Souvenirs d’enfant hypersensible #1

ça rsaienfant hypersensible

L’hypersensibilité n’est pas un concept scientifique, du moins à l’heure où j’écris ces lignes, il n’en existe pas de définition en tant que telle. Ici je ne fais qu’apporter mon témoignage d’enfant hypersensible, cela n’engage que moi mais j’espère qu’il pourra faire écho et peut-être apporter des réponses à certains d’entre vous, parents, enfants hypersensibles devenus grands, éducateurs, enseignants…

Je pense que dans toute histoire humaine, il y a une part d’universel, alors peut-être que vous vous reconnaîtrez un peu, beaucoup, ou reconnaîtrez des personnes de votre entourage.

Comment sait-on qu’on est hypersensible? 

Si vous cherchez quelqu’un qui pleure systématiquement au cinéma, qui reste béate devant la rosée du matin, qui pense le matin qu’elle va sauver le monde et le soir qu’elle ferait mieux de changer de vie, qui est capable de rester scotchée en pleine rue pour observer un chat sur le rebord d’une fenêtre: c’est moi (je grossis le trait, à peine cela dit).

Personne ne m’a jamais dit que j’étais hypersensible. 

Pour cause, vu mon âge, ce terme n’existait pas quand j’étais petite.

Je suis toujours passée pour une enfant timide, voire très timide, réservée, discrète, sensible, voire très sensible. 

Trop sensible?

Si personne autour de moi ne m’a expliqué ce qu’était l’hypersensibilité, je m’en suis aperçue toute seule.

C’est finalement assez simple: être de nature hypersensible (« HS »), c’est être parfois HS, KO, hors service.

C’est toujours l’expérience du monde qui fait qu’on ressent un décalage. Notre confrontation du vécu intérieur avec celui des autres nous montre par plein de petits détails qu’on est hypersensible.

Un enfant hypersensible n’a a priori pourtant rien de si différent: la même palette d’émotions, les mêmes capacités sensorielles. Ce qui change, c’est ce terme « hyper ». On l’emploie pour indiquer un excès par rapport à une prétendue norme. Mais tout est relatif… ce qui fera réagir quelqu’un avec beaucoup d’intensité, laissera quelqu’un d’autre insensible, et réciproquement. Tout ça pour vous faire comprendre qu’il faut toujours relativiser : il n’y a pas de fonctionnement « normal » des émotions, à mon sens en tout cas.

Un enfant hypersensible, c’est grave?

Certainement pas la fin du monde (intérieur) en tout cas. Hypersensible, j’étais et je suis toujours bien avec moi-même, dans ma bulle ou en partage avec celle d’autres personnes de sensibilité proche.

Quand la bulle craque sans prévenir, ça peut être plus délicat.

Quelques petites anecdotes de ce qui me semble révélateur de mon hypersensibilité en tant qu’enfant.

Un rapport au temps teinté d’anxiété

J’étais une grande cafardeuse. Le temps perdu ne se rattrape pas.. et la conscience douloureuse de notre cheminement inéluctable vers la mort est quelque chose que j’ai perçu très tôt. Quelque part, j’avais toujours en tête la fin. ça sonne très morbide dit comme ça et pourtant j’étais d’un naturel plutôt joyeux. Cette conscience de l’impermanence se traduisait par exemple par de la difficulté à laisser partir les choses ou les gens, parfois sans le montrer ou l’exprimer. Tout ce qui avait été vécu avec une intensité positive était douloureux à quitter par la suite: l’achèvement dans ce cas était synonyme de petite mort.

C’est comme ça que j’ai vécu mon premier voyage scolaire. Enfant anxieuse, mes parents l’étaient aussi forcément vis-à-vis de ce voyage d’une semaine. Je n’avais pas un sommeil très calme et avais tendance à faire des cauchemars « sonores ». J’ai fait ce voyage sans problème de mon point de vue d’enfant, avec une nuit seulement où la maîtresse est venue me voir (cauchemar qui m’avait réveillée j’imagine?). Le problème s’est présenté au retour. J’avais vécu une semaine évidemment chargée en émotions, sans forcément en avoir conscience ça faisait beaucoup de choses à vivre pour la première fois. Et il fallait reprendre le cours de la vie normale, comme ça, sans transition. J’ai pleuré durant le week end suivant le retour à la maison. Certainement qu’il y avait une décompensation émotionnelle et donc une décharge physique des émotions. A mon niveau d’enfant je ne pouvais pas m’en rendre compte. Me reste le souvenir douloureux et vivace d’une déchirure, le sentiment que ça ne se reproduirait plus: c’était fini. Cette angoisse du temps qui passe est selon moi caractéristique. Les autres enfants étaient ravis de la semaine et ravis de retrouver leurs parents. Pour moi, c’était bien plus complexe que ça au niveau des ressentis.

Accepter le temps qui passe, la finitude, ne pas vivre dans les regrets et la peur de ne pas s’accomplir: un vaste sujet autant chez les enfants que les adultes, hypersensibles ou non. 

Je crois que les routines s’avèrent là assez pertinentes pour canaliser l’anxiété et retrouver un sentiment de maîtrise sur le temps qui passe.

Un perfectionnisme aigu

Cela se voit parfois dans l’attitude au travail à l’école, mais pas toujours… Dans mon bulletin de CE2, 2ème trimestre, voici ce que la maîtresse avait écrit « Je trouve Marion plutôt tendue par rapport à son travail. C’est très bien et il ne faut pas se décourager. » Je regrette de n’avoir rien compris à ça étant petite. Je me souviens seulement avoir connu une légère baisse (moyenne passant de 18 à 17,5 ou quelque chose du genre…). Je n’ose imaginer la pression que je me mettais sans m’en rendre compte, sans pourtant que les adultes y soient pour quelque chose.

Ce perfectionnisme se traduit souvent par une difficulté à supporter l’échec, les erreurs. Tout doit être parfait ou sinon, cela ne vaut rien. Et évidemment, une erreur vient de « moi »: donc je suis l’erreur. En clair, un enfant hypersensible, tel que je l’ai été du moins, va vivre ses manquements comme la preuve qu’il ne vaut rien. Identification totale à l’erreur produite…

Toute situation nouvelle est donc appréhendée avec pas mal d’angoisse. C’est ce qui s’est passé le jour où en travaux manuels, on a dû réaliser des mailles de tricot. Au point mousse. Le plus facile. J’ai échoué… bien concentrée pourtant. Quand j’ai présenté mes premières mailles au bureau de la maîtresse, elle a éclaté de rire. Et m’a réexpliqué. J’avais du mal, il fallait bien l’admettre. Mon enseignante était formidable et n’avait aucune mauvaise intention, c’est quelqu’un pour qui j’ai beaucoup de tendresse et à qui je dois plus qu’elle ne peut le supposer. Mais ce samedi matin, j’ai dû encaisser et ravaler ma fierté. J’ai pleuré à la maison (oui, j’avais une certaine capacité à me museler). Par chance, un copain de classe est venu l’après-midi et m’a tout réexpliqué, car lui savait déjà tricoter grâce à sa grand-mère (A., si tu passes par là, tu as sauvé ma vie ce jour-là!). Bref.

Un autre exemple: le jour où j’ai fait une erreur dans une multiplication au tableau, devant toute la classe. Echec cuisant, j’en ai encore la sensation physique. Je n’avais pas réussi, je perdais le contrôle. J’étais en échec: ça pouvait m’arriver. Rien n’était donc complètement sûr et je ne pouvais pas compter sur moi pour réussir à chaque fois. Exemple qui parlera à certains, pas du tout à d’autres… j’ai aussi vu des enfants hypersensibles, dans mes années d’enseignement, se mettre systématiquement en échec pour justement éviter de vivre une « déchéance » en passant de la réussite à l’erreur. Chacun sa stratégie pour supporter d’être faillible… Bien sûr, la maîtresse m’a rassurée. Bien sûr je n’ai quasiment rien montré, j’ai pris sur moi. Le problème est bien là: l’entourage fait comprendre que ce n’est pas grave, encourage à relativiser. Mais c’est strictement impossible quand on est dévasté par des émotions qu’on ne comprend pas.

Ce qui m’aurait peut-être aidée à l’époque: vivre des situations d’apprentissage où l’erreur est davantage valorisée pour son intérêt. A l’école mais aussi en dehors. A ce titre, je pense que j’ai commencé la musique trop tard : l’humilité requise par l’apprentissage d’un instrument est formidable pour éviter de se croire obligé de performer en tout temps.

A côté de ça, adopter une vision plus large de soi, ne pas focaliser sur le petit détail qui ne va pas. Pour ça, encore une fois, certainement que verbaliser, savoir se féliciter soi-même, me semble faire partie d’une hygiène émotionnelle qui devrait se transmettre à la maison et à l’école. Savoir reconnaître ses erreurs sans se remettre totalement en cause, cela passe par reconnaître sa valeur de façon indiscutable. Pour ma part, j’ai trop longtemps vécu dans l’illusion que tant que j’avais des bonnes notes, tout irait bien. Etre aimé de façon inconditionnelle, et surtout se sentir capable de s’aimer assez pour se pardonner ses erreurs: voilà la clé. Pour ça, je crois qu’apprendre à se valoriser de façon saine, sans gloriole mais avec justesse, aide aussi à mieux dépasser les petits moments où on « se plante »… ça me paraît une bonne façon d’éviter de nourrir un orgueil mal placé qui finit par se prendre au sérieux. (Un autre point que j’évoquerai dans le prochain article: la susceptibilité!)

Que faire pour aider un enfant hypersensible ?

Avec le recul, me sentir autorisée à parler de ces anecdotes librement m’aurait aidée. Entendre les adultes me dire que ça passerait, que c’était « rien »: c’était une forme de censure. Sentir et comprendre que les autres enfants étaient plus insouciants, ne se prenaient pas la tête, c’était percevoir que je n’étais pas tout à fait comme les autres.

Si j’ai bien un conseil à donner, c’est de ne jamais se mettre en position de juger de l’adéquation du degré de ressenti d’un enfant par rapport à une situation donnée. Etre là, accueillir, écouter, si besoin entendre aussi qu’il ne veut pas parler. C’est déjà énorme. On ne peut pas toujours mettre de mots, expliciter. Mais quand on est petit, on a besoin avant tout de savoir que ce qu’on ressent est acceptable, n’a pas à être étouffé, maîtrisé, diminué. 

Un autre point, corrélé au précédent, est de ne pas se mettre en mode solution. Si l’on cherche à aider l’enfant, à vouloir solutionner, c’est donc qu’il y a un problème. « C’est donc moi le problème? » risque de se dire l’enfant. Non: vivre des émotions intenses, galvanisantes ou laminantes, n’est pas un problème, même si cela se produit par rapport à des détails ou lors d’instants fugaces, même si les autres autour ne vivent pas les choses de la même façon. Pour un enfant, sentir qu’il n’y a rien à changer chez lui, rien à modifier pour « surmonter » ça, est indispensable. Cela lui permet de comprendre qu’il peut continuer à vivre sans se couper de ses émotions. Et surtout sans commencer à essayer de faire comme les autres, de rentrer dans le moule pour s’adapter aux attentes des autres.

Cet article est déjà bien long, rendez-vous dans un prochain épisode avec d’autres anecdotes et d’autres conseils en rapport avec les enfants hypersensibles… le sujet est vaste! 

A l’écoute de vos retours, questions…. vous pouvez me contacter ici ou m’adresser vos commentaires ci-dessous.

Aimer l’intégrale de sa vie

Quand nous saurons regarder nos errances, 

nos envolées, nos plateaux, nos pieds dans la boue

Sans envisager de plan B pour repartir d’un nouveau point A

Alors peut-être sous la surface ainsi constituée

la matière accumulée tout le long du chemin

deviendra un fil soutenant plutôt que des parcelles fragmentées, 

peut-être aimerons-nous l’intégrale de notre vie.

 

Tout embrasser sans avoir honte de qui nous avons été, de ce que nous avons traversé, enduré.

 

J’aime la poésie des mathématiques parce qu’elle permet de rationaliser les événements sans laisser le mental jouer avec les émotions, sans refaire l’histoire en y voyant des signes pour se rassurer ou se complaire dans une position de victime.

 

C’est ce qui m’arrive parfois, alors je prends mon crayon et je calligraphie une intégrale de maths pour calmer ces questions récurrentes:

 

Pourquoi devrait-on avoir honte d’un moment plutôt que d’un autre, pourquoi vouloir cacher certaines périodes et en glorifier d’autres?

 

Comment cesser de vouloir toujours comprendre alors qu’il y a surtout à vivre et se laisser être pour exister?

 

La notion d’intégrale nous aide à comprendre celle du chemin parcouru, à ne pas tout remettre en question à la moindre anicroche, à ne pas cultiver une vision limitante de nous-même. (et oui, cela concerne entre autres les hypersensibles parmi vous). 

Petit topo accessible même aux allergiques aux maths (vous allez voir comme c’est parlant): l’intégrale correspond à une valeur de surface. La surface accumulée sous une courbe pour aller d’un point a à un point b (allez sur l’article du blog si vous avez besoin de visualiser pour comprendre). Comment on calcule l’intégrale? En revenant à la primitive, la source qui a donné cette surface au fil du temps en quelque sorte…et on l’obtient en faisant la différence de la primitive au moment b avec la primitive au moment a.

aimer sa vie   

 

Bref, tout ça pour dire quoi?

 

Ce qui compte, c’est bien le chemin…

 

pas tant d’où l’on vient ni où l’on en est aujourd’hui. Rien de nouveau sous le soleil, mais visualiser l’ensemble de sa vie comme de la matière accumulée précieusement au fil des expériences, quelles qu’elles soient, c’est parvenir enfin à considérer qu’on est un tout qui n’a pas à choisir entre les bons ou les mauvais côtés de sa vie. 

 

Toute ma vie est une surface de tissu qui se déploie pour continuer à m’amener jusqu’au prochain point: rien n’est à jeter dans le passé, même le pire… car si je supprime un point de la surface, elle se déchire et je devient fragmenté.

On parle bien là d’intégration: faire de nos histoires un moyen de se vivre mieux. Aparté pour ceux à qui on a bien fait comprendre subtilement ou frontalement qu’il valait mieux se taire: les temps changent et chaque histoire mérite d’être racontée avec le courage du coeur, personne ne peut savoir à ta place ce que tu portes en toi ni ce que tu rêves.

 

Chacun connaît le vice de la comparaison qui nous sort de nous-même pour aller regarder la courbe de vie des autres et ne plus savoir quoi penser de notre vie. Ou bien espérer atteindre un jour tel ou tel état ou but, sans se mettre vraiment en mouvement.

 

Rien ne sert de comparer en vain: même point d’arrivée mais chemin tellement différent, mêmes expériences intégrées mais origines dissemblables… (même allure de courbe mais surfaces sous-jacentes différentes, même point de départ a mais courbe s différentes jusqu’au point b etc) 

 

Sachons d’où nous venons pour plus d’indulgence sur le chemin que nous avons déjà parcouru. Qu’on ait la sensation d’être empêché, de stagner, qu’on soit dans un tourbillon galvanisant: on est en vie tant qu’on est en mouvement.

Sachons aussi reconnaître que nos difficultés à discerner existent aussi chez les autres, personnellement c’est ce qui m’aide à dédramatiser et éviter de nombriliser…

Rien n’est grave tant qu’on ne se prend pas trop au sérieux, non?

 

Aimer l’intégrale de sa vie: aimer et goûter la différence d’expérience entre mon origine primitive et ma renaissance d’aujourd’hui, de chaque instant.

 

Voilà , cette lettre juste pour te dire que tout événement prend le sens qu’on veut lui accorder et que ta vie mérite que tu la considères comme aussi belle et valable que tout autre. Tous pareils tous différents en somme. 

 

Sur ce, je retourne à mes sons, mon arc, mes carnets… et les maths!

marion dorval

 

 

Des repères pour trouver sa voie

 C’est à la mode : il faut trouver sa voie, sa mission, sa vocation. La réalisation personnelle ne passe plus seulement par le fait d’avoir un travail satisfaisant, mais un métier qui valorise le bonheur, l’altruisme, la bienveillance… et j’en passe. De quoi faire passer ceux qui se contentent de travailler pour gagner leur vie.

 

Redonner au travail sa place

 

Cette quasi-injonction à avoir un métier qui a du sens, qu’est-ce qu’elle dit de nous ?

Nous cherchons à trouver dans le travail une voie d’accomplissement presque total. Nous culpabilisons ou nous faisons culpabiliser les autres si notre travail ne nous permet pas d’incarner toutes les valeurs auxquelles nous aspirons.

Redonnons sa place au travail, plutôt que vouloir lui demander de combler toutes nos aspirations.

Pour ceux d’entre nous qui sont hypersensibles, idéalistes, perfectionnistes, il s’agit de faire le deuil du travail idéal. Non pas pour renoncer à s’épanouir professionnellement, mais plutôt pour se libérer de la pression pour « trouver sa voie ». Le métier que nous exerçons a le sens que nous lui donnons.

Ne nous laissons pas influencer par l’image que la société veut nous imposer de tel ou tel travail. Nous sommes libres de décider ce que représente le travail pour nous.

Et surtout, rappelons-nous que nous ne sommes pas notre travail : s’identifier à son métier, c’est tantôt se sentir inférieur, tantôt se croire obligé d’aller toujours plus loin, au risque de se dévaloriser… ou bien de faire un burn-out.

 

Trouver sa voie, qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

Souvent, cela veut dire :

  • se sentir à sa place dans son travail
  • se sentir reconnu, estimé, valorisé au niveau professionnel
  • s’épanouir et s’accomplir, aimer ce que l’on fait

Tout ça reflète des besoins :

  • plaisir
  • reconnaissance
  • évolution

Ces besoins peuvent se trouver ailleurs que dans le travail : dans la sphère privée, associative, de loisirs… il est possible de venir combler une part de ces besoins. Cela évite de s’en demander trop lorsqu’on est au travail. Cela évite de demander au travail de satisfaire tous ces besoins.

Comme vous le voyez, il s’agit davantage de trouver un équilibre entre les différents domaines de sa vie.

  • Qu’est-ce qui vous donne déjà le sentiment d’être satisfait ?
  • Dans quoi trouvez-vous du plaisir ?
  • Qu’est-ce qui vous rend fier ?
  • Où vous sentez-vous à votre place, en présence de quelles personnes ?

Prendre le temps de se poser ces questions, c’est indispensable pour éviter de courir en vain après le métier parfait.

En veillant à garder vivantes les expériences où nous nous sentons « bien », nous pouvons trouver notre voie véritable, c’est à dire notre chemin de vie. Unique et donc incomparable à celui des autres. Ayons confiance dans nos possibilités de créer notre propre voie.

 

Hypersensible, introverti : quel métier est fait pour moi ?

 

Si vous êtes de nature hypersensible ou perfectionniste, il y a fort à parier que vous ayez envie d’avoir un travail qui vous stimule mais vous préserve aussi des hauts et des bas. Pour ça, il n’y a pas de métier idéal, autant le dire tout de suite.

Par contre il y a :

  • la réalité d’un travail avec son degré de responsabilité, ses horaires, sa dimension relationnelle, ses contraintes de trajet, ses possibilités d’évolution… autant de critères objectifs qui peuvent vous aider à décider si cela respecte votre fonctionnement, si vous pouvez vous adapter dans les limites qui sont les vôtres. Là encore, pensez à ce dont vous avez besoin et ne tentez pas de cocher toutes les cases : les contraintes existent toujours.
  • Et il y a la perception que vous avez de ce travail… donc la façon dont vous allez entrevoir les contraintes… mais aussi les opportunités d’évolution qui pourraient vous faire peur. La manière dont nous nous projetons est de notre responsabilité. Nous avons moyen de contrôler cela. En arrêtant de se croire limité parce qu’on nous a fait croire que ceci ou cela n’était pas fait pour nous, en cessant d’éviter toute prise de risque par peur d’échouer, nous pouvons déployer notre potentiel.

 

Pour y parvenir, c’est très simple : il est nécessaire

  • de croire en soi pour oser aller vers ce qui nous attire
  • d’avoir les idées claires pour être plus créatif dans sa propre vie

Cela revient à cultiver au quotidien une attitude bienveillante envers soi. Pas bisounours ou compatissante. Plutôt un comportement qui nous ferait agir comme si nous étions notre meilleur ami, en nourrissant notre besoin de nous faire plaisir, d’être dans la joie, l’ouverture.

 

Le présent est ce que nous en faisons. Trouver sa voie n’est pas un chemin de croix, c’est poser un pas après l’autre en se respectant profondément et en donnant une chance à ses rêves de se réaliser.

Quand nous vivons dans une confiance humble et que nous cultivons notre ouverture d’esprit, alors nous sommes plus réceptifs à ce que la vie nous propose come choix.

Nous pouvons décider en suivant davantage notre petite voix et installer en nous ce sentiment puissant d’aller vers ce qui a du sens pour nous.

Vouloir faire toujours mieux

Cher toi,

tu sens souvent que ta valeur est mise en jeu.
Tu aimes peut-être l’idée de challenge.
Et tu t’en donnes même, des challenges, dans les situations banales, qui n’ont a priori aucun enjeu.

Tu crois qu’il va falloir que tu sois à la hauteur.

Penser ainsi, te mettre à l’épreuve, c’est un bon moyen de te prouver ta valeur à toi-même. Tu en as besoin pour mettre un peu d’adrénaline dans ta vie, te sentir capable, te dépasser.

J’ai été comme toi, je sais comme le goût de la performance est agréable ! On a littéralement besoin de ce shoot pour se sentir en pleine possession de ses moyens.

 

Pourtant, cela peut aussi nous paralyser.

La peur de ne pas être à la hauteur. De faire moins bien que ce qu’on aurait imaginé. Perfectionnisme ?

La peur au point de finalement tout laisser tomber, plutôt que de réussir à moitié.

Autosabotage ? En ce qui me concerne, je parle plutôt d’orgueil mal placé. Il est tellement plus difficile de reconnaître qu’on n’atteindra pas la perfection visée, que de ne pas agir sous prétexte que ce n’est pas le bon moment, qu’on n’est pas encore prêt etc.

Pourtant, cela peut aussi nous illusionner.

 

 

Réussir est plaisant sur le moment.

Oui, il y a un vrai plaisir à s’accomplir dans une performance.

Mais après ?

Après, c’est fini. C’est la redescente : plus rien à prouver… est-ce qu’on vaut encore quelque chose finalement ? Qu’est-ce qu’il faudra la prochaine fois pour récolter la preuve de notre valeur ? Est-ce que finalement c’était suffisamment bien ? Et nous voilà déjà projetés dans un futur où nous devrons encore réaliser d’autres exploits pour « progresser », « évoluer ».

 

A qui cherchons-nous à prouver quelque chose en recherchant la performance ? A nous, surtout… qui pensons devoir nous dépasser pour être valables, dignes d’être aimés, reconnus, acceptés. Comme si cela dépendait de quelque chose extérieur à nous.

 

Et s’il était possible de garder le goût du challenge, tout en nourrissant le besoin d’être cool envers soi ?

Ce besoin qu’on appelle aussi la bienveillance, il nous permettrait de pouvoir vivre l’expérience.

Plutôt que la performance, pense « expérience ».

Vois la différence : tu peux faire des hypothèses mais tu n’as pas de garantie de résultat. La peur de l’inconnu est là mais tu ne mets pas en jeu ta valeur : tu essaies.

Tu peux rater, comme c’est une expérience. Cela ne remet pas en cause tes capacités.

Tu peux aussi être surpris, y compris dans le bon sens.

 

Pense expérience.

Tu pourras profiter plus pleinement de l’instant présent au lieu de penser constamment à être parfait.

Tu pourras te sentir davantage relié aux autres plutôt que rester centré sur ta performance. Partager ce moment et donc transformer un petit plaisir personnel en partage bienfaisant, en te sentant reconnu pour ce que tu es et non uniquement ce que tu fais.

Tu pourras nourrir en toi de la joie, pas un plaisir fugace, en réalisant que tout est juste, quel que soit le résultat. Plus de ruminations et d’autoflagellations. Plutôt un sentiment qui se renforce au fil des expériences: celui que tu peux prendre des risques, déployer ton potentiel en te sentant plus en confiance.

Tu pourras te détacher du résultat en gardant un regard plus ouvert sur les autres possibilités, si jamais tu veux retenter l’expérience. Finie la culpabilité et les pensées en tout ou rien du type « j’ai pas réussi, je suis nul donc je ne retenterai pas, ce n’est pas pour moi ».

 

C’est sûrement ça le lâcher prise : s’autoriser à expérimenter, sans attendre rien de spécial, en s’aimant sans que cela dépende de l’issue de nos essais.

Voilà cher toi, j’espère que ces quelques mots auront résonné quelque part en toi.

Alors, ta prochaine expérience, c’est quoi ?

Créativement,

perfectionnisme

PS: pour vivre une expérience qui t’autorisera à être toi-même: