Voie de reconversion: Jessie, de prof à sophrologue

Comment se sortir du burnout grâce à la sophrologie ?

Comment se reconvertir après un burnout ?

Comment mieux vivre son métier d’enseignant grâce à la sophrologie ?

J’ai fait la connaissance d’une personne qui possède à elle seule toutes les réponses à ces questions : Jessie Casteill, sophrologue et Formatrice professionnelle en présentiel et en ligne. Elle est très bien placée pour nous parler de ces sujets du burnout et de la reconversion, puisqu’elle a été enseignante vacataire de Sciences physiques en collège et lycée.

Voici donc ce qu’elle nous partage aujourd’hui  – NDLR : interview réalisée en décembre 2015.

 Qu’est-ce qui a déclenché ton désir de reconversion et quelles en ont été les étapes ?

J’ai choisi de changer de voie pour plusieurs raisons :

– physiques :mon corps m’a lâchée au bout de trois mois de mon dernier remplacement. Je travaillais toute la semaine au collège et au lycée, je n’avais pas de préparateur labo, c’était la première fois que j’avais autant de niveaux scolaires différents. Je démarrais à peine dans la profession ! Le soir je préparais les cours, le week end également, je ne faisais plus que travailler. Ce métier d’enseignant est très physique je déplaçais le matériel, rester souvent debout, devais gérer la classe. Je ne connaissais pas suffisamment d’astuces pour me préserver et je me suis fait aspirer dans mon propre jeu de vouloir trop en faire. Je me revois dans la salle de labo, avec tous ces produits chimiques qui puaient, entrain de sentir au fond de moi-même une boule au ventre et une petite voix qui me hurlais « tu n’es pas faite pour être ici ». Je marchais avec mes sacs le matin en marchant à reculons, j’entendais au loin les bruit de la cours de récréation, je n’avais tellement pas envie d’y être.

– l’envie de découvrir autre chose : toute ma vie je n’avais fait que des actions se rapportant à l’école. Collège, lycée, fac, prép. capes, enseignement. J’avais envie de découvrir d’autres univers, et me connaître vraiment. Qui étais-je ?

– le manque de positif: je trouve l’environnement scolaire stressant, négatif, et à l’encontre de l’épanouissement de soi. C’est un avis personnel bien sûr, et influencé par le burn out que j’y ai fais. Certaines pers s’y sentent très bien.

– apporter un sens à ma vie: développer des actions qui sont le fruit de ce que je suis réellement, mes aspirations profondes, et non pas quelque chose dans laquelle je suis douée mais où mes valeurs ne s’y retrouvent pas comme c’était le cas dans les sciences physiques.

 

Comment as-tu réussi à trouver ta nouvelle voie ?

J’ai rencontré un jour dans un salon de bien-être une Sophrologue. Je lui ai posé quelques questions sur la Sophrologie, et c’est comme ça que j’ai eu envie de devenir Sophrologue.

Une image très forte qui me revient, c’est dans la salle des profs, je regardais les formations pour devenir Sophrologue. J’avais envie de me lancer.

Et c’est au cours de la formation de Sophrologie, quand j’ai ressenti tous les bienfaits sur mon corps et dans ma vie que m’avaient apportés la Sophrologie que j’ai eu envie d’en faire véritablement mon métier.

 

 

Quels sont les aspects de ton métier actuel qui font que tu ne reviendras pas en arrière pour redevenir enseignante ?

J’ai envie de répondre en évoquant les valeurs les plus importantes pour moi.

Le respect de son corps et de son rythme biologique : je choisis mes horaires, me repose quand j’en ai besoin, travaille à l’heure que je
prend mes vacances quand mon corps le décide et non quand le système l’impose. Je suis assise, aide une personne ou un groupe qui sont l’énergie dépensée n’est pas du tout la même, qu’est-ce que je me sens épanouie, bien, équilibrée, posée dans ma vie.

Je suis alignée entre ce que je fais, et ce que je suis : cela m’est fondamentalement plus important que d’aider les jeunes à comprendre de la physique chimie.

Les réseaux : je rencontre des millions de gens qui travaillent sur le net, j’ai aidé des tas de gens de tout âge, des enfants, des ados, des adultes.

La possibilité d’évolution : j’ai énormément de possibilités de travail. La Sophrologie peut s’insérer dans tellement de branche différentes (entreprises, en ligne, séances en cabinet, en groupe…) c’est gigantesque.

Comment s’est manifesté ton burn out et qu’est-ce qui t’a aidé à t’en remettre ?

Les souvenirs que j’en ai : me doucher assise, d’épuisement. Pleurs à répétition sans savoir pourquoi. Perte de repères, plus arriver à travailler. Dégoût des élèves, de la matière, de l’établissement. Arrêt de travail par ordre du médecin.

Ce qui m’a aidée :

– Voir et faire d’autres métiers: stages dans les écoles primaires, pédagogie alternative, directrice de colonie de vacances scientifiques, formatrice BAFA, animatrice scientifique… ça m’a ouvert l’esprit.

– travailler sur moi: pratiquer de la Sophrologie, du coaching, de la psychothérapie positive

De quelle manière cela a-t-il influencé ta décision de te reconvertir ?

Quand j’ai arrêté l’enseignement, j’ai fait une dépression. Je me suis retrouvée seule chez moi, à ne pas quoi savoir faire de ma vie. Tous les gens autour de moi qui partais travailler. Je ne savais pas à l’époque que c’était le début d’un rebondissement extraordinaire, et que prendre le temps pour découvrir qui on est vraiment, quels sont nos besoins, nos aspirations profondes ça fait décupler son bonheur ensuite, et ce qui fait que chaque matin j’ai envie de me lever, j’adore mon job, je suis fière de

la personne que je suis devenue aujourd’hui.

Avec le recul sur ton parcours, ainsi que ton expérience de praticienne, quels conseils ou exercices pratiques peux-tu donner aux enseignants stressés susceptibles d’être concernés par le burn out ?

Je vais donner deux conseils, et vous faire tester un exercice de Sophrologie.

Conseils :
- Chercher l’équilibre. Souvent les personnes qui souffrent de burn out sont des gens qui en font beaucoup trop, et qui s’oublient dans leur travail. Souvent ce sont à la base des gens qui aiment ce qui font. Donc si vous voulez arriver à garder votre travail et ne pas en être dégouté comme j’ai pu l’être, vous devez tout simplement vous reconnecter avec vous-même. Faire attention en permanence à votre état interne. Vous devenez ainsi attentif à votre baromètre interne et vous pouvez relâcher la pression avec des exercices de gestion du stress, avec du repos, avec des activités pour garder votre équilibre. a se travaille mais c’est possible.

Faites vous confiance : Si vous vous faites confiance, vous n’aurez pas besoin d’en faire autant pour sentir au fond de vous que vous avez fait du bon travail. Vous pourrez en faire moins, et être tout autant satisfait et ainsi vous vous préserver et vous éviter l’épuisement. Se faire confiance ça s’apprend. Ca ne se fait pas en une seule fois, et ça s’entretient. C’est ce qui m’a donné envie de faire un programme en ligne sur la confiance en soi, qui retrace tous les meilleurs outils que j’ai utilisés tout au long de ces années et qui font qu’aujourd’hui j’ai un équilibre dans ma vie et dans mon travail, que je suis plus productive, et que j’arrive à lever le pied. 9 étapes pour booster sa confiance en soi.

 

En quoi la Sophrologie peut-elle aider les enseignants en piste de reconversion ?

Pour retrouver son équilibre. Se reconnecter fondamentalement avec soi, afin de percevoir ses besoins physiologiques. Libérer le mental des pensées parasites, gérer son stress, améliorer son sommeil, mais surtout reprendre confiance en soi pour ne pas avoir besoin de travailler autant pour être heureux. du coup on en fait plus en moins de temps, et on en libère pour prendre soin de soi.

Je vous invite à pratiquer la Sophrologie dans mon programme 9 étapes pour booster sa confiance en soi, et un plus complet sur comment retrouver son équilibre qui est un accompagnement de 6 mois avec une vidéo par semaine à pratiquer. C’est pas énorme en temps d’investissement et ça peut vous changer votre vie.

Pour conclure, je vous souhaite à tous de trouver votre équilibre interne et aussi de vous trouver à la place que vous avez vous même construite.

 

Merci à Jessie Casteill pour cet échange! 

Voie de reconversion: Christelle, de l’audit financier à prof puis autrice jeunesse & culinaire

Aujourd’hui, je souhaite partager avec vous le parcours de Christelle Huet-Gomez.

NDLR : Interview de 2015

Elle a exercé différents métiers et a réussi sa reconversion d’enseignante pour devenir auteure jeunesse et culinaire : elle tient un blog de pâtisserie (qui personnellement me fait saliver à chaque fois que j’y fais un tour), écrit des livres de cuisine ainsi que de la littérature jeunesse qu’elle illustre également. Un créneau qui, je le sais, intéresse bon nombre d’enseignants en recherche de reconversion. Son témoignage montre que c’est encore possible, dans ce contexte de crise, de réussir dans la voie de l’écriture. Du talent, du travail, voilà sans doute les clés de son succès. NDLR: interview réalisée en 2015

Pouvez-vous nous présenter votre métier actuel  et ce qui vous a menée là ?

Aujourd’hui, j’écris des livres pour enfants et des livres de cuisine. A ce jour, j’ai publié une soixantaine de livres pour enfants et 5 livres de pâtisserie. J’ai écrit une première histoire pour ma fille aînée il y a maintenant 7 ans. J’ai tellement aimé écrire cette histoire que je l’ai tout de suite envoyée à de nombreux éditeurs. J’ai ensuite continué d’écrire sans cesse jusqu’à obtenir enfin un “oui”. Cela a pris un an environ. Ensuite, tout s’est enchaîné. Concernant la cuisine, j’ai ouvert un blog de pâtisserie en avril 2013 et j’ai monté un projet de livre en septembre de la même année. Pour moi, c’était une suite logique. Le projet a été accepté et je travaille depuis de façon régulière avec le même éditeur.

Qu’est-ce qui a fait que vous avez voulu vous reconvertir et comment avez-vous choisi l’enseignement puis l’écriture ?

Avant d’enseigner, je faisais de l’audit financier. J’ai eu envie d’enseigner car j’avais besoin de me sentir utile. J’ai donc passé mon CAPES d’histoire-géographie (j’étais inscrite en fac d’histoire par correspondance depuis 3 ans). Je suis restée professeur pendant 5 ans, toujours dans des collèges et toujours en ZEP (c’était un choix, j’aimais travailler en ZEP). Je n’ai pas vraiment “voulu” me reconvertir car j’aimais beaucoup mon métier d’enseignante. Mais l’appel de l’écriture a été plus fort encore.

Pourquoi et comment avez-vous quitté votre poste d’enseignante ?

J’ai eu envie de tenter l’aventure de l’écriture à plein temps. Je me suis donné un an pour ça. J’avais alors pris une disponibilité. Si cela n’avait pas fonctionné, je serais retournée à l’éducation.

Est-ce que vous avez suivi une formation, reçu des aides de la hiérarchie (au niveau financier ou autre) ? Comment avez-vous financé vos projets?

Je n’ai rien reçu, mais je n’ai rien demandé non plus ! J’aurais peut-être dû, je n’ai jamais pensé que des aides pouvaient exister (surtout pour devenir auteur)… Quand j’ai pris cette année de disponibilité, j’étais encore mariée, c’est donc mon mari qui subvenait aux besoins de la famille. Ensuite, j’ai pu gagner ma vie grâce à l’écriture. Je n’ai pas suivi de formation.

Aujourd’hui, quel regard portez-vous sur la période où vous étiez enseignante ? Est-ce qu’il y a des aspects de ce métier qui vous manquent?

J’aimais énormément mon métier et certains aspects me manquent : les élèves, les collègues… Aujourd’hui, j’interviens parfois dans les classes pour présenter mon travail. Ça me rappelle mon ancien métier et j’y trouve toujours beaucoup de plaisir. Les élèves me manqueront toute ma vie je pense, je les aimais vraiment beaucoup. Par contre, les corrections de copies et les conseils de classe ne me manquent pas du tout !

Qu’est-ce que vous préférez dans votre travail actuel ?

La liberté ! J’ai une totale liberté d’organisation, je travaille en grande partie à la maison et j’adore ça. J’ai des horaires souples qui me permettent de m’occuper de mes 3 enfants. Mes deux métiers correspondent à mes deux passions, j’ai beaucoup de chance.

Quels conseils pourriez-vous donner à quelqu’un qui n’ose pas franchir le pas pour se reconvertir en dehors de l’enseignement ? Et pour un enseignant qui souhaite devenir auteur en littérature jeunesse ou dans le domaine culinaire?

Le meilleur conseil à donner, c’est de travailler sans relâche pour atteindre son but et de ne jamais se décourager. Je dis souvent que j’ai de la chance, mais en réalité j’ai énormément travaillé pour pouvoir vivre aujourd’hui de ce qui me passionne. En ce qui concerne l’écriture plus précisément, cela peut être décourageant car les places sont chères et il faut souvent accepter d’innombrables refus avant de commencer à publier. D’ailleurs, ce n’est jamais gagné car, même après des années, le taux de refus reste très élevé ! On ne sait jamais à l’avance si un texte sera publié ou pas.

Merci beaucoup à Christelle d’avoir pris le temps de répondre à ces questions, on lui souhaite plein de succès pour ses prochaines publications.

Voie de reconversion: Jean-Baptiste, de prof à éditeur de partitions

Quand on a une passion, on ne la quitte pas comme ça ! Après l’avoir transmise pendant douze ans dans des établissements du secondaire, Jean-Baptiste Voinet s’est investi dans un travail minutieux et précieux : l’édition de partition. Un tournant bien préparé pour une démission il y a deux ans. Retour sur un parcours cohérent et réussi.

J’ai « rencontré » Jean-Baptiste sur la toile via ses interventions sur un forum dédié aux enseignants du primaire, puis j’ai découvert son site et son travail.  NDLR: interview datant de septembre 2014

Qui est-il ?

Enseigner la musique, ce n’est pas seulement préparer ses cours et les faire évoluer. La musique demande une pratique personnelle régulière, quel que soit le domaine de prédilection du professeur : voix, instrument, les deux sont souvent requis pour faire classe efficacement. C’est avec enthousiasme et professionnalisme que Jean-Baptiste s’est investi pour l’Education Nationale durant ses années d’enseignement. Agrégé de musique, il se tourne rapidement vers l’informatique musicale afin de développer les ressources nécessaires à ses cours : des partitions des morceaux abordés en classe. Très vite, il crée un premier site de partitions.

Son parcours de reconversion : un tournant bien préparé

C’est entre autres suite à des problèmes de cordes vocales queJean-Baptiste, contraint de délaisser la voix chantée lors de ses cours, a décidé de se consacrer pleinement à ce qui le bottait depuis toujours : l’écriture et l’arrangement de partitions. Ce travail minutieux, chronophage, a pris une part de plus en plus importante dans sa vie. C’est alors qu’il a décidé de travailler à mi-temps et de développer son activité liée aux partitions. Il a choisir le statut d’auto-entrepreneur et monté plusieurs sites de création de partitions. Finalement, en 2012, il a démissionné pour pouvoir poursuivre son projet dans les meilleures conditions grâce à l’Indemnité de Départ Volontaire (IDV). Son auto-entreprise est alors passée au statut d’entreprise puis de société.

Aujourd’hui : un webmaster, plusieurs passions

Son site est très fourni en terme de contenu : on y a accès à un nombre conséquent de partitions libres de droit ou inédites, remises en forme, adaptées selon les besoins. De l’accompagnement piano à la mise en voix polyphonique, tout y est ou presque ! Et si vous ne trouvez pas votre bonheur, Jean-Baptiste vous propose de vous le mettre en ligne. Réactif et rigoureux, il produit pas moins de    partitions par semaine, toujours dans le respect des règles de diffusion des œuvres musicales.

Mais le site ne se contente pas d’être un bon fournisseur de partitions : il permet aussi de contribuer à sa façon, soit en partageant des partitions, soit en commentant des articles ou en participant au forum. Ce dernier est dédié aux questions sur l’enseignement musical et la musique en général. On y trouve également un blog dans lequel Jean-Baptiste nous fait part de ses découvertes et réflexions sur la musique. Il dispense également des cours de solfège en ligne. Personnellement, en tant qu’enseignante passionnée de musique, j’y ai trouvé des pistes intéressantes pour mener un travail en classe, des références commentées de logiciels musicaux, de nouveaux angles pour envisager l’enseignement musical. Je pense que la force de son site est donc de combiner une offre importante (qui peut être élargie si l’on devient membre) et une plate-forme d’échanges très active.

Une reconversion réussie

Son emploi du temps est bien plus chargé qu’il n’y paraît insérer. Jean-Baptiste appartient à la catégorie des travailleurs à domicile, ceux qui se la coulent douce aux yeux de l’extérieur, mais qui sont en réalité bien souvent des travailleurs acharnés. Si aujourd’hui on peut constater qu’il a totalement réussi sa reconversion, il convient de reconnaître qu’il n’a pas ménagé ses efforts. Cette réussite est le fruit d’un travail de longue haleine, un travail de fourmi.

Aimer l’intégrale de sa vie

Quand nous saurons regarder nos errances, 

nos envolées, nos plateaux, nos pieds dans la boue

Sans envisager de plan B pour repartir d’un nouveau point A

Alors peut-être sous la surface ainsi constituée

la matière accumulée tout le long du chemin

deviendra un fil soutenant plutôt que des parcelles fragmentées, 

peut-être aimerons-nous l’intégrale de notre vie.

 

Tout embrasser sans avoir honte de qui nous avons été, de ce que nous avons traversé, enduré.

 

J’aime la poésie des mathématiques parce qu’elle permet de rationaliser les événements sans laisser le mental jouer avec les émotions, sans refaire l’histoire en y voyant des signes pour se rassurer ou se complaire dans une position de victime.

 

C’est ce qui m’arrive parfois, alors je prends mon crayon et je calligraphie une intégrale de maths pour calmer ces questions récurrentes:

 

Pourquoi devrait-on avoir honte d’un moment plutôt que d’un autre, pourquoi vouloir cacher certaines périodes et en glorifier d’autres?

 

Comment cesser de vouloir toujours comprendre alors qu’il y a surtout à vivre et se laisser être pour exister?

 

La notion d’intégrale nous aide à comprendre celle du chemin parcouru, à ne pas tout remettre en question à la moindre anicroche, à ne pas cultiver une vision limitante de nous-même. (et oui, cela concerne entre autres les hypersensibles parmi vous). 

Petit topo accessible même aux allergiques aux maths (vous allez voir comme c’est parlant): l’intégrale correspond à une valeur de surface. La surface accumulée sous une courbe pour aller d’un point a à un point b (allez sur l’article du blog si vous avez besoin de visualiser pour comprendre). Comment on calcule l’intégrale? En revenant à la primitive, la source qui a donné cette surface au fil du temps en quelque sorte…et on l’obtient en faisant la différence de la primitive au moment b avec la primitive au moment a.

aimer sa vie   

 

Bref, tout ça pour dire quoi?

 

Ce qui compte, c’est bien le chemin…

 

pas tant d’où l’on vient ni où l’on en est aujourd’hui. Rien de nouveau sous le soleil, mais visualiser l’ensemble de sa vie comme de la matière accumulée précieusement au fil des expériences, quelles qu’elles soient, c’est parvenir enfin à considérer qu’on est un tout qui n’a pas à choisir entre les bons ou les mauvais côtés de sa vie. 

 

Toute ma vie est une surface de tissu qui se déploie pour continuer à m’amener jusqu’au prochain point: rien n’est à jeter dans le passé, même le pire… car si je supprime un point de la surface, elle se déchire et je devient fragmenté.

On parle bien là d’intégration: faire de nos histoires un moyen de se vivre mieux. Aparté pour ceux à qui on a bien fait comprendre subtilement ou frontalement qu’il valait mieux se taire: les temps changent et chaque histoire mérite d’être racontée avec le courage du coeur, personne ne peut savoir à ta place ce que tu portes en toi ni ce que tu rêves.

 

Chacun connaît le vice de la comparaison qui nous sort de nous-même pour aller regarder la courbe de vie des autres et ne plus savoir quoi penser de notre vie. Ou bien espérer atteindre un jour tel ou tel état ou but, sans se mettre vraiment en mouvement.

 

Rien ne sert de comparer en vain: même point d’arrivée mais chemin tellement différent, mêmes expériences intégrées mais origines dissemblables… (même allure de courbe mais surfaces sous-jacentes différentes, même point de départ a mais courbe s différentes jusqu’au point b etc) 

 

Sachons d’où nous venons pour plus d’indulgence sur le chemin que nous avons déjà parcouru. Qu’on ait la sensation d’être empêché, de stagner, qu’on soit dans un tourbillon galvanisant: on est en vie tant qu’on est en mouvement.

Sachons aussi reconnaître que nos difficultés à discerner existent aussi chez les autres, personnellement c’est ce qui m’aide à dédramatiser et éviter de nombriliser…

Rien n’est grave tant qu’on ne se prend pas trop au sérieux, non?

 

Aimer l’intégrale de sa vie: aimer et goûter la différence d’expérience entre mon origine primitive et ma renaissance d’aujourd’hui, de chaque instant.

 

Voilà , cette lettre juste pour te dire que tout événement prend le sens qu’on veut lui accorder et que ta vie mérite que tu la considères comme aussi belle et valable que tout autre. Tous pareils tous différents en somme. 

 

Sur ce, je retourne à mes sons, mon arc, mes carnets… et les maths!

marion dorval