Hors des sentiers battus, le non effort joyeux

Hors des sentiers battus, le non effort joyeux

Cet article est un extrait de ma lettre « Les mots doux et puissants » de novembre 2021. 

NOVEMBRE 2021

Hors normes, stigmates dorés, ponts invisibles

Dear one,

je sais que tes traversées sont intenses.

Je sens ce qui se fracasse en toi quand la vie ne répond pas à l’amour que tu veux apporter dans le monde.

(…)

…nous grandissons avec l’idée que la vie est un combat permanent et nous utilisons les circonstances extérieures pour justifier nos combats intérieurs.

J’ai si souvent cru devoir faire des choses pour me changer, me suradapter, pour complaire aux normes. Tu sais cela et cela est vrai pour toi aussi.

(…)

Et puis un jour, les efforts n’ont plus eu de sens: mon corps ne pouvait plus, mon coeur ne voulait plus battre pour lutter en permanence.

J’ai saisi que le non effort m’apporterait l’illimité.

(…)

Se libérer c’est arrêter de lutter.

Je ne veux plus d’une vie de survie. Toi non plus, n’est-ce pas?

(…)

J’ai compris à cette époque qu’il fallait décidément assumer une voie hors des sentiers battus, et donc hors de la dualité, pour réussir à incarner ces besoins, cet idéal de liberté qui nous place donc parmi les autres et en même temps en dehors du monde normé.

Chaque jour nous devons faire des choix apparemment anodins et d’autres plus impliquants pour rester fidèle à notre âme. Et les compromis sont réellement douloureux pour nous. Je sais que tu connais cela.

(…)

Ne résiste pas, plonge dans la joie, jusqu’au cou.

Avec amour dans les mots et dans la voix,

marion dorval

🖋  Le texte de ma lettre est accessible en intégralité pour les abonnés.

Déroger à ses principes sans se flageller

Acrasie : agir à l’encontre de son meilleur jugement; un peu comme quand la couette ne rentre pas bien dans les coins et que ça t’empêche de dormir.

 

Dear One,

tu l’as lu dans le titre  : « déroger à ses principes sans se flageller ».

Je n’ai jamais eu la prétention de donner des conseils de vie et si tu me lis depuis un moment, tu sais que ma seule intention est d’expérimenter un processus créatif, un processus de vie. D’où il ressort des partages parfois assez intimes, parce que je sens qu’il peut y avoir de la résonance quelque part et que j’écris les mots que j’aurais bien voulu lire.

Et donc me voici avec ce titre, qui résumait bien ma pensée au moment où l’inspiration est venue.

Puis s’est figée (l’inspiration).

Je ris, parce que l’écriture a ceci de puissant qu’elle nous met face à notre vérité sans qu’on puisse se dérober. Clairement, cette question d’être en cohérence avec ses valeurs m’a fait tellement me torturer le cerveau que j’ai repoussé l’écriture de ma lettre, pour un peu toujours la même histoire: peur d’en dire trop ou pas assez, des banalités ou des phrase obscures. Me fourvoyer, me risquer, déplaire…

C’est ce même phénomène qui débouche heureusement sur davantage de latitude d’action, de pensée, de sensations.

Et c’est exactement ce qui m’est arrivé avec la publication de mon livre.

J’ai sciemment choisi de m’autoéditer (quelle liberté) et j’ai mis un temps fou à trouver une plateforme qui me convienne (control freak team).

Tout sauf Amazon! (c’est le maaaaaal!)

Tu devines la suite : je n’ai pas pu y couper. Je te passe les détails techniques, mais en gros, tout est fait pour te faciliter la vie là-bas (marrant cette ressemblance avec le diaaable! ah non, on appelle ça la facilité de consommation, pardon).

Et donc découragée par les contraintes, après un gros retard de pris, j’ai cédé à la facilité et j’ai eu l’impression de me faire la pire trahison: pactiser avec un GAFAM!

Pire: diffuser mes mots là où je ne voulais surtout pas qu’ils aillent.

C’est une minuscule anecdote dans la petite histoire de ma petite vie. 

Pourtant je sais que d’autres s’en veulent régulièrement, au travail, dans leur vie personnelle, de se sentir désaccordés avec leurs valeurs, à cause de choix imposés ou subis. ça fait beaucoup de broutilles qui peuvent quand même gâcher la vie au final, non?

Petit récapitulatif du processus:

  • nous voulons être cohérents entre nos pensées, nos valeurs, nos actions. C’est ça qui nous amène l’harmonie intérieure, c’est ça qui nous fait avancer, oser, et qui nous rapproche des autres par une affirmation positive de nos idéaux.
  • nous nous maltraitons avec nos discours intérieurs (héritage judéo-chrétien sans doute, mais je veux sortir de cette vision fataliste); nous voudrions être parfaits, irréprochables;
  • nous avons bien sûr terriblement peur d’être jugés, déconsidérés… nous voulons être aimés!
  • nous sommes tiraillés intérieurement si fort quand les circonstances extérieures nous font agir à l’encontre de nos valeurs (quand ça veut pas, ça veut pas). Et alors nous nous figeons: nous ne voyons plus que là où nous avons dévié de notre chemin, pensant qu’il y a faute et que nous sommes perdus.

(…)

Cet article est un extrait de ma lettre « Les mots doux et puissants » d’octobre 2020. 

Pour lire le texte en entier, découvrez « Les mots doux et puissants – Lettres choisies pour les âmes vivantes »:

Faire ce que les autres attendent de moi

Faites vivre votre passion, elle vous réchauffera quand le monde deviendra froid. Citation amérindienne

 

Dear One,

tu ouvres ma lettre mensuelle pour la première fois, ou pour une énième fois.

Peut-être que ce sera la dernière aussi, d’ici les quelques lignes que tu auras lues en diagonale.
C’est probable si le contenu ne t’apporte pas ce que tu attendais.

Notre monde actuel est réglé sur un principe de consommation d’objets, d’êtres, de concepts et ma lettre n’y fait pas exception.
Depuis que j’accepte ce fait, les choses sont quand même bien plus légères et si je ne rentre plus dans l’offre de trucs et astuces comme on me l’a enseigné il y a deux ans,  au moins je livre ce que je suis et je sais que quelque part, c’est plus nourrissant que de délivrer des solutions toutes faites. Ces solutions qui alimentent la croyance que quelque part, on a un problème si on ne se sent pas bien en permanence. Moi mon truc , c’est de me poser des questions, pas de trouver des réponses définitives : c’est ça qui me tient en vie, me fait avancer, oser, douter, m’émerveiller, découvrir en permanence, me projeter dans l’expérience.

J’ai failli changer tout le contenu prévu aujourd’hui pour être plus en accord avec mes ressentis du moment liés à ce chaos mondial. Je me suis déjà exprimée là-dessus dans un message plein d’espoir, pour rester vivants au coeur de l’incertitude.

Et pour le reste, il me semble que le thème de la lettre fait écho aux défis que nous devons relever aujourd’hui : celui d’être bien vivants, proches de nous-mêmes pour nous rapprocher de nouveau un jour des autres, sans fard, sans faux-semblants, sans plus se raconter d’histoires qui laissent certains sur le côté et qui nous maintiennent dans l’illusion de récits collectifs stériles parce que superficiels – et paradoxalement super forts pour maintenir nos carapaces, au fond c’est logique de se protéger en se racontant des histoires qui arrangent tout le monde.

Donc, pour ce mois de novembre  : faire ce que les autres attendent de moi vs être là où on ne m’attend pas…

Dès que je sens que les autres attendent, dès que je me sens attendue, je me fige.
Ce ne sont plus des élans spontanés, pas la peine d’espérer le petit grain de folie.
Je rentre dans les injonctions intérieures. Ce serait bien de. Il faut. Peut-être que.
(…)

Cet article est un extrait de ma lettre « Les mots doux et puissants » de novembre 2020. 

Pour lire le texte en entier:

Cher corps, on a oublié de se parler

Chers corps, yeux qui me lisez, bouches qui respirez, mains qui scrollez, 

Pe(a)nser ce corps, une fois pour toutes, voilà ce que je me suis dit.
Ce corps toujours vivant, malgré tout ce que je lui ai fait subir.
On ne sait jamais vraiment ce qu’un corps a vécu même s’il reste des traces parfois bien visibles, trop. Parfois bien cachées, trop.
Et les marques discrètes que seuls les corps qui ont vécu la même chose peuvent reconnaître.

Parce que j’ai bien du mal avec les mots qu’on doit sortir quand on est face aux autres, ces mots tout faits qui ne disent rien du dedans mais donnent une contenance, je préfère m’intéresser à ce que le corps parle.
J’aime observer avec tendre curiosité les démarches, les postures, souvent la dysharmonie entre les gestuelles et le contenu du discours, parfois une fluidité parfaite, trop parfaite. Je constate les mêmes errements, les mêmes doutes et maladresses chez moi, les mêmes incohérences. Les allures qu’on se choisit pour donner le change, corps plein d’œillères pour marcher droit dans le chemin déjà tout tracé, ne pas dévier, faire comme si, qu’ils ne s’aperçoivent pas du malaise. Corps relâché, soudain honteux de ce qu’il peut exprimer au monde quand il n’est pas (auto)censuré.

Ces considérations sont des évidences, restent générales, et pourtant qui en parle ? Si peu de monde, parce que le poids des normes fait qu’on corps doit fonctionner et plaire, et c’est à peu près tout. On peut pourtant performer le corps avec joie et sans carcan.

Ce corps qui porte qui j’ai été, qui je suis et vers qui je tends, ce corps qui a porté un autre, à bout de bras ou au fond de soi. Le corps, ce premier autre, la conscience douloureuse et limitante de ses contours, qu’on aimerait tantôt libérer tantôt contenir.

Ces derniers temps, j’étais bien obligée d’écouter mon corps parler. Je me sens comme dans une machine à laver en phase d’essorage à 500 tours/minute. J’ai juste envie de descendre, que ça s’arrête. La fatigue est difficile à saisir, expliquer et j’en voudrais presque à mon corps.

(…)

Cet article est un extrait de ma lettre « Les mots doux et puissants » de septembre 2020. 

Pour lire le texte en entier: