Chère émotion

Chère émotion

 

 

 

 Chère émotion ,

 

 

 

 

Tu arrives sans prévenir 

 

Et tu m’emportes à chaque fois 

 

Même si tu peux me guérir 

 

Il m’arrive d’en avoir marre de toi

 

 

 

Tu es la vague qui me soulève 

 

En me faisant toucher le ciel 

 

Soudain tu échoues sur la grève 

 

Et tu m’épuises dès le réveil

 

 

 

Le lendemain tu es un feu 

 

Que je ne sais pas très bien nommer 

 

Tu me dévores ou chauffes un peu 

 

Mes plaies béantes exacerbées

 

  

 

Aussitôt que je ne pense plus 

 

Voilà que tu reviens déjà 

 

Tu es l’air mille fois entendu 

 

Celui que je ressasse en moi

 

  

 

Parfois j’aimerais toucher la terre 

 

Arrêter tout juste un instant 

 

Mais quand je me sens solitaire 

 

Je regrette un peu tes élans

 

  

 

Je ne saurai jamais qui tu es 

 

Tu es tout et rien à la fois 

 

Le trop ou le jamais assez 

 

Un manège qui ne s’arrête pas 

 

 

 

 

Va et viens, je ne t’en veux plus 

 

De tes soubresauts fatigants 

 

Je connais l’intensité vécue 

 

Grâce à mon ressenti présent

 

  

 

Je sais que tu es le mouvement

 

Qui me maintient aussi en vie 

 

Tu es l’émotion du moment 

 

Je veux aussi te dire merci. 

Marion Dorval   

 

Parler en public: la peur du tour de table

Vous avez déjà sûrement connu cette situation: en contexte professionnel, ou non, vous devez vous présenter individuellement lors d’un tour de table.

C’est particulièrement stressant car le stress d’anticipation peut se doubler de l’anxiété de performance. Il y a un enjeu: on doit en se présentant briser la glace, donner envie aux autres de mieux nous connaître, susciter de l’intérêt. On se met la pression, on se dit qu’on n’a qu’une occasion pour faire bonne impression.

Comment faire pour mieux vivre cette présentation en public?

Voici 3 conseils en vidéo: 

peur de se présenter en public

Pour ceux qui préfèrent lire:

Préparer son texte de présentation

Plus vous pouvez maîtriser ce que vous avez à dire, plus vous êtes à même de surmonter le stress.

L’idéal est de préparer tranquillement par écrit un petit texte où vous vous présentez succinctement. Rédigez un message adapté pour les contextes professionnels et un autre pour les situations plus informelles. Apprenez votre texte par coeur, comme une réplique ou une poésie. Faites-le devant un miroir jusqu’à ce que vous vous sentiez à l’aise en vous entendant et en vous regardant. Si besoin, modifiez quelques mots, raccourcissez… faites simple: phrases courtes, informations précises, ne vous perdez pas dans des explications inutiles! Répétez-le afin de l’intégrer totalement, que ce soit naturel pour vous. Etre confortable en faisant cela chez vous, va vous aider à diminuer le stress un fois en situation.

Maîtriser son souffle et poser sa voix

Il est capital de pouvoir gérer l’aspect plus physique: faire passer son message avec une voix assurée, une respiration fluide, un visage ouvert.

Pour cela, vous pouvez pratiquer des exercices vocaux et des techniques respiratoires pour vous aider à adopter des réflexes de détente corporelle et vocale.

S’entraîner à prendre la parole dans un cercle de personnes

Quand on est angoissé par les tours de table, notre mental et notre corps ancrent en nous l’idée que se retrouver en cercle est dangereux, stressant. On peut alors chercher des occasions de s’exprimer dans des situations sans aucun enjeu, dans le cadre des loisirs ou entre amis, pour dédramatiser cette configuration du cercle. C’est comme ça que progressivement, on peut se défaire des souvenirs de mauvaises expériences : vivre positivement la prise de parole en groupe est possible.

J’ai longtemps subi ces tours de table, et aujourd’hui j’anime régulièrement des groupes lors d’ateliers d’expression vocale ou de chant créatif où j’accompagne chacun à s’exprimer plus spontanément. Les personnes sont souvent placées en cercle et chacun prend progressivement et en douceur sa place. Ma pratique est axée autour de la créativité: il n’y a pas à réciter un texte déjà connu ou à réaliser une performance. On invente on reproduit des mélodies, des intonations de voix parlée… Cela permet de jouer avec sa voix, avoir moins peur de s’exprimer devant les autres. Chacun sait qu’il aura plusieurs occasions pour s’essayer à parler ou chanter devant les autres: pas de pression, pas de jugement. Et petit à petit le plaisir du jeu l’emporte sur la peur d’être exposé au regard des autres…

Si vous voulez aller plus loin pour être bien en vous et avec les autres, découvrez mon accompagnement en expression vocale créatrice:

Des noeuds dans la tête, des noeuds dans le corps

j'ai des noeuds dans le ventre

 Douleur cervicale. Je suis raidie, crispée, j’ai juste envie de me figer davantage. J’évite les mouvements inutiles: tout se fait en fonction de l’endroit où j’ai mal. Peu à peu, l’immobilité gagne mon épaule, la partie droite de mon dos. Je réduis de plus en plus mon champ de mouvement. Mon chant aussi. J’aurais aussi pu avoir des noeuds dans le ventre: l’effet aurait été le même. Dans la gorge aussi.

 

La voix sort moins bien : j’ai isolé toute une zone de mon corps. Le son ne peut se libérer que si l’harmonie est là en soi et qu’on laisse le tout se détendre. 
Je le sais bien pourtant! Pourquoi ai-je voulu me tendre davantage alors que ma douleur concernait seulement une zone délimitée de mon corps?

 

Sans doute par peur d’avoir plus mal encore. Le repli sur soi, comme un réflexe, pour se protéger. Résultat: ce ne sont plus seulement mes cervicales qui sont contractées, mais tout le haut de mon corps.

 

 

 

Ecouter sa peur ou vouloir la faire taire?

 

Alors, petit à petit, grâce à ce que j’ai appris, notamment par le yoga, je recrée plus de place en moi. Je respecte la zone qui demande à être ménagée, mais je vais utiliser mes ressources naturelles pour respirer un peu plus et un peu mieux, pour retrouver l’énergie et la faire circuler du mieux possible.

 

Avec surprise, je constate que ça ne me fait pas mal: au contraire, la douleur est là mais n’est pas souffrance; le souffle circule, les tissus s’assouplissent et j’arrive à installer grâce au mouvement un peu de détente dans la zone où j’ai mal.
Je ne suis pas ma douleur.
Je ne m’identifie pas à elle.

 

Je ne suis pas ma peur.
Je ne m’identifie pas à elle.
Si elle se loge dans ma gorge serrée, dans mes intestins noués, dans mes mains moites, je n’ai qu’à me laisser traverser.
Je ne suis pas une gorge serrée, des mains moites et des intestins noués.
C’est l’état de mon corps à un instant donné.

 

 Faire le petit pas vers la détente

 

Facile à dire?
Oui, et pourtant je l’écris en connaissance de cause.
Le lâche prise est là: dans la conscience fine de ce qui se passe corporelle, mentalement, émotionnellement. Et dans ce double mouvement de prise de conscience et d’élan vers toutes les autres possibilités qui restent là en moi et que je peux réveiller:
  • dans mon corps, replacer une respiration plus ample avec un expir allongé.
  • Dans mon mental avec une pensée pleine de compassion et de bienveillance envers mon être qui se débat dans la peur de souffrir.
  • Dans mon coeur avec une main posée sur lui pour l’élargir et ressusciter la joie profonde.
  • Dans mon esprit avec non pas la volonté de trouver le calme, mais le détachement. Ce qui est là, est là.

 

Qu’est-ce que tu peux faire de tout ça?

Va-t-il te falloir mille vies, comme il m’en faudrait aussi, pour redevenir “normal” au sens de naturel?

Pour que la peur puisse te traverser sans te traumatiser?

 

 Renoncer à la solution idéale et rester indulgent envers soi

 

Choisis.
C’est dur, c’est renoncer à la totalité, à la perfection.
C’est reconnaître que tu n’y arriveras pas du premier coup.
Tu sais que si tu fais le premier pas, tu t’engages dans un processus de libération .
Tu peux aussi éviter, une fois, deux fois, toujours.
Tu peux idéaliser et imaginer comme ce serait léger et bienfaisant de t’autoriser à vivre un peu plus large, un peu plus grand, un peu plus “toi”. Sans jamais le faire.

 

Qu’est-ce qui fait qu’on bascule du côté de sa normalité à soi?
Qu’on s’autoriser à laisser la peur s’en aller, la voir revenir sans se sentir minable, qu’on se laisse respirer un peu plus fort, vivre un peu plus intensément en fonction de soi?

 

Sûrement qu’une partie de la réponse se trouve dans cette joie intrinsèque, souvent très profondément enfouie. Et pourtant toujours capable de renaître pour peu qu’on vienne la réveiller doucement.
Je crois en cet élan créateur et régénérateur, parce que je sais.
Ce n’est plus une croyance, c’est une expérience.
Expérience que nous avons tous faite au moins une fois. C’est peut-être la joie contenue dans le cri vital du nouveau-né.
C’est la résurgence d’une force qui pousse à être et aller.

 

Alors, qu’est-ce que tu choisis?

 

Etre et aller…. une seule chose pour chaque verbe:

– choisis de reconnaître ce que tu es aujourd’hui.

Pendant quelques secondes, ou quelques minutes, reconnais ton état du moment. A voix haute ou mentalement.

 

– choisis d’aller où ça fait du bien.

Prends un temps pour faire un mouvement spontané qui te fait du bien, pour esquisser un sourire en pensant à une expérience positive. Ramène en toi des sensations de confort physique et des pensées de bien-être moral.
Et s’il y a un tout petit élan en toi pour extérioriser ta peur par un cri, un mot, un dessin, un chant, alors profite de cet élan. C’est là que tu peux revenir à ta normalité. L’expression créatrice permet la libération des mots et des maux.
La pratique vocale en particulier, permet un massage interne par la vibration sonore ainsi que la canalisation des émotions. Ce n’est pas ésotérique: c’est physique. C’est ce que je m’applique à moi-même et que j’ai la joie de transmettre à travers mon accompagnement.

Découvre 3 pistes pour (re)trouver confiance:

Hypersensible: je ne supporte plus rien

hypersensible je ne supporte plus rien
Rester dans sa bulle quand on est hypersensible est un réflexe naturel. Le monde extérieur apparaît comme source de tant de stress qu’il devient vital de pouvoir se replier si besoin dans un cocon. La peur des autres, le flot des émotions, la gestion des imprévus: autant de facteurs qui rendent compliqué et fatigant le contact avec l’extérieur. On éprouve le besoin de se recharger en étant seul, au calme, entouré de repères familiers et rassurants.
J’écris cela en réalisant comme je me sens bien chez moi, loin de toute agitation et de toute sollicitation.
Je me rappelle pourtant combien l’évitement des interactions sociales a longtemps été un frein dans ma vie personnelle comme professionnelle…tout ce qui suit est donc le fruit de ma propre auto-observation et conscientisation.

Je ne suis bien que quand je suis seul chez moi

En recherchant en priorité la sécurité intérieure par le contrôle des paramètres environnementaux, on s’installe doucement et sans doute sans s’en rendre compte dans une stratégie unilatérale: on limite les situations stressantes et on cherche à passer le plus de temps possible loin de toute agression visuelle, verbale, olfactive…
Qui voudrait se faire du mal en sachant à l’avance que sortir va demander beaucoup d’efforts avant (anticipation anxieuse), pendant (stress d’exposition) et après (rumination, honte…)?
Certainement que tu le sais déjà si tu me lis: la peur ne s’envole pas quand on la fuit. Au contraire, elle se renforce.
Un autre phénomène se met également en place: à force d’éviter, on devient intolérant.
Passer une heure dans un restaurant, marcher dans la rue à l’heure de sortie des classes, échanger quelques mots avec un voisin de palier… au début on se force, puis on évite un peu, beaucoup… jusqu’au jour où on devient réellement allergique à ces situations qui exigent trop d’efforts d’adaptation.
L’éviction totale fait qu’on supporte de moins en moins les contraintes.

Oser se confronter tout en se préservant

Comment trouver l’équilibre entre éviter et se forcer, pour ne pas en arriver à ne plus rien supporter?
A mon sens, l’idéal est de pouvoir prendre en compte ces différents éléments:
  • connaître parfaitement ses besoins
  • écouter sa petite voix pour ne pas dépasser ses limites
  • accepter que les autres aussi puissent souffrir d’une façon ou d’une autre dans les interactions sociales ou dans certains environnements du quotidien
  • déterminer l’effort minimum et raisonnable qu’on puisse faire pour soi-même (en vue d’évoluer, de s’autoriser à essayer), mais aussi pour les autres (pour maintenir le lien).
Concrètement ça donne quoi?
Avec un exemple, voilà ce que ça pourrait donner.
Quand tu es invité à une soirée où tu ne connais personne sauf l’organisateur, tu ressens probablement l’envie de dire non par réflexe.
Mais peut-être pointe en toi l’envie d’y aller, sauf que beaucoup de barrières se dressent: la durée de la soirée, le nombre de personnes, le fait que tu ne les connaisses pas, etc.
Refuser est plus confortable mais peut être culpabilisant vis-à-vis de celui qui t’a invité.
Qu’est-ce qui pourrait te permettre de tenter l’expérience sans que ça soit trop souffrant?
Quel est l’effort minimum que tu pourrais faire pour que l’autre comprenne que tu as envie de passer du temps avec lui, mais dans les conditions qui te permettent d’apprécier le moment plutôt que le subir?
Quelle est la durée idéale qui te permettra de prendre ta place parmi les autres sans t’effacer ni fuir, sans te confronter trop longtemps ou avec trop d’intensité à ce qui te rend vulnérable?
Je n’ai pas de solutions toutes faites, car toi seul sais ce que tu peux supporter sans que ça devienne souffrant: y aller juste pour une demi-heure, rester plus longtemps sur place mais sortir de temps en temps pour souffler, dire que tu passeras entre telle et telle heure, demander à ce qu’on te présente un ou deux invités pour ne pas rester seul…

Nuancer sa vision des choses: moi, l’Autre, nos besoins et nos difficultés

Dans chaque situation, l’idée est de ne pas voir tout en noir et blanc. Il y a moyen d’aménager pour VIVRE l’expérience sans transformer l’inconfort en souffrance.
Garder le contact plutôt qu’éviter systématiqument est par contre préférable voire indispensable pour cultiver l’élan d’aller vers l’extérieur et maintenir sa tolérance à un niveau comptable avec la vie en société.
Si je m’étais autorisée à reconnaître mes besoins, j’aurais dit plus souvent « oui, je suis d’accord pour faire ça mais à condition que », plutôt que me sentir incapable, refuser et donc rester chez moi, honteuse de ne pas pouvoir faire comme les autres. Et certaine d’entrer dans un cercle vicieux où l’exposition suivante serait encore plus redoutable et donc difficile à envisager.
Un autre aspect indispensable et indissociable est d’apprendre à se décentrer.
Si je ne supporte plus rien à force de rester dans ma bulle, je peux facilement imaginer que les autres sont plus tolérants que moi. On fait un petit pas de côté et on va voir comment ça se passe quand on essaie de se mettre à la place des autres?
  • Comment les autres réagissent-ils de leur côté?
  • Sont-ils toujours prêts à faire cet effort de sortir, d’aller dans la foule, de prendre les transports, de discuter deux minutes avec quelqu’un par pure courtoisie…?
  • Sont-ils d’humeur et d’énergie toujours égales au point de dire oui à toutes les sollicitations sans que ça leur coûte?
Je pense que la réponse est dans la question… voici quelques évidences qu’on a tendance à oublier quand on se sent mal ou qu’on se met toujours en mode survie :
  • personne n’a les mêmes besoins au même moment
  • personne n’a le même degré de sensibilité aux mêmes éléments
  • personne n’a les mêmes intérêts et envies

Réapprivoiser le monde à sa façon sans en faire un ennemi

La différence est une question de perception.
Se reconnaître soi, dans ses spécificités, et reconnaître que l’autre en face a lui aussi ses propres difficultés à surmonter.
Nourrir le lien c’est possible si chacun prend soin de lui avant même de prendre soin de la relation.
Tu peux moduler ta distance au monde et aux autres selon ton humeur du moment.
Tu peux aussi ne pas voir l’extérieur uniquement comme une source de problèmes.
La clé c’est de composer… avec soi et avec les autres, chacun s’insérant à sa façon dans le monde, à sa mesure, à son rythme.

Besoin de se libérer du regard des autres?