Je ne sais pas quoi dire: comment surmonter cette peur ?

Pendant très longtemps, j’ai eu peur de ne pas être intéressante et de ne pas savoir quoi dire. Je vivais les discussions comme des examens oraux ou des entretiens d’embauche. Chaque fois que je disais quelque chose, je me jugeais aussitôt sévèrement. Chaque fois que je me taisais je pensais que j’allais paraître idiote devant les autres.

 

Je n’avais pas encore assez de moyens pour me rassurer et me faire confiance sur l’attitude à adopter : faire semblant et dire des choses qui ne me ressemblaient pas ou bien m’enfoncer dans mon malaise et me sentir exclue? C’est quand j’ai réussi à sortir de ce dilemme que j’ai pu accepter d’être simplement moi et que j’avais le droit d’avoir des choses à dire comme de rester silencieuse.

 

Que faire quand on est terrifié par l’idée de devoir prendre la parole?

 

Comment faire quand on est persuadé qu’on n’a rien d’intéressant à partager avec les autres?

 

Voici 3 conseils pour surmonter cette peur. 

 

  • Identifiez ce qui vous donne envie de vous exprimer

 

Bien se connaître est une clé fondamentale pour partager avec les autres ce qu’on porte en soi.

 

Qu’est-ce qui vous procure de grandes émotions?

 

Qu’est-ce qui vous fait réagir?

 

Ce peuvent être des sujets d’actualité, des persones que vous appréciez, des passions, des causes à défendre, des sujets d’étude… Trouvez ce qui vous mobilise, vous fait vibrer. Vous verrez qu’au-dedans, ça fourmille. Passez par l’écrit pour noter ce qui vous vient à l’esprit quand vous pensez à ces thèmes qui vous tiennent à coeur!

 

  • Choisissez les contextes qui vous conviennent

 

Vous avez certainement plus de chance de vous sentir rempli de choses à dire si vous pouvez aborder des sujets qui vous passionnent. C’est vrai aussi si vous êtes en compagnie de personnes avec qui vous êtes suffisamment à l’aise pour vous exprimer sans crainte du jugement. La discussion idéale n’existe pas, mais vous pouvez privilégier les contextes où vous vous sentez sécurisé pour expérimenter la prise de parole. On peut oser davantage quand on a un minimum confiance dans son environnement. L’envie dépasse la peur et on se lance. Bien sûr, il n’est pas possible de réunir à chaque fois les conditions idéales pour soi-même, mais si vous savez ce qui fonctionne pour vous, alors essayez de passer plus de temps en “zone sécurisée” pour obtenir cette réassurance dont vous avez besoin.

 

  • Ecoutez les autres et relativisez

 

Vous n’êtes pas obligé de parler de tout, tout le temps avec tout le monde.

 

Observez les autres: chacun a sa propre façon de s’exprimer, à son propre rythme et avec une quantité de contenu différente. Vous avez le droit de choisir votre place et votre rôle dans chaque nouvelle conversation. Rien n’est figé ! Prenez également conscience que les autres s’autorisent à être eux-mêmes en se jugeant sûrement moins sévèrement que vous ne le faites avec vous-même. Prendre conscience de ce qui se passe de façon objective peut vraiment vous aider à ne pas rester centré sur vous et à vous bloquer inconsciemment à chaque fois que vous êtes en situation de discussion.

 

Enfin, si vous avez envie de mettre en pratique tout cela, rien n’est plus efficace que le lâcher prise à travers une pratique créatrice. Je vous invite à découvrir 3 pistes gratuites pour vous aider à vous exprimer au plus proche de vous, avec plus de spontanéité et de confiance.

Comment mon burn out a signé le début de ma nouvelle vie

burn out éducation nationaleLe mot burn out fait peur.

Parce qu’on pense que c’est la fin de quelque chose, qu’il est parfois synonyme – à tort – de dépression, qu’il implique forcément une chute, un retrait…

Le burn out n’est pas une maladie. Ce n’est ni contagieux ni congénital.

Mais le burn out vous tombe dessus souvent pour de bonnes raisons.

Ces mêmes raisons qui vous aident à vous relever, et à marcher plus loin et viser plus haut.

Je suis une perfectionniste. Je me soigne – et timide aussi, j’ai arrêté de me soigner, j’ai continué à chanter.

Tout ça est encore vrai, mais ça l’était encore plus lorsque j’étais en poste comme professeur des écoles.

Je n’ai pas pour habitude de livrer des ressentis personnels. Pourtant, l’expérience me prouve de plus en plus que témoigner de son parcours, aide les autres. Et aide aussi à finir de cicatriser…

 

L’année de mon burn out

Pourquoi cette année-là? Tous les ingrédients étaient réunis. C’était simplement l’année de trop.

L’année précédente, j’avais un poste de TRS. Pour les non initiés, c’est ce qu’on nomme aussi dans le premier degré un poste fractionné. Je n’étais pas à temps plein sur une seule et même classe, mais nommée à titre provisoire pour un an en complément d’enseignants titulaires qui exerçaient soit à temps partiel, soit comme directeurs ou directrices. Je ne reviendrai pas ici sur les particularités de ce poste, mais il est certain que cela a fortement contribué à alimenter mon autosabotage et à préparer le terreau pour le burn out.

En un an, j’ai dû découvrir trois niveaux totalement nouveaux pour moi, qui avais déjà quelques années sur le terrain. Cela signifie plus de travail à la maison, et en tant que personne consciencieuse et anxieuse, plus d’implication pour être à la hauteur de ce que j’estimais qu’on attendait de moi. Egalement, perte de certains réflexes professionnels puisque la plupart des décisions ne m’appartenaient plus, de même que pour les responsabilités.

Il se trouve qu’à la rentrée suivante, j’ai dû reprendre une classe entière.

Nouvelle école, nouvelle équipe.

Niveau facile que beaucoup enviaient.

Nouveau stress: être à la hauteur, prévoir autant de projets que la grande majorité des autres collègues très investis dans toutes sortes de sorties et manifestations d’intérêt pédagogique.

Est-ce que j’allais encore savoir faire?

Est-ce que j’allais réussir à m’intégrer dans l’équipe?

 

Les premiers signes du malaise

Rapidement, le stress s’est installé au quotidien.

Sentiment d’incompétence lié au fait que j’avais hérité de la classe compliquée. Je ne l’ai su que bien plus tard.

Rapidement prise aussi dans une obligation de résultats, pour qui pour quoi, je ne saurais le dire. J’avais toujours été anxieuse et tracassée par le fait de ne pas parvenir à faire progresser certains élèves, mais là je dirais que tout s’est amplifié:

  • gestion de classe pénible, alors même que je n’avais pas des élèves violents ou désagréables, mais simplement ingérables…
  • grande hétérogénéité des niveaux, qui m’obligeait à niveler par le bas le programme (hé oui, ça aussi il faut le dire, il y a une école à plusieurs vitesses)
  • équipe très dynamique mettant en place des tas de projets, dont je n’avais pas forcément l’habitude, ou l’envie de suivre, mais le mouvement était là et je devais m’y inscrire

Cette année-là, j’ai dû travailler au premier trimestre autant que ma première année. C’est d’autant plus aberrant que c’était le même niveau, que je connaissais donc déjà bien.

Encore une fois j’étais tombée dans le piège de vouloir réinventer des supports et outils adaptés, ultra affûtés…

Dès le mois d’octobre le malaise s’est fait sentir: je sentais que j’avais raté le coche – ou du moins c’est ce que je croyais – concernant la prise en main du groupe, et pour le reste j’avais bien du mal à voir les réussites de mes élèves tellement le niveau était faible. D’où grosse remise en question.

Durant ce premier trimestre, j’ai dû m’arrêter la veille des vacances. Deux fois de suite donc.

C’est ce que j’appelle désormais le syndrome du coureur qui s’effondre avant la ligne d’arrivée.

 

Malaise physique au travail et sentiment d’imposture

Tout s’est accéléré à la reprise de janvier. Je devais être inspectée cette année-là et je savais que le début d’année était une période privilégiée. Bref, je me sentais sur la sellette et à partir de ce moment-là, chaque journée qui passait devenait plus stressante… j’étais aspirée dans une spirale sans fin.

Je mettais en oeuvre une pédagogie alternative dans la classe, qui était particulièrement appropriée vu l’hétérogénéité du groupe, mais qui était très chronophage pour moi. C’était ma 3ème année avec ce type de fonctionnement mais je ne l’avais pas encore testé avec ce niveau, donc tout était à faire ou presque.

J’ai également dû documenter mon choix de pédagogie – je précise que rien ne m’était imposé en ce sens par la hiérarchie, mais que je trouvais logique de le faire. Logique oui, sauf que je voulais pondre LE document de référence, parfait, explicite…

Le temps passait, le mal être persistait, je devenais de plus en plus irritable, et je me sentais tout simplement minable de n’arriver à rien avec ma classe, tandis que les autres avaient l’air de profiter et/ou de gérer mieux que moi les soucis du quotidien.

C’est à cette période que j’ai appris incidemment que j’avais hérité de la classe dont personne ne voulait. Avec le recul, je pense que le savoir avant m’aurait angoissée mais aurait peut-être pu m’aider aussi à relativiser mes difficultés.

Le mal était fait: je culpabilisais depuis la rentrée, en silence, de ne pas y arriver. 

Parce que j’étais nouvelle dans l’équipe.

Parce que j’avais un niveau de classe « facile », et simple en plus (pas de multiple niveau).

Parce que j’avais déjà 6 ans d’expérience, et que comparé aux stagiaires en poste dans l’établissement cette année, je ne pouvais pas non plus montrer que ça n’allait pas.

Bref, j’avais développé ce qu’on appelle le syndrome de l’imposteur.

 

Quand le corps dit stop: je ne veux plus aller à l’école

Et puis l’inspection a fini par arriver.

Evidemment, entre temps il y avait eu les rituels arrêts d’une journée juste avant les vacances… le sentiment de ne pas être à ma place qui littéralement gâchait tout ce qui pouvait se passer en dehors de la classe. J’avais envie de disparaître dans un trou de souris.

Et d’ailleurs, j’avais tellement honte de mon incompétence supposée que j’avais restreint de plus en plus le temps passé avec les collègues, pour vite retourner travailler. Je courais après le temps, tout le temps. Je ne me posais jamais, mais rien ne me semblait aller bien.

Je m’étais portée responsable pour un projet pédagogique nouveau. J’étais toute désignée en fait… et sur le coup, j’étais contente. Sauf que les collègues se plaignaient des intervenants du projet en question, et je me suis sentie une nouvelle fois remise en cause… Je n’étais pas là pour les former. Et ils n’étaient pas non plus censés avoir plus de compétences que ne pouvait laisser penser leur cursus. Bref, je n’étais pas formatrice et ne voulais pas l’être, contrairement aux collègues en question. Je me suis donc sentie responsable de ces dysfonctionnements, les ai pris personnellement. Je vous passe les détails sur le sentiment d’injustice ressenti en entendant les attaques contre ces intervenants :j’avais beau les défendre, rien n’y faisait. Je me sentais mal pour eux, par empathie.

Fin de la digression, à vrai dire j’avais oublié cet épisode et c’est en rédigeant cet article qu’il m’est revenu à l’esprit. Je pense que j’avais bien occulté ça pour éviter de me sentir à nouveau mal en y pensant. Entre temps, je sentais mes forces diminuer, j’étais devenue véritablement allergique au travail. J’avais juste envie de laisser mes élèves en plan et de partir en courant. Je n’avais plus la force de tenir le groupe, de rester patiente, de prendre les choses à la légère, de dédramatiser. Tout me heurtait et venait renforcer mon dégoût et mon sentiment de nullité. J’avais de plus en plus honte et j’avais peur que les autres s’aperçoivent du désastre qui régnait dans ma classe.

Donc l’inspection…

Se passa. J’étais bien sûr très stressée, quoi que pas tant que ça dans mon souvenir, au regard du niveau de stress quotidien auquel j’étais désormais soumise (de mon plein gré ou presque).

Se passa très bien.

J’étais un peu anesthésiée. J’ai eu la grande chance de tomber sur un inspecteur adorable, profondément humain et  attentif; sa réputation le précédait – ce qui n’empêche pas d’appréhender une telle situation, une parmi les nombreuses qui contribuent à renforcer l’infantilisation des enseignants et à creuser le manque de confiance en ses compétences et sa capacité à aller de l’avant.

J’ai reçu le rapport plutôt rapidement. Il était bon, voire très bon, mon travail était reconnu, y compris toute cette paperasse que j’avais rédigée pour expliquer mes choix pédagogiques.

Evidemment je me suis dit que j’avais eu de la chance. Mais j’étais aussi désappointée que mon malaise n’ait pas été détecté du tout. Finalement, j’avais donc l’air normale? La classe avait l’air d’aller bien? Je ne comprenais pas.

Vous savez le plus ironique de l’histoire? Sur le rapport figure la mention « nous avons évoqué les possibilités de carrière de Mlle. » Non, nous n’en avons pas parlé. Je ne sais vraiment pas à quoi il faisait référence…

Je sais juste que 3 semaines après, on arrivait à la veille des vacances.

 

Déconnecter du travail pour enfin se retrouver

J’étais au bout du rouleau. Vraiment.

Je pense que le fait d’avoir passé l’inspection fut pour mon mental le signal que j’avais le droit de m’arrêter, que j’avais fait mon maximum.

Ceux qui sont passés par là savent ce qu’est la dépersonnalisation. C’est dans un état d’esprit déjà loin de tout cet univers, de façon presque robotisée et très détachée de moi-même, que j’ai décidé en un claquement de doigts que cette journée était la dernière journée.

J’ai rassemblé mes affaires, j’ai tout préparé pour le remplaçant.

Je suis partie après la classe.

Et je ne suis plus revenue.

Dans ma tête, c’était très clair: je ne pouvais plus mettre les pieds en classe.

 

Ce fut la première étape d’une longue démarche vers la reconversion….

J’ai eu la chance de tomber sur des médecins à l’écoute, je pense qu’ils avaient cerné ma façon de fonctionner et avaient compris que je me mettais en danger et m’autosabotais, tout en risquant au final d’en faire pâtir les élèves.

Il fallait que je passe la main. Ce ne fut pas évident, car bien sûr je n’avais rien dit à personne, et j’ai donc dû au début informer que mon arrêt était prolongé, sans en donner la raison. Et puis être sollicitée pour fournir une programmation, des idées de séances etc au remplaçant. J’ai fini par enfin pouvoir déconnecter complètement, c’est à dire couper totalement contact. C’était juste vital.

C’est long de reprendre des forces physiques, de se reconstruire. Ca m’a pris plusieurs mois.

Une période au cours de laquelle j’ai pu redécouvrir certains facettes de ma personnalité. Etre aidée et soutenue par des professionnels qui m’ont aidée à refaire le point sur les orientations possibles en tenant compte non pas de ce que j’avais fait jusque-là, mais de qui j’étais vraiment ainsi que de mes besoins.

J’ai repris à la rentrée suivante à temps partiel tout en entamant des études en parallèle. Et ce fut ma bouée de sauvetage…

Petit à petit, tout se reconstruisait autour de moi. J’avais autre chose dans ma vie de plus important que l’école, j’avais surtout de la matière sur laquelle faire tourner mon mental. J’étais stimulée par les nouvelles choses que je découvrais dans mes études, j’avais retrouvé le goût d’en savoir plus, de creuser… et j’ai ainsi pu prendre du recul sur les situations toujours aussi pénibles et stressantes du quotidien de la classe.

C’était juste le début de mon projet de reconversion, et à partir de ce moment-là j’ai été beaucoup plus sereine sur mon avenir car je savais qu’au bout du parcours universitaire entamé, je partirai quoi qu’il arrive, et sans regrets.

Cet article est long, je n’ai pas pu le condenser. J’ai pourtant édulcoré et passé nombre détails. Même si tout ça est loin derrière moi, l’écrire fait remonter beaucoup d’émotions.

Je souhaite à qui le lira de trouver de quoi alimenter sa réflexion, et surtout être convaincu que rien ne vaut la peine, même pas le métier d’enseignant, de se faire du mal par conscience professionnelle.

Mon métier d’aujourd’hui est forcément influencé par mon parcours d’enseignante:

  • j’ai laissé de côté tout l’aspect purement transmissif et les cadres normés qui m’étouffaient
  • j’ai gardé le meilleur de mes expériences, en particulier ces projets autour de la musique et de l’expression corporelle, où j’ai pu pleinement exploiter ma créativié tout en permettant aux enfants d’exprimer la leur, avec joie et simplicité, exigence et bienveillance.

Ces moments m’ont reconnectée à la part d’enfant en moi et me rappellent qu’écouter sa voix, c’est retrouver sa voie.

 

Se reconnecter à soi

oser s'exprimer, se reconnecter à soiPour se sentir en reliance avec les autres, avoir ce sentiment d’appartenance à un réseau, encore faut-il bien savoir comment on fonctionne. Avoir le haut débit en soi c’est pouvoir mieux communiquer avec les autres grâce à une bonne connaissance interne de qui nous sommes vraiment.

Parce qu’on se perd trop souvent et qu’on oublie où sont les choses essentielles pour nous, je vous partage 3 pistes pour rester connecté à vous-même et vous autoriser ainsi à communiquer en étant plus proche de votre nature profonde.

 

Comprendre et respecter ses besoins

Savoir ce qui est bon pour soi, respecter son rythme et pouvoir s’exprimer librement sont des ingrédients indispensables pour ne pas s’oublier.

Je me sens en relance quand je sens mes besoins profonds, je les détecte et je sais les nourrir du mieux que je peux. Mes besoins vitaux dont font aussi partie mes propres besoins en sommeil, silence, socialisation, émulation, contact avec des sources d’inspiration dans la nature ou dans l’art…

Je me sens en reliance quand je peux exprimer mes besoins, sans éprouver de honte, de culpabilité. Et si je ne peux pas les combler, je me rapproche de ce qui me fait du bien: si c’est compliqué de trouver une heure de temps libre, alors je décide consciemment de m’accorder un quart d’heure. Si possible, j’évite de me dire que c’est le minimum: je me dis plutôt que ces quinze fois soixante secondes, je vais les savourer sans me préoccuper du reste.

Je n’oublie pas de retourner régulièrement vers ce qui me vivifie, me met en joie et me donne envie d’aller de l’avant. Si j’ai délaissé mon activité favorite ces derniers temps, ma 4G me le signale à temps, afin d’éviter une déconnexion totale qui ferait descendre mon tonus interne en flèche!

Rester soi-même sans jouer un rôle

Est-ce que je souhaite vraiment me relier au modèle qu’on me propose? N’y a-t-il pas là plus une volonté de se conformer pour éviter de chercher ce qui me correspondrait parfaitement, que moi seul peut définir? Les offres sont pléthoriques: le monde me propose quantité de solutions pour être plus en forme, plus compétitif, plus épanoui, plus créatif…

Si j’essaie simplement d’être moi, ce qui est facile mais complexe, alors j’opte pour un chemin qui me mènera vers plus d’harmonie avec moi-même et avec les autres . J’aurai le débit maximal, celui qui fait couler entre tête, coeur et corps, un sentiment d’harmonie, celui-là même qui est suffisamment fort pour me permettre de rester debout et confiant quand les pannes surviennent…

 

Pratiquer régulièrement ses rituels essentiels

Je me demande moi aussi comment je faisais avant, et quand ça ne marche pas ou pas comme je veux, quand des obstacles se présentent à moi, je me rends compte comme c’est précieux de savoir quel est mon point de reliance. Expérimenter et connaître ce sentiment d’être dans le juste pour soi-même, sans intentions particulières, sans objectifs autres qu’exister là maintenant.

Je me sens reliée quand je ressens le manque et que j’entends cette petite voix au fond de moi qui me dit « ça fait un moment que tu as laissé en plan ce morceau de piano » ou bien « j’ai l’impression que ton histoire ne verra jamais le jour ». Et le sentiment de malaise, d’être dérangé parce qu’au fond on voudrait continuer à se laisser aller, fait parfois place à la gratitude de voir que les alertes de ma 4G fonctionnent bien. Alors, faire un petit pas, tout petit, pour reprendre la connexion avec soi, demande un effort mieux accepté.

Avez-vous identifié vos besoins profonds et les moyens de vous relier à vous-même? Dites-le moi en commentaire!

EnregistrerEnregistrer

Comment se reconnecter à sa voix…et à sa voie!

Se reconnecter à sa voix

Quoi de plus intime que notre voix ?

Unique comme l’empreinte de nos doigts, elle porte nos blessures comme nos émois.

En questionnant les gens autour de moi, je constate que beaucoup entretiennent un rapport paradoxal avec leur voix : ils l’aiment ou la détestent, en ont parfois honte, aimeraient la changer comme s’ils étaient complexés, m’avouent ne pas savoir comment l’utiliser… beaucoup de jugements en tout cas, qui parfois sont très révélateurs de la relation à soi.

cours voix parlée expression orale

Les allers-retours entre la voix et soi

 

La voix ne triche pas : elle signe notre état interne du moment.

Et dans le même temps, nous pouvons agir pour la moduler et par là même, influer sur notre état d’esprit. Oui, ça a l’air magique dit comme ça, et pourtant le processus est réversible !

Je suis sûre que vous avez tous fait l’expérience d’écouter quelqu’un parler d’une voix monotone et de vous sentir petit à petit engourdi. Ou bien d’être en compagnie de quelqu’un parlant avec enthousiasme et d’être gagné par ce même état ! Nous sommes impactés par la voix, tout comme par nos pensées. C’est un formidable véhicule émotionnel dont nous avons tout intérêt à nous servir !

 

Là où je veux en venir, c’est aux potentialités créatrices de notre voix.

« Par la parole, l’homme est une métaphore de lui-même » (Octavio Paz)

Si nous sommes ce que nous pensons, nous sommes aussi ce que nous disons, ce que nous chantons.

Au quotidien, arrêtons-nous quelques instants par-ci par-là sur ce que nous émettons : est-ce que ma voix trahit mes pensées, est-ce qu’au contraire je l’enjolive pour masquer mon état ?

s'exprimer par la voix

La voix pour apaiser ses blessures émotionnelles

 

Reconnaître et accepter sa voix telle qu’elle est, sans tricher, c’est reconnaître et accepter notre ressenti intérieur.

Une fois cela fait, il nous est possible de travailler et jouer avec notre voix pour soit amplifier l’état dans lequel nous sommes, soit en sortir. Les jours où je suis fatiguée, triste, ma voix est morne. Je fredonne avec peine un blues dégoulinant de mal être, et petit à petit j’y retrouve l’écho de mon propre état. Je me plonge dedans, et j’y puise la force d’expulser ce qui me ronge. Je peux aussi improviser, me laisser aller à des lamentations vocales comme une catharsis émotionnelle.

A ce moment-là, je reconnecte avec ce que je porte en moi, et je peux alors laisser aller ce flux d’émotions, lâcher prise. Puis me diriger vers autre chose, avec moins de peur et de culpabilité, plus de légèreté et d’envie. Recréer un monde à l’image de ce qui vibre en moi : dire et chanter les mots qui me tiennent à cœur, ceux que je ressens, ceux que je voudrais ressentir, ceux qui expriment tout ce que je voudrais accomplir…

 

Des pistes pour explorer sa voix

 

  • créer un podcast personnel à la manière d’un journal audio intime, pour y enregistrer ses états d’âme, ses peurs, ses souhaits pour l’avenir… et le réécouter régulièrement pour faire le point sur ses avancées personnelles.

  • chanter ses gratitudes, célébrer les joies toutes simples en improvisant une mélodie, et pourquoi pas en dansant ? Se laisser aller à varier la mélodie comme si l’on créait une chanson pour l’occasion.

  • pour mieux retrouver et poser sa voix, jouer à imiter des personnages archétypiques tels que sorcière, chat, bébé… c’est souvent en allant chercher du côté de la caricature et de l’exagération, qu’on peut par la suite retrouver sa propre empreinte vocale, avec laquelle on se sent bien.

 

Je vous souhaite de belles explorations vocales, chantées, parlées, écrites…

 

Créativement vôtre,

marion dorval memovoix