot: la peur.

Peur d’être soi-même, vulnérable et faillible, vrai et humain.

Ne pas procrastiner à tort…

Et puis, il y a toutes ces fois où on s’inquiète de « procrastiner », alors que non, pas du tout.
On est juste dans un processus naturel, personnel, indépendant du temps qui court et des pressions extérieures.
La relation au temps peut être apaisée quand on n’entre pas dans le jeu de la procrastination qui nous fait retarder et au final échouer si on n’y prend pas garde.

Procrastiner, un mot à ne pas confondre avec:

  • rêvasser
  • inspirer
  • s’inspirer
  • se poser
  • penser les étapes de la création tout en se projetant déjà dans le processus de réalisation.

 

Où en êtes-vous par rapport à la procrastination?

Est-ce que vous utilisez ce mot?

Savez-vous détecter quand vous êtes sujet à une peur qui vous freine et limite votre créativité?

Au plaisir de vous lire dans les commentaires, on a tous des expériences différentes par rapport à cette contrainte du temps qui passe et de la pression qu’on se met!

Les bénéfices de la procrastination pour la créativité

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Je vous propose ma traduction d’un article du journal The Independent, premier article d’une série sans doute longue sur ce sujet de la créativité et de la procrastination. 

 

Selon les chercheurs, procrastiner vous rend plus créatif

independent.co.uk · by Alexandra Sims · March 10, 2016

 

Vinci a passé 16 années à travailler sur son œuvre autour de Mona Lisa et il pensait que c’était un échec car il était constamment distrait pendant son travail.

Beaucoup d’entre nous peuvent se sentir coupables de reporter certaines tâches pénibles, pourtant la recherche a mis en évidence qu’il n’y aurait pas de raison de se sentir honteux.

creativite procrastination

Environ 20% des adultes déclarent être des procrastinateurs chroniques, mais cela pourrait aussi les rendre plus créatifs selon les chercheurs.

Adam Grant, un professeur de la Wharton Business School, dit qu’il a d’abord été interpelé par cette théorie lorsque l’une de ses étudiants les plus créatifs lui raconta que ses idées les plus originales lui parvenaient après qu’elle ait procrastiné.

Jihae Shin, désormais professeur à l’Université du Wisconsin, a étudié cette hypothèse en menant des enquêtes dans deux entreprises différents, et en analysant la fréquence de procrastination du personnel ainsi qu’en demandant à leurs responsables d’évaluer leur potentiel créatif et innovant.

Le Professeur Shin a démontré que les personnes qui procrastinaient étaient souvent celles perçues comme les plus créatives.

 

D’après les chercheurs, le fameux discours « I had a dream » de Martin Luther King est né grâce à la procrastination.

Les personnes à qui l’on demande d’évoquer leurs idées après avoir joué à des jeux comme Le démineur ou Le solitaire pendant 5 minutes ont des idées jugées comme 28% plus créatives par le jury que les personnes qui ont émis leur idées directement.

 

En donnant ces conclusions dans son livre Les originaux : comment les non-conformistes changent le monde, le Professeur Grant affirme que les idées qui nous viennent en premier sont souvent les plus conventionnelles, tandis que la procrastination permet au mental d’une personne de vagabonder, ce qui mène à des réflexions plus innovantes.

Le professeur Grant affirme également que certains des plus moments les plus marquants de l’histoire de l’humanité sont dus à la procrastination, y compris le fameux discours de Martin Luther King, « I had a dream », celui d’Abraham Lincoln à Gettysburg Address, ou bien la Joconde de Léonard de Vinci.

 

creativite procrastiner

Comme il l’a dit à BBC Radio 4 :

« Les plus grands discours de l’histoire étaient réécrits jusqu’à la dernière minute donc il y avait une grande liberté d’improvisation sur scène, contrairement au fait d’avoir le script du discours figé dans le marbre des mois à l’avance ».

« Et De Vinci a passé 16 ans à travailler autour de Mona Lisa, il pensait que c’était un échec parce qu’il était constamment distrait. Il écrivait dans son journal : ‘ Dites-moi si j’ai vraiment fait quelque chose’.

Ce qu’il ne réalisait pas à l’époque… c’est que certaines distractions, comme ses expériences dans l’optique, avaient changé la façon dont il travaillait la lumière et finalement avaient fait de lui un meilleur peintre. »

Si l’on procrastine trop, pourtant, cela peut aussi inhiber la créativité d’après le professeur Grant. D’autres recherches ont démontré que démarrer les choses à la dernière minute force les gens à se précipiter pour finir le travail, en appliquant les idées les plus évidentes plutôt que laisser venir les plus originales.

Le Professeur Grant, qui se décrit comme un « précrastinateur » – un individu qui devient anxieux bien avant la date de rendu d’un travail et le termine avant l’échéance – dit que ses recherches l’ont mené à changer certaines de ses habitudes de travail.

 

Dans le New York Times, il écrit :

« Si vous êtes un procrastinateur, la prochaine fois que vous vous complaisez dans la culpabilité et le dégoût de soi parce que vous n’arrivez pas à démarrer quelque chose, rappelez-vous que l’aspect positif de la procrastination peut vous aider à être plus créatif. »

« Et si vous êtes un précrastinateur, comme moi, ça peut valoir la peine de maîtriser cette discipline consistant à vous forcer à procrastiner ».

 

Dites-moi dans les commentaires: est-ce que vous procrastinez? Parvenez-vous à dompter la procrastination pour booster votre créativité? 🙂

 

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Suivre son idée

Je suis très attachée au thème de la créativité, et je cherche constamment comment la développer et la nourrir chez moi, mais aussi chez les autres. On se pose souvent la question de savoir comment susciter une idée créative quand on est en panne d’inspiration, ou bien quand on tourne un peu en rond…

Mais il y a aussi un corollaire à tout ça: parfois, on a le cerveau prêt à exploser d’idées. Ca fourmille, c’est un feu d’artifice, un torrent intarrissable.

idee creativite

Et là, il devient difficile de canaliser sa créativité. La preuve: alors même que je rédige cet article, je pense à un autre thème pour un prochain billet. Je dois donc lutter pour garder ma ligne directrice, tout en ayant peur de lâcher trop vite l’autre idée et qu’elle ne s’efface rapidement. Sans que j’aie eu le temps de la mettre en mots ou en voix.

Je voulais donc vous proposer une petite comparaison – ou bien une métaphore, c’est selon la façon de l’employer.

Pour réussir à donner vie à son idée, il faut la suivre.

Et pour cela, il faut suivre le fil de son idée, ou de ses idées.

Si l’on est au pluriel, hé bien cela veut dire qu’elles sont plusieurs dans la même pelote. Mais liées ensemble: idées liées par un fil conducteur pardi!

Et si on n’a qu’une seule idée en tête, on peut aussi dérouler la pelote pour voir jusqu’où cela nous mènera: parfois le résultat final n’a plus grand chose à voir avec la conception initiale. Et peu importe, ce qui compte c’est d’être allé au bout.

J’ai remarqué que c’est souvent lorsqu’on a peur de manquer – vaste thème que celui du manque – c’est donc souvent à cause de cela, qu’on se raccroche à la moindre idée comme à une bouée de sauvetage. Pas question de lâcher prise pour la laisser suivre son cours, un doigt glissé sur la pelote qui se débobine, tranquillement. Suivre le cours sans forcer, sans tirer pour arriver très vite au bout de l’écheveau, mais sans non plus être trop négligent et perdre le fil…

L’idéal, ce serait donc ça: laisser faire tout en gardant un oeil sur le processus.

 

Or donc, qui a peur de la panne et du manque de créativité, aura bien du mal à suivre son idée jusqu’au bout.

Car alors, on a plutôt tendance à collectionner les idées. Je remarque en tout cas chez moi une tendance à me laisser submerger par des paquets de noeuds d’idées, sans faire l’effort d’aller jusqu’au bout. C’est tout simplement rassurant de voir que la boîte créative marche bien, la germination s’est faite. Mais à quoi bon, si c’est pour laisser tout ça en plan, en attendant la prochaine salve de projets?

Je garde donc cette image en tête, j’essaie de me la rappeler souvent: une idée arrive, une autre, encore une autre…hop!

Je les note, je les enregistre… au moins garder une trace de la genèse.

Et puis là vient l’étape délicate mais nécessaire du tri des priorités: qu’est-ce que je vais traiter en premier?

Choisir, c’est renoncer… mais choisir c’est s’engager et remonter le fil pour aboutir à un résultat tangible et fini.

Alors je lâche prise sur les idées non directement liées entre elles, j’essaie de garder ce qui me semble de prime abord le plus évident. Ce qui me parle le plus ou me fait le plus envie.

Je déroule le fil, j’explore l’idée, j’essaie d’élargir un peu pour mieux délimiter ensuite un cadre stable mais non rigide. Garder de la place pour l’évolution, toujours.

J’essaie d’aller au bout.

C’est là qu’interviennent d’autres stratégies, dont je vous parlerai sans doute une autre fois, pour instiller un peu de rigueur et ne pas se faire avoir par la procrastination.

Suivre le fil de manière régulière, c’est donc la suite logique de ce premier effort vers un choix conscient et engagé dans la créativité.

Assumer aussi que pendant le temps où l’on déroulera le fil de cette idée ou de ce noyau d’idées adjacentes, on aura moins de temps pour s’occuper d’autre chose.

Savoir que cela ne signifie pas qu’on perd la trace ou l’inspiration pour autre chose.

Que comme pour une fleur coupée, la floraison peut se reproduire.

Encore une question de mouvement ou de cycle, finalement….