Souvenirs d’enfant hypersensible #1

ça rsaienfant hypersensible

L’hypersensibilité n’est pas un concept scientifique, du moins à l’heure où j’écris ces lignes, il n’en existe pas de définition en tant que telle. Ici je ne fais qu’apporter mon témoignage d’enfant hypersensible, cela n’engage que moi mais j’espère qu’il pourra faire écho et peut-être apporter des réponses à certains d’entre vous, parents, enfants hypersensibles devenus grands, éducateurs, enseignants…

Je pense que dans toute histoire humaine, il y a une part d’universel, alors peut-être que vous vous reconnaîtrez un peu, beaucoup, ou reconnaîtrez des personnes de votre entourage.

Comment sait-on qu’on est hypersensible? 

Si vous cherchez quelqu’un qui pleure systématiquement au cinéma, qui reste béate devant la rosée du matin, qui pense le matin qu’elle va sauver le monde et le soir qu’elle ferait mieux de changer de vie, qui est capable de rester scotchée en pleine rue pour observer un chat sur le rebord d’une fenêtre: c’est moi (je grossis le trait, à peine cela dit).

Personne ne m’a jamais dit que j’étais hypersensible. 

Pour cause, vu mon âge, ce terme n’existait pas quand j’étais petite.

Je suis toujours passée pour une enfant timide, voire très timide, réservée, discrète, sensible, voire très sensible. 

Trop sensible?

Si personne autour de moi ne m’a expliqué ce qu’était l’hypersensibilité, je m’en suis aperçue toute seule.

C’est finalement assez simple: être de nature hypersensible (« HS »), c’est être parfois HS, KO, hors service.

C’est toujours l’expérience du monde qui fait qu’on ressent un décalage. Notre confrontation du vécu intérieur avec celui des autres nous montre par plein de petits détails qu’on est hypersensible.

Un enfant hypersensible n’a a priori pourtant rien de si différent: la même palette d’émotions, les mêmes capacités sensorielles. Ce qui change, c’est ce terme « hyper ». On l’emploie pour indiquer un excès par rapport à une prétendue norme. Mais tout est relatif… ce qui fera réagir quelqu’un avec beaucoup d’intensité, laissera quelqu’un d’autre insensible, et réciproquement. Tout ça pour vous faire comprendre qu’il faut toujours relativiser : il n’y a pas de fonctionnement « normal » des émotions, à mon sens en tout cas.

Un enfant hypersensible, c’est grave?

Certainement pas la fin du monde (intérieur) en tout cas. Hypersensible, j’étais et je suis toujours bien avec moi-même, dans ma bulle ou en partage avec celle d’autres personnes de sensibilité proche.

Quand la bulle craque sans prévenir, ça peut être plus délicat.

Quelques petites anecdotes de ce qui me semble révélateur de mon hypersensibilité en tant qu’enfant.

Un rapport au temps teinté d’anxiété

J’étais une grande cafardeuse. Le temps perdu ne se rattrape pas.. et la conscience douloureuse de notre cheminement inéluctable vers la mort est quelque chose que j’ai perçu très tôt. Quelque part, j’avais toujours en tête la fin. ça sonne très morbide dit comme ça et pourtant j’étais d’un naturel plutôt joyeux. Cette conscience de l’impermanence se traduisait par exemple par de la difficulté à laisser partir les choses ou les gens, parfois sans le montrer ou l’exprimer. Tout ce qui avait été vécu avec une intensité positive était douloureux à quitter par la suite: l’achèvement dans ce cas était synonyme de petite mort.

C’est comme ça que j’ai vécu mon premier voyage scolaire. Enfant anxieuse, mes parents l’étaient aussi forcément vis-à-vis de ce voyage d’une semaine. Je n’avais pas un sommeil très calme et avais tendance à faire des cauchemars « sonores ». J’ai fait ce voyage sans problème de mon point de vue d’enfant, avec une nuit seulement où la maîtresse est venue me voir (cauchemar qui m’avait réveillée j’imagine?). Le problème s’est présenté au retour. J’avais vécu une semaine évidemment chargée en émotions, sans forcément en avoir conscience ça faisait beaucoup de choses à vivre pour la première fois. Et il fallait reprendre le cours de la vie normale, comme ça, sans transition. J’ai pleuré durant le week end suivant le retour à la maison. Certainement qu’il y avait une décompensation émotionnelle et donc une décharge physique des émotions. A mon niveau d’enfant je ne pouvais pas m’en rendre compte. Me reste le souvenir douloureux et vivace d’une déchirure, le sentiment que ça ne se reproduirait plus: c’était fini. Cette angoisse du temps qui passe est selon moi caractéristique. Les autres enfants étaient ravis de la semaine et ravis de retrouver leurs parents. Pour moi, c’était bien plus complexe que ça au niveau des ressentis.

Accepter le temps qui passe, la finitude, ne pas vivre dans les regrets et la peur de ne pas s’accomplir: un vaste sujet autant chez les enfants que les adultes, hypersensibles ou non. 

Je crois que les routines s’avèrent là assez pertinentes pour canaliser l’anxiété et retrouver un sentiment de maîtrise sur le temps qui passe.

Un perfectionnisme aigu

Cela se voit parfois dans l’attitude au travail à l’école, mais pas toujours… Dans mon bulletin de CE2, 2ème trimestre, voici ce que la maîtresse avait écrit « Je trouve Marion plutôt tendue par rapport à son travail. C’est très bien et il ne faut pas se décourager. » Je regrette de n’avoir rien compris à ça étant petite. Je me souviens seulement avoir connu une légère baisse (moyenne passant de 18 à 17,5 ou quelque chose du genre…). Je n’ose imaginer la pression que je me mettais sans m’en rendre compte, sans pourtant que les adultes y soient pour quelque chose.

Ce perfectionnisme se traduit souvent par une difficulté à supporter l’échec, les erreurs. Tout doit être parfait ou sinon, cela ne vaut rien. Et évidemment, une erreur vient de « moi »: donc je suis l’erreur. En clair, un enfant hypersensible, tel que je l’ai été du moins, va vivre ses manquements comme la preuve qu’il ne vaut rien. Identification totale à l’erreur produite…

Toute situation nouvelle est donc appréhendée avec pas mal d’angoisse. C’est ce qui s’est passé le jour où en travaux manuels, on a dû réaliser des mailles de tricot. Au point mousse. Le plus facile. J’ai échoué… bien concentrée pourtant. Quand j’ai présenté mes premières mailles au bureau de la maîtresse, elle a éclaté de rire. Et m’a réexpliqué. J’avais du mal, il fallait bien l’admettre. Mon enseignante était formidable et n’avait aucune mauvaise intention, c’est quelqu’un pour qui j’ai beaucoup de tendresse et à qui je dois plus qu’elle ne peut le supposer. Mais ce samedi matin, j’ai dû encaisser et ravaler ma fierté. J’ai pleuré à la maison (oui, j’avais une certaine capacité à me museler). Par chance, un copain de classe est venu l’après-midi et m’a tout réexpliqué, car lui savait déjà tricoter grâce à sa grand-mère (A., si tu passes par là, tu as sauvé ma vie ce jour-là!). Bref.

Un autre exemple: le jour où j’ai fait une erreur dans une multiplication au tableau, devant toute la classe. Echec cuisant, j’en ai encore la sensation physique. Je n’avais pas réussi, je perdais le contrôle. J’étais en échec: ça pouvait m’arriver. Rien n’était donc complètement sûr et je ne pouvais pas compter sur moi pour réussir à chaque fois. Exemple qui parlera à certains, pas du tout à d’autres… j’ai aussi vu des enfants hypersensibles, dans mes années d’enseignement, se mettre systématiquement en échec pour justement éviter de vivre une « déchéance » en passant de la réussite à l’erreur. Chacun sa stratégie pour supporter d’être faillible… Bien sûr, la maîtresse m’a rassurée. Bien sûr je n’ai quasiment rien montré, j’ai pris sur moi. Le problème est bien là: l’entourage fait comprendre que ce n’est pas grave, encourage à relativiser. Mais c’est strictement impossible quand on est dévasté par des émotions qu’on ne comprend pas.

Ce qui m’aurait peut-être aidée à l’époque: vivre des situations d’apprentissage où l’erreur est davantage valorisée pour son intérêt. A l’école mais aussi en dehors. A ce titre, je pense que j’ai commencé la musique trop tard : l’humilité requise par l’apprentissage d’un instrument est formidable pour éviter de se croire obligé de performer en tout temps.

A côté de ça, adopter une vision plus large de soi, ne pas focaliser sur le petit détail qui ne va pas. Pour ça, encore une fois, certainement que verbaliser, savoir se féliciter soi-même, me semble faire partie d’une hygiène émotionnelle qui devrait se transmettre à la maison et à l’école. Savoir reconnaître ses erreurs sans se remettre totalement en cause, cela passe par reconnaître sa valeur de façon indiscutable. Pour ma part, j’ai trop longtemps vécu dans l’illusion que tant que j’avais des bonnes notes, tout irait bien. Etre aimé de façon inconditionnelle, et surtout se sentir capable de s’aimer assez pour se pardonner ses erreurs: voilà la clé. Pour ça, je crois qu’apprendre à se valoriser de façon saine, sans gloriole mais avec justesse, aide aussi à mieux dépasser les petits moments où on “se plante”… ça me paraît une bonne façon d’éviter de nourrir un orgueil mal placé qui finit par se prendre au sérieux. (Un autre point que j’évoquerai dans le prochain article: la susceptibilité!)

Que faire pour aider un enfant hypersensible ?

Avec le recul, me sentir autorisée à parler de ces anecdotes librement m’aurait aidée. Entendre les adultes me dire que ça passerait, que c’était « rien »: c’était une forme de censure. Sentir et comprendre que les autres enfants étaient plus insouciants, ne se prenaient pas la tête, c’était percevoir que je n’étais pas tout à fait comme les autres.

Si j’ai bien un conseil à donner, c’est de ne jamais se mettre en position de juger de l’adéquation du degré de ressenti d’un enfant par rapport à une situation donnée. Etre là, accueillir, écouter, si besoin entendre aussi qu’il ne veut pas parler. C’est déjà énorme. On ne peut pas toujours mettre de mots, expliciter. Mais quand on est petit, on a besoin avant tout de savoir que ce qu’on ressent est acceptable, n’a pas à être étouffé, maîtrisé, diminué. 

Un autre point, corrélé au précédent, est de ne pas se mettre en mode solution. Si l’on cherche à aider l’enfant, à vouloir solutionner, c’est donc qu’il y a un problème. “C’est donc moi le problème?” risque de se dire l’enfant. Non: vivre des émotions intenses, galvanisantes ou laminantes, n’est pas un problème, même si cela se produit par rapport à des détails ou lors d’instants fugaces, même si les autres autour ne vivent pas les choses de la même façon. Pour un enfant, sentir qu’il n’y a rien à changer chez lui, rien à modifier pour “surmonter” ça, est indispensable. Cela lui permet de comprendre qu’il peut continuer à vivre sans se couper de ses émotions. Et surtout sans commencer à essayer de faire comme les autres, de rentrer dans le moule pour s’adapter aux attentes des autres.

Cet article est déjà bien long, rendez-vous dans un prochain épisode avec d’autres anecdotes et d’autres conseils en rapport avec les enfants hypersensibles… le sujet est vaste! 

A l’écoute de vos retours, questions…. vous pouvez me contacter ici ou m’adresser vos commentaires ci-dessous.

Fragile : et alors?

 

fragile émotionnellement 

Quelqu’un m’a un jour demandé: “on m’a dit que j’étais fragile. Qu’est-ce que je dois comprendre de ça, où sont mes forces?”

Je n’ai pas de réponse toute faite évidemment. 

Je voudrais juste rapporter ce que je lui ai dit, parce que la fragilité émotionnelle c’est un concept que j’ai un peu fréquenté moi aussi…

Chacun ne parle que de soi à travers ses questionnements, ses réponses.

ça me semble important de garder ça en tête pour ne pas attribuer à l’autre de fausses intentions.

Donc ici, j’ai envie de dire: on vous a dit que vous étiez fragile. Et alors?

Qu’est-ce que vous entendez là-dedans?

Qu’est-ce que ça signifie pour vous?

En quoi est-ce que ça vous semble péjoratif? (parce que c’était le cas pour cette personne)

Ces premières questions permettent de penser pour soi et par soi plutôt que rester sur l’impression que l’autre a voulu nous blesser.

Chacun se fera ses propres réponses.

 

L’idée de la fragilité

Souvent à ce moment-là ressortent ce que depuis tout petit nos parents ont dit de nous, nos enseignants, bref toutes les personnes censées savoir “ce qui est bien pour nous”, en savoir davantage sur nous que nous-mêmes. Tous ces gens supposés nous aider à avancer et qui donc émettent des avis sur nos qualités, nos défauts. Tous les gens importants pour nous, dont le regard et le jugement nous semble important, parfois malgré nous.

La façon dont nous recevons leur parole, même quand elle se veut bienveillante, impacte évidemment la vision qu’on a de nous-même.

Alors on pourrait aussi se demander: quand est-ce que je me sens fragile? Est-ce que de moi-même je me qualifie ainsi, ou est-ce que ce sont des éléments extérieurs qui déclenchent cela?

Et a contrario: quand est-ce que je me sens fort, et pourquoi?

Pourquoi faudrait-il transformer cette fragilité en force?

Voici ce que j’ai pu entendre ou penser moi-même à propos du fait d’être fragile:

tu es d’humeur changeante,

tu es sensible aux remarques qu’on te fait

tu décides en fonction des autres

tu mets du temps à te remettre du moindre événement

tu crois un peu tout et n’importe qui ou quoi

tu es facilement déprimé pour des broutilles

Bref, tout ce qui ressort de l’hypersensibilité.

 

Fragile n’est pas synonyme de faible

 

Est-ce qu’on ne peut pas faire avec cette fragilité sans pour autant se sentir faible?

J’aime l’idée que la fragilité est aussi le moyen de découvrir ses appuis.

Etre déstabilisé par la vie ou par les autres c’est toujours désagréable, pourtant c’est l’occasion de faire l’expérience de sa foi.

Foi en soi, en la vie, chacun nommera cela à sa façon.

Cette foi permet de réparer la vision abîmée qu’on peut avoir de soi et aussi de surmonter les épreuves petites ou grandes.

Alors non, fragile n’est pas faible à mes yeux. C’est dans l’adversité qu’on éprouve sa force.

Tomber sept fois et se relever huit, la devise de Bodhidharma, c’est bien cela: admettre sa fragilité apparente et pourtant continuer son chemin.

Repenser à une épreuve traversée: se rappeler que si nous sommes encore debout, c’est que nous avons de la force en nous.

Relativiser : les autres peuvent nous trouver fragiles mais n’ont-ils pas eux-mêmes peur de leur propre fragilité?

Relativiser encore: dans une circonstances donnée, untel apparaîtra fragile aux yeux de X, fort ou courageux aux yeux de Y. Tandis que Y sera vu comme faible par X etc. Tout est question de regard sur l’expérience vécue.

En cela le recours aux pratiques de création et de méditation nous aident: le retour au moment présent, le détachement de ses pensées, sont de précieux réflexes pour éviter de se figer dans une étiquette.

 

Quelle place pour la fragilité émotionnelle?

 

Dans une société hyper normée qui prône une résilience permanente et un bonheur à décrocher pour réussir sa vie, se sentir fragile est une bénédiction.

Pour moi c’est savoir qu’on reste dans la vie, qu’on peut être bousculé mais aussi capable d’humanité.

Au fond, je suis surtout persuadée que celui qui perçoit votre fragilité en a peur.

Parce que cela le renvoie à la sienne, et qu’il redoute de ne pas pouvoir se relever.

Certaines personnes rêvent de se blinder une fois pour toutes pour s’éviter de vivre toujours dans la souffrance émotionnelle.

On peut pourtant ressentir une douleur sans qu’elle se transforme en souffrance.

On peut aussi rester relié à ses émotions, en éprouver de grandes, variées, sans que cela devienne des montagnes russes ingérables.

Ce qu’on qualifie de fragilité s’apparente plutôt à mes yeux à de la vulnérabilité.

Ce mot est très galvaudé et marchandisé de nos jours.

Vulnérabilité

Etymologie: du latin vulnerare, blesser, endommager, entamer, porter atteinte à, faire mal à, froisser, offenser.

Invulnérable celui qui a dépassé toutes ses peurs une fois pour toutes, celui qui est parfaitement intègre physiquement.

Etre en vie suppose de faire l’expérience de la blessure tout autant que de la cicatrisation. En cela les autres peuvent aussi nous reconnaître, nous aider.

Etre vulnérable c’est pouvoir être atteint, c’est aussi rester humain.

 

J’aime mes fragilités car je sais qu’elles sont source de créativité.

Je trouve qu’il est important d’être fier de ses prétendus points faibles: ce sont des ancrages forts, et pas uniquement des trous sur lesquels les autres vont appuyer pour nous faire mal.

Je sais que les évoquer avec pudeur permet aussi aux autres de se sentir autorisés à être vulnérables.

En assumant nos fragilités, sans étendard ni honte, nous permettons aussi à l’autre de nous faire confiance.

Car qui dévoile ses fragilités révèle son humanité et crée un sentiment de proximité avec celui qui le découvre.

 

Je perds le fil de mes idées à l’oral

 Au moment de prendre la parole, mes idées s’emmêlent.

Je suis frustré car je n’arrive pas à transmettre mes idées aussi clairement que ce que j’ai en tête.

Frustration, mais aussi impression de ne pas être compris par les autres… 

Si le perfectionnisme s’en mêle, on peut alors penser qu’on est incapable de s’exprimer correctement.

Je vous partage ici :

3 signes à observer pour maîtriser votre discours

3 moyens d’agir sur le physique pour calmer le mental et fluidifier les idées

Vous pouvez visionner la vidéo ou lire le texte de l’article.

https://youtu.be/MTz8Cxeuw1g

 

3 signes qui montrent que vos idées doivent être canalisées

Observez ou demandez à quelqu’un de confiance de vous observer par rapport aux indices suivants:

le débit de votre voix: rappelez-vous d’un moment où vous parliez d’un sujet qui vous anime. Comment était votre vitesse de parole? Si vous parlez trop vite, par peur de laisser vos idées s’échapper, vous risquez de perdre votre interlocuteur…

Note : si au contraire, vous vous sentez bloqué et avez tendance à vous taire par peur de ne pas réussir à faire un copié-collé à l’oral de vos idées, je vous invite à lire cet article.

l’intonation de votre voix: est-ce que votre voix devient monotone au fur et à mesure que vous parlez? Si vous n’introduisez pas de variations dans le ton, le message passe moins bien. On a besoin de ces variations dans la voix: du côté de l’émetteur (vous) pour mettre en évidence qui est important dans votre message, du côté du récepteur pour qu’il reste accroché à ce que vous dites. L’intonation nous fournit des indices pour retenir l’essentiel du message et rester concentré dessus. Alors écoutez-vous! Mieux, enregistrez-vous.

votre souffle: est-ce que vous arrivez à la fin de vos phrases à bout de souffle? Si oui, c’est probablement que vous utilisez une respiration haute (thoracique). Cela empêche de poser sa voix convenablement et cela essouffle. Contrairement à cette respiration, le souffle d’une respiration basse, profonde, permet à la voix de se poser de façon plus fluide et naturelle.

 

3 techniques pour une prise de parole posée et fluide

Ces 3 techniques sont liées les unes aux autres: en agissant sur le corps, on permet la détente physique favorisant une bonne émission vocale et on apaise le mental pour mieux canaliser les idées.

limiter le nombre de phrases consécutives: essayez de vous concentrer sur 3 phrases à la fois, pas plus. Faites systématiquement une pause après. Contraignant au début, et pourtant cela amène du rythme dans le discours et force à aller à l’essentiel.

faire une pause de respiration profonde : après ces 3 phrases, revenez à une respiration basse et profonde. Cette respiration clarifie le mental, vous permet très rapidement, sans y réfléchir, de refaire le lien entre ce que vous venez de dire et ce que vous vous apprêtez à dire. Pour vous y entraîner : voyez mes exercices dans ce kit de prise de parole sans stress dans la voix.

laisser la place à l’autre: hé oui, on voudrait souvent tout dire d’un coup, mais laisse l’autre intervenir c’est aussi un bon moyen pour s’exprimer mieux. D’une part, cela vous aide à faire cette pause respiratoire. D’autre part, l’autre peut très bien rebondir sur ce que vous avez dit, ce qui vous permet de préciser vos idées donc d’approfondir. Ou bien, il peut aussi vous faire penser à un point que vous aviez en tête mais que vous aviez oublié de dire.

Quand on est de nature perfectionniste, on a tendance à beaucoup se juger sur la qualité de ce qu’on transmet, même dans des prises de parole du quotidien. Or l’essentiel se joue ailleurs que dans le contenu transmis: c’est aussi la qualité d’écoute, l’échange, la présence à l’autre, qui permettent de retrouver plaisir à s’exprimer en lâchant prise et en se jugeant moins.

Kit pour prendre la parole sans stress dans la voix

Des repères pour trouver sa voie

 C’est à la mode : il faut trouver sa voie, sa mission, sa vocation. La réalisation personnelle ne passe plus seulement par le fait d’avoir un travail satisfaisant, mais un métier qui valorise le bonheur, l’altruisme, la bienveillance… et j’en passe. De quoi faire passer ceux qui se contentent de travailler pour gagner leur vie.

 

Redonner au travail sa place

 

Cette quasi-injonction à avoir un métier qui a du sens, qu’est-ce qu’elle dit de nous ?

Nous cherchons à trouver dans le travail une voie d’accomplissement presque total. Nous culpabilisons ou nous faisons culpabiliser les autres si notre travail ne nous permet pas d’incarner toutes les valeurs auxquelles nous aspirons.

Redonnons sa place au travail, plutôt que vouloir lui demander de combler toutes nos aspirations.

Pour ceux d’entre nous qui sont hypersensibles, idéalistes, perfectionnistes, il s’agit de faire le deuil du travail idéal. Non pas pour renoncer à s’épanouir professionnellement, mais plutôt pour se libérer de la pression pour « trouver sa voie ». Le métier que nous exerçons a le sens que nous lui donnons.

Ne nous laissons pas influencer par l’image que la société veut nous imposer de tel ou tel travail. Nous sommes libres de décider ce que représente le travail pour nous.

Et surtout, rappelons-nous que nous ne sommes pas notre travail : s’identifier à son métier, c’est tantôt se sentir inférieur, tantôt se croire obligé d’aller toujours plus loin, au risque de se dévaloriser… ou bien de faire un burn-out.

 

Trouver sa voie, qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

Souvent, cela veut dire :

  • se sentir à sa place dans son travail
  • se sentir reconnu, estimé, valorisé au niveau professionnel
  • s’épanouir et s’accomplir, aimer ce que l’on fait

Tout ça reflète des besoins :

  • plaisir
  • reconnaissance
  • évolution

Ces besoins peuvent se trouver ailleurs que dans le travail : dans la sphère privée, associative, de loisirs… il est possible de venir combler une part de ces besoins. Cela évite de s’en demander trop lorsqu’on est au travail. Cela évite de demander au travail de satisfaire tous ces besoins.

Comme vous le voyez, il s’agit davantage de trouver un équilibre entre les différents domaines de sa vie.

  • Qu’est-ce qui vous donne déjà le sentiment d’être satisfait ?
  • Dans quoi trouvez-vous du plaisir ?
  • Qu’est-ce qui vous rend fier ?
  • Où vous sentez-vous à votre place, en présence de quelles personnes ?

Prendre le temps de se poser ces questions, c’est indispensable pour éviter de courir en vain après le métier parfait.

En veillant à garder vivantes les expériences où nous nous sentons « bien », nous pouvons trouver notre voie véritable, c’est à dire notre chemin de vie. Unique et donc incomparable à celui des autres. Ayons confiance dans nos possibilités de créer notre propre voie.

 

Hypersensible, introverti : quel métier est fait pour moi ?

 

Si vous êtes de nature hypersensible ou perfectionniste, il y a fort à parier que vous ayez envie d’avoir un travail qui vous stimule mais vous préserve aussi des hauts et des bas. Pour ça, il n’y a pas de métier idéal, autant le dire tout de suite.

Par contre il y a :

  • la réalité d’un travail avec son degré de responsabilité, ses horaires, sa dimension relationnelle, ses contraintes de trajet, ses possibilités d’évolution… autant de critères objectifs qui peuvent vous aider à décider si cela respecte votre fonctionnement, si vous pouvez vous adapter dans les limites qui sont les vôtres. Là encore, pensez à ce dont vous avez besoin et ne tentez pas de cocher toutes les cases : les contraintes existent toujours.
  • Et il y a la perception que vous avez de ce travail… donc la façon dont vous allez entrevoir les contraintes… mais aussi les opportunités d’évolution qui pourraient vous faire peur. La manière dont nous nous projetons est de notre responsabilité. Nous avons moyen de contrôler cela. En arrêtant de se croire limité parce qu’on nous a fait croire que ceci ou cela n’était pas fait pour nous, en cessant d’éviter toute prise de risque par peur d’échouer, nous pouvons déployer notre potentiel.

 

Pour y parvenir, c’est très simple : il est nécessaire

  • de croire en soi pour oser aller vers ce qui nous attire
  • d’avoir les idées claires pour être plus créatif dans sa propre vie

Cela revient à cultiver au quotidien une attitude bienveillante envers soi. Pas bisounours ou compatissante. Plutôt un comportement qui nous ferait agir comme si nous étions notre meilleur ami, en nourrissant notre besoin de nous faire plaisir, d’être dans la joie, l’ouverture.

 

Le présent est ce que nous en faisons. Trouver sa voie n’est pas un chemin de croix, c’est poser un pas après l’autre en se respectant profondément et en donnant une chance à ses rêves de se réaliser.

Quand nous vivons dans une confiance humble et que nous cultivons notre ouverture d’esprit, alors nous sommes plus réceptifs à ce que la vie nous propose come choix.

Nous pouvons décider en suivant davantage notre petite voix et installer en nous ce sentiment puissant d’aller vers ce qui a du sens pour nous.

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