Observer, ce don de l’émerveillement

Observer, ce don de l’émerveillement – Eloge de l’observation

observer émerveillement zen

 

La vie nous enseigne que le monde est source d’apprentissages. C’est lui qui nous ramène au cour de nous-même, à ce qui fait notre essence. Un effet miroir permanent que nous filtrons au fil de nos expériences et qui nous mène à construire, déconstruire, reconstruire, nos représentations sur notre figure, celle des autres, celle du monde.

Qui sait si l’observation ne serait pas la clé fondamentale pour évoluer?

Dans ce qui suit, l’objet de l’observation pourra être, selon ce qui résonne chez vous:

  • un objet physique
  • une personne, y compris un animal, un végétal, un minéral
  • un paysage, un ensemble de constructions
  • un comportement chez soi ou chez les autres
  • une émotion, un sentiment chez soi ou chez les autres
  • un mouvement chez soi ou chez les autres
  • un débit de voix, un timbre, une mélodie, un rythme, émanant de soi ou d’autrui
  • une pensée, une réflexion, une philosophie, un dogme, une information…

Par ailleurs, j’entends par observation une activité qui consiste à se rendre disponible pour entrer en lien avec l’objet de l’observation. C’est loin de se limiter à un contact visuel! Regarder avec ses yeux est la première chose à laquelle on pense, mais ici je vous invite à observer:

  • avec tous vos sens, donc observer devient une expérience sensorielle (de goût, d’odorat, de toucher, d’ouïe, et bien sûr la vue)
  • avec votre coeur, donc observer devient une expérience spirituelle (ressentir pleinement ce qui se passe en soi, sans s’y attacher ni l’analyser)

Il s’agit de prendre contact en se mettant en conditions de réception active et la plus complète possible.  Vous aurez peut-être, spontanément, envie de penser au mot «  écouter » plutôt qu’observer. Observer, se mettre à l’écoute de la vie, prenez ce qui vous parle.

Les qualités développées par l’observation me semblent révéler à quel point cette activité est cruciale à notre époque pour nous ramener dans l’ici et maintenant, au contact de la vie et non dans l’illusion de ses avatars (distractions qui nous empêchent de vivre ce qui nous tient à coeur, jeux de l’ego sur les réseaux sociaux, conventions sociales qui aseptisent nos relations et réduisent la part de spontanéité).

Observateur, toujours tu prendras ton temps.

Approcher l’objet de son observation exige du temps, par la finalité qu’elle sous-tend. Si j’observe, c’est pour en tirer un enseignement: je veux en savoir plus sur cette chose, cette personne, cette émotion. J’ai besoin de temps pour comprendre comment ça fonctionne, quels sont les différents aspects de la situation. Un peu comme observer un diamant à mille facettes nous prendrait du temps, observer la vie et ses manifestations revient à se poser quelque part et déposer notre regard pour laisser se dévoiler les choses.

Concernant le domaine des émotions, des sentiments, des pensées, nous sommes si pris dans nos réseaux de représentations, dans le flux des informations, que ralentir pour observer devient une priorité. J’ai parfois l’impression que nous sommes tellement submergés par les avis répandus partout à propos de tout, par les sollicitations pour consommer, que c’est un peu comme si nous avions des spots en permanence dans la figure, ou, moins violent, des multitudes d’arcs-en-ciel partout autour de nous. On ne peut pas y voir clair sans discerner, et pour qu’il y ait discernement il faut le temps du silence. Filtrer les couleurs pour mieux en connaître chacune, cela demande une discipline qui s’accomplit dans la durée. Avec l’habitude, on parvient à pacifier son esprit et donc son regard: moins happé par ce qui se passe à l’extérieur, on s’installe dans un rapport plus paisible au temps et surtout on ouvre à l’expérience d’être « avec » l’objet de son observation, sans s’en donner l’illusion (note pour moi-même: facile de se dire je me prends un quart d’heure pour examiner mon émotion du moment : on tombe vite dans le mode « recherche de solution » qui n’est pas une observation, mais une course pour vite supprimer ce qui est désagréable en nous).

Observateur, tu prendras note sans juger ni comparer.

C’est une leçon d’humilité, et il m’est impossible de ne pas penser là aux transmissions des voies telles que celles du budo (arts martiaux et d’éveil venus du Japon: zen, kyudo, judo, ikebana, art du thé…). Quand je me place en tant qu’observateur, j’accepte de reconnaître que j’ai à apprendre. Je fais voeu d’humilité pour quelques instants ou plus, en recevant tout ce que mes sens peuvent noter comme information. Rester dans cette intention, cette posture, vis-à-vis de mes émotions, d’une personne, d’un animal, m’entraîne véritablement à une pleine conscience de l’expérience vivante. Je note, j’absorbe à mon tour ce qui émane de l’autre et me touche. L’expérience d’observation peut être agréable, désagréable, voire neutre: ce n’est pas le moment d’y penser, c’est le temps de recueillir.

Imaginez un photographe observant un oiseau rare et voulant réussir un cliché: mission impossible s’il passe son temps à penser… tout son corps est dans l’intention de capter le meilleur moment, et pour ça rien ne doit parasiter la situation. La pratique de l’observation consciente nous aide à différer nos jugements, nos réactions et donc mieux vivre l’expérience du moment présent. Elle nous offre au fur et à mesure l’accès au plaisir de se placer « près de », de s’approcher d’un phénomène, d’un être, d’une idée, de savourer ce moment de la découverte sans s’attacher à plaquer dessus nos raisonnements. Elle nous laisse en position d’ouverture et simplement, nous aide à entrer en relation avec l’autre plutôt que s’engager tout de suite dans des élucubrations sur « ce que pense l’autre, de moi, de nous », ou « ce que cette émotion dit de moi, de mon futur, de mon passé », « ce que cette idée va m’apporter pour mieux gagner ma vie, pour m’économiser de l’argent, du temps »… Ici il n’est pas question de se projeter: observer c’est découvrir, enlever le voile. C’est ça aussi : laisser les illusions de côté, y compris le petit discours intérieur du mental qui veut nous déconnecter de l’expérience de nos corps et de nos coeurs pour se rassurer avec ses idées toutes faites.

Observateur, tu élargiras ton point de vue sans cesse.

Nous pouvons observer un même objet de près, de loin, à la dérobée, de jour, de nuit.

Dans les détails ou de façon globale.  C’est en particulier utile lorsqu’il s’agit de se faire une idée, un avis à propos d’une situation, d’un courant de pensée. Approcher les concepts et les notions abstraites ne peut se faire en se contentant d’un seul point de vue. Il y a tant de nuances à saisir dans ce que nous voyons, nous vivons. Ce monde moderne est tout entier plongé dans la vision manichéenne et réductrice d’une pensée en tout ou rien: chaque acte ou pensée est bon ou mauvais, une personne a forcément soit tort soit raison, mes émotions sont soit positives soit négatives, mes relations sont épanouissantes ou toxiques… heureusement que tout comme le cercle du yin et yang, nous pouvons distinguer « un peu de tout dans tout ».

Observer nos réactions, nos émotions, celles des autres, observer le comportement d’un animal, c’est s’ouvrir à l’idée que nous aurons un point de vue valable à un instant donné dans une position donnée. Reprenant l’image du photographe, s’il revient le lendemain reprendre la photo d’unpaysage, celui-ci aura irrémédiablement changé, même imperceptiblement. C’est toute la beauté de la nature de nous enseigner que nos observations sont soumises à d’infinies variations. Changer de point de vue, c’est ne pas rester crispé sur une idée, un avis. Ne réduisons pas la circonspection à un aveu de faiblesse ou à une mollesse de l’opinion: construire son avis sur quelque chose, ça se fait progressivement. L’intuition se développe également lorsque nous nous permettons d’observer nos émotions, nos réactions (et celles des autres) sous différents aspects.

Bref, apprendre à observer c’est définitivement élargir sa vision de l’esprit, du corps, c’est embrasser toutes les possibilités en soi et autour de soi. Dans le concret de tous les jours, lorsque nous pratiquons une observation conscient et multifocale, nous développons notre créativité, aussi bien sur le plan concret des réalisations artistiques, que dans nos façons d’interagir avec autrui. Une voie qui amène plus de liberté en soi pour vivre, s’exprimer, penser sans être coincé dans une seule façon de voir les choses, sans être appesanti par du fatalisme ou du déterminisme.

Observateur, tu sauras que regarder est le point de départ de toute évolution personnelle et collective.

Je n’ai pas ici la place pour développer en détails cet aspect.

Simplement, lorsque nous naissons, nous apprenons par imitation. Le mimétisme est un comportement présent chez les espèces animales, végétales: il concourt à un vivre ensemble apaisé, co-créateur, harmonieux. Il s’agit au départ de survivre en adoptant les comportements et les codes nécessaires pour s’intégrer dans le collectif. Nous sommes éloignés de la nécessité de survie telle qu’elle se présentait au début de l’histoire de notre espèce, mais observer nous reste indispensable pour:

  • comprendre les autres
  • se comprendre soi-même
  • communiquer dans la même langue
  • développer son ressenti et donc s’assurer une connexion corps-esprit qui stabilise, qui nous évite d’agir simplement de manière « mentale » en étant emporté par nos peurs et nos préjugés.
  • rester curieux et émerveillé, en somme jouir de la vie!
  • … liste non exhaustive, loin de là!

Un fin observateur connaît par coeur son fonctionnement physiologique et psychique (plutôt utile en cas d’hypersensibilité), et il peut détecter celui des autres. C’est cette approche douce et pleine d’acuité, d’autrui, de soi, de la vie, qui nous aide à créer des liens.

Observer n’est pas une action passive quand elle se fait en conscience, avec émerveillement, dans un appétit de comprendre et d’aller vers: l’autre, la vie, soi-même…

C’est un prélude à la rencontre, à la discussion, au débat. Là vient alors éventuellement s’ajouter l’analyse, la réflexion, la prise de décision.

Mais sans observation, que se passe-t-il?

Les schémas de fonctionnement l’emportent, les mauvaises habitudes, le « zapping », les jugements à l’emporte-pièce, les comportements qui mettent sur un piédestal un jour et détruisent le lendemain… nous sommes si vite emportés par toutes ces illusions quand nous ne nous offrons pas le temps d’être véritablement présent à ce qui se vit, en posture d’observateur ouvert et actif.

Pas d’évolution individuelle ni collective sans le temps de l’observation: échanger avec l’autre, grandir avec l’autre, sont rendus possible lorsque nous lui avons accordé ce temps d’observation neutre, sans jugement, sous différentes facettes, sans le réduire à des idées toutes faites.

Une pratique non violente et zen qui ouvre la voie à la construction d’idées et d’actions prenant en compte l’autre tel qu’il est, dans toute sa complexité, ses contradictions, ses élans et ses moteurs internes.marion dorval

Touchant. Vibrant. Inspirant.

Les mots doux et puissants: l’inspiration pour trouver en soi l’écho intime qui fait avancer et oser.

Merci Marion d’être toi. Ceci m’inspire et j’espère qu’à mon tour, je serai moi de plus en plus…

Merci pour ce que tu es. Te lire est toujours source de joie et structurant pour moi qui doute et m’aime peu.

Tes paroles font tellement écho chez moi… ta sensibilité et tes mots pour l’exprimer me touchent profondément.

Ecrire sur soi pour enfin devenir soi-même

écriture thérapie

Ecrire son histoire pour enfin devenir soi

 

Qui suis-je ? Comment me définir devant les autres ?

Cette question est sûrement de celles qui me fascinent mais aussi celle qui m’agace le plus. Je n’aime pas me définir. Je suis capable d’apporter une réponse très succincte à « qui es-tu ? » comme de parler sans m’arrêter.

ça n’est pas correct.

Les codes sociaux exigent qu’on réponde à cela par le traditionnel alignement des réponses concernant l’âge, la situation familiale, la profession, le lieu de vie, les loisirs… brièvement mais sans se contenter du strict minimum.

Il n’y aura pas mort d’homme si l’on fait autrement.

Mais probablement un léger malaise dans l’assistance qui s’attend à un réponse conventionnelle, qui arrange tout le monde parce qu’on aura joué le jeu.

Et qu’on aura joué le jeu de donner aux autres de quoi se faire une représentation de nous-même. C’est aussi une façon d’amorcer un lien, de construire une relation. Celui qui ne dit rien de lui n’offre pas la possibilité aux autres d’entrer en relation. Je l’ai appris à mes dépens, en croyant me protéger je ne faisais que m’isoler davantage.

J’ai longtemps subi ces questionnements qui me figeaient car j’aurais voulu avoir l’audace de répondre librement, tout autant que je craignais terriblement d’être rejetée si je ne m’alignais pas sur le fonctionnement des autres. Je n’avais pourtant rien de spécial à revendiquer, rien à cacher non plus. Cette question est trop pesante, elle demande de résumer tout son monde, toute sa vie, en une petite phrase. Même sans verser dans la mégalomanie, elle fige parce qu’elle ne nous permet pas de prendre le temps de réfléchir à comment l’on veut se présenter au monde.

Pour retrouver cette liberté de choisir sa façon d’exister aux yeux des autres, l’écriture est une alliée de taille.

 

Ecrire le récit de soi, c’est à dire adopter une pratique d’écriture qui permet de se raconter sans censure, c’est tout d’abord retrouver ces espace-temps où l’on peut se livrer sans retenue. Parler de soi avec ses propres mots est alors un remède à bien des maux. Personne pour nous interrompre, personne pour nous fusiller du regard si la page reste blanche. Cette création entre soi et soi-même, c’est l’occasion de se fabriquer un cadre sécurisant, bienveillant, où tout est permis, en accord avec notre nature profonde.

 

Que ce soit par l’art du journal, de l’autobiographie, de l’écriture épistolaire, écrire à partir de soi et sur soi libère la créativité d’une façon bien différente qu’avec les pratiques conditionnant un résultat esthétique. Ici, nul besoin d’atteindre un certain nombre de pages, d’adopter un style particulier, de faire des effets de sens, de vouloir plaire. C’est le retour à la spontanéité et l’occasion d’enfin porter un regard doux sur soi, d’accomplir un acte digne apportant une satisfaction toute simple et pourtant ô combien réconfortante et joyeuse.

Ecrire pour soi, c’est avant toute chose prendre en charge son histoire.

Quand j’écris, je porte ma voix sans laisser personne d’autre parler à ma place. Nous existons à travers le regard des autres, que nous le voulions ou non. Chacun grandit en construisant une multitude de récits sur lui-même, sur les autres, sur le fonctionnement des relations, avec pour support les représentations sociales donc systémiques apportées par l’environnement familial, social, éducatif dans lequel nous avons grandi et où nous continuons d’évoluer. Reprendre le fil de son histoire c’est s’autoriser à la dérouler dans le sens qui nous permet de mieux intégrer nos failles, nos blessures, reconnaître nos victoires et notre beauté. C’est non seulement se soustraire aux diktats (le « ce que je crois que les autres croient sur moi », qui finit par nous définir tellement nous lui laissons la main) mais c’est prendre part activement à la création du sens que nous voulons pour notre vie. Déconstruire les idées que nous avons sur nous-mêmes, décoller les étiquettes qu’on nous a collées (à notre insu ou de notre plein gré) est un acte courageux et nécessaire pour vivre enfin sa vie.

 

Loin d’être une activité égoïste ou narcissique – renarcissisante certes, si l’on en a besoin, car elle restaure l’estime de soi et offre un nouveau regard plein de tendresse sur notre parcours– écrire le récit de soi c’est un premier pas pour s’ouvrir aux autres en se respectant profondément.

Pour tisser des liens authentiques, des relations vivantes, vibrantes, nous avons besoin d’être touchés.

Or, écrire sur soi c’est s’ouvrir sur l’autre, car être dans sa vulnérabilité, c’est se laisser voir, se laisser toucher donc être touché par les autres. En écrivant qui je suis, ce que je ressens, ce que je vis, d’où je viens, d’où je parle et où je souhaite aller, je risque une mise à nu. L’écriture, quand on s’y livre vraiment, ne laisse pas d’autre choix.

Et pourtant, c’est bien ce plongeon qui nous permet de laisser les autres nous voir comme nous sommes véritablement, sans artifice, sans se diminuer. Je ne parle pas là de faire lire ses écrits personnels : il suffit d’entrer dans une pratique toute personnelle du récit de soi pour constater au long cours, que notre regard sur les autres gagne en ouverture, en tolérance. Nous nous autorisons à parler de nous par petites touches, plus librement, quand nous sommes en confiance. Et offrir un bout de son histoire aux autres, c’est leur donner la possibilité de nous rejoindre là où eux aussi ont peut être été touchés, blessés, émerveillés.

Redonner de la voix à son histoire, être vivant en portant ses stigmates, ses victoires, faire avec en embrassant le tout, sans se sentir coupable mais plutôt libre de faire agir ce récit comme bon nous semble. Un acte à la fois responsable pour ne plus subir son passé et craindre l’avenir, un acte fondateur d’une vie créatrice qui intègre nos différentes facettes et nous fait envisager « je », cet autre, et tous les autres, comme des êtres dignes de se raconter par eux-mêmes.

Faire entendre sa voix est vital, par tous les moyens.

L’écriture aide à vivre, l’écriture relie, l’écriture redonne joie, force, courage.

                             marion dorval

Touchant. Vibrant. Inspirant.

Les mots doux et puissants: l’inspiration pour trouver en soi l’écho intime qui fait avancer et oser.

Merci Marion d’être toi. Ceci m’inspire et j’espère qu’à mon tour, je serai moi de plus en plus…

Merci pour ce que tu es. Te lire est toujours source de joie et structurant pour moi qui doute et m’aime peu.

Tes paroles font tellement écho chez moi… ta sensibilité et tes mots pour l’exprimer me touchent profondément.

Aimer l’intégrale de sa vie

Aimer l’intégrale de sa vie

Quand nous saurons regarder nos errances, 

nos envolées, nos plateaux, nos pieds dans la boue

Sans envisager de plan B pour repartir d’un nouveau point A

Alors peut-être sous la surface ainsi constituée

la matière accumulée tout le long du chemin

deviendra un fil soutenant plutôt que des parcelles fragmentées, 

peut-être aimerons-nous l’intégrale de notre vie.

 

Tout embrasser sans avoir honte de qui nous avons été, de ce que nous avons traversé, enduré.

 

J’aime la poésie des mathématiques parce qu’elle permet de rationaliser les événements sans laisser le mental jouer avec les émotions, sans refaire l’histoire en y voyant des signes pour se rassurer ou se complaire dans une position de victime.

 

C’est ce qui m’arrive parfois, alors je prends mon crayon et je calligraphie une intégrale de maths pour calmer ces questions récurrentes:

 

Pourquoi devrait-on avoir honte d’un moment plutôt que d’un autre, pourquoi vouloir cacher certaines périodes et en glorifier d’autres?

 

Comment cesser de vouloir toujours comprendre alors qu’il y a surtout à vivre et se laisser être pour exister?

 

La notion d’intégrale nous aide à comprendre celle du chemin parcouru, à ne pas tout remettre en question à la moindre anicroche, à ne pas cultiver une vision limitante de nous-même. (et oui, cela concerne entre autres les hypersensibles parmi vous). 

Petit topo accessible même aux allergiques aux maths (vous allez voir comme c’est parlant): l’intégrale correspond à une valeur de surface. La surface accumulée sous une courbe pour aller d’un point a à un point b (allez sur l’article du blog si vous avez besoin de visualiser pour comprendre). Comment on calcule l’intégrale? En revenant à la primitive, la source qui a donné cette surface au fil du temps en quelque sorte…et on l’obtient en faisant la différence de la primitive au moment b avec la primitive au moment a.

aimer sa vie   

 

Bref, tout ça pour dire quoi?

 

Ce qui compte, c’est bien le chemin…

 

pas tant d’où l’on vient ni où l’on en est aujourd’hui. Rien de nouveau sous le soleil, mais visualiser l’ensemble de sa vie comme de la matière accumulée précieusement au fil des expériences, quelles qu’elles soient, c’est parvenir enfin à considérer qu’on est un tout qui n’a pas à choisir entre les bons ou les mauvais côtés de sa vie. 

 

Toute ma vie est une surface de tissu qui se déploie pour continuer à m’amener jusqu’au prochain point: rien n’est à jeter dans le passé, même le pire… car si je supprime un point de la surface, elle se déchire et je deviens fragmenté.

On parle bien là d’intégration: faire de nos histoires un moyen de se vivre mieux. Aparté pour ceux à qui on a bien fait comprendre subtilement ou frontalement qu’il valait mieux se taire: les temps changent et chaque histoire mérite d’être racontée avec le courage du coeur, personne ne peut savoir à ta place ce que tu portes en toi ni ce que tu rêves.

 

Chacun connaît le vice de la comparaison qui nous sort de nous-même pour aller regarder la courbe de vie des autres et ne plus savoir quoi penser de notre vie. Ou bien espérer atteindre un jour tel ou tel état ou but, sans se mettre vraiment en mouvement.

 

Rien ne sert de comparer en vain: même point d’arrivée mais chemin tellement différent, mêmes expériences intégrées mais origines dissemblables… (même allure de courbe mais surfaces sous-jacentes différentes, même point de départ a mais courbe s différentes jusqu’au point b etc) 

 

Sachons d’où nous venons pour plus d’indulgence sur le chemin que nous avons déjà parcouru. Qu’on ait la sensation d’être empêché, de stagner, qu’on soit dans un tourbillon galvanisant: on est en vie tant qu’on est en mouvement.

Sachons aussi reconnaître que nos difficultés à discerner existent aussi chez les autres, personnellement c’est ce qui m’aide à dédramatiser et éviter de nombriliser…

Rien n’est grave tant qu’on ne se prend pas trop au sérieux, non?

 

Aimer l’intégrale de sa vie: aimer et goûter la différence d’expérience entre mon origine primitive et ma renaissance d’aujourd’hui, de chaque instant.

 

Voilà , cette lettre juste pour te dire que tout événement prend le sens qu’on veut lui accorder et que ta vie mérite que tu la considères comme aussi belle et valable que tout autre. Tous pareils tous différents en somme. 

 

Sur ce, je retourne à mes sons, mon arc, mes carnets… et les maths!

marion dorval

 

 

Touchant. Vibrant. Inspirant.

Merci Marion d’être toi. Ceci m’inspire et j’espère qu’à mon tour, je serai moi de plus en plus…

Merci pour ce que tu es. Te lire est toujours source de joie et structurant pour moi qui doute et m’aime peu.

Tes paroles font tellement écho chez moi… ta sensibilité et tes mots pour l’exprimer me touchent profondément.

Des repères pour trouver sa voie

 C’est à la mode : il faut trouver sa voie, sa mission, sa vocation. La réalisation personnelle ne passe plus seulement par le fait d’avoir un travail satisfaisant, mais un métier qui valorise le bonheur, l’altruisme, la bienveillance… et j’en passe. De quoi faire passer ceux qui se contentent de travailler pour gagner leur vie.

 

Redonner au travail sa place

 

Cette quasi-injonction à avoir un métier qui a du sens, qu’est-ce qu’elle dit de nous ?

Nous cherchons à trouver dans le travail une voie d’accomplissement presque total. Nous culpabilisons ou nous faisons culpabiliser les autres si notre travail ne nous permet pas d’incarner toutes les valeurs auxquelles nous aspirons.

Redonnons sa place au travail, plutôt que vouloir lui demander de combler toutes nos aspirations.

Pour ceux d’entre nous qui sont hypersensibles, idéalistes, perfectionnistes, il s’agit de faire le deuil du travail idéal. Non pas pour renoncer à s’épanouir professionnellement, mais plutôt pour se libérer de la pression pour « trouver sa voie ». Le métier que nous exerçons a le sens que nous lui donnons.

Ne nous laissons pas influencer par l’image que la société veut nous imposer de tel ou tel travail. Nous sommes libres de décider ce que représente le travail pour nous.

Et surtout, rappelons-nous que nous ne sommes pas notre travail : s’identifier à son métier, c’est tantôt se sentir inférieur, tantôt se croire obligé d’aller toujours plus loin, au risque de se dévaloriser… ou bien de faire un burn-out.

 

Trouver sa voie, qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

Souvent, cela veut dire :

  • se sentir à sa place dans son travail
  • se sentir reconnu, estimé, valorisé au niveau professionnel
  • s’épanouir et s’accomplir, aimer ce que l’on fait

Tout ça reflète des besoins :

  • plaisir
  • reconnaissance
  • évolution

Ces besoins peuvent se trouver ailleurs que dans le travail : dans la sphère privée, associative, de loisirs… il est possible de venir combler une part de ces besoins. Cela évite de s’en demander trop lorsqu’on est au travail. Cela évite de demander au travail de satisfaire tous ces besoins.

Comme vous le voyez, il s’agit davantage de trouver un équilibre entre les différents domaines de sa vie.

  • Qu’est-ce qui vous donne déjà le sentiment d’être satisfait ?
  • Dans quoi trouvez-vous du plaisir ?
  • Qu’est-ce qui vous rend fier ?
  • Où vous sentez-vous à votre place, en présence de quelles personnes ?

Prendre le temps de se poser ces questions, c’est indispensable pour éviter de courir en vain après le métier parfait.

En veillant à garder vivantes les expériences où nous nous sentons « bien », nous pouvons trouver notre voie véritable, c’est à dire notre chemin de vie. Unique et donc incomparable à celui des autres. Ayons confiance dans nos possibilités de créer notre propre voie.

 

Hypersensible, introverti : quel métier est fait pour moi ?

 

Si vous êtes de nature hypersensible ou perfectionniste, il y a fort à parier que vous ayez envie d’avoir un travail qui vous stimule mais vous préserve aussi des hauts et des bas. Pour ça, il n’y a pas de métier idéal, autant le dire tout de suite.

Par contre il y a :

  • la réalité d’un travail avec son degré de responsabilité, ses horaires, sa dimension relationnelle, ses contraintes de trajet, ses possibilités d’évolution… autant de critères objectifs qui peuvent vous aider à décider si cela respecte votre fonctionnement, si vous pouvez vous adapter dans les limites qui sont les vôtres. Là encore, pensez à ce dont vous avez besoin et ne tentez pas de cocher toutes les cases : les contraintes existent toujours.
  • Et il y a la perception que vous avez de ce travail… donc la façon dont vous allez entrevoir les contraintes… mais aussi les opportunités d’évolution qui pourraient vous faire peur. La manière dont nous nous projetons est de notre responsabilité. Nous avons moyen de contrôler cela. En arrêtant de se croire limité parce qu’on nous a fait croire que ceci ou cela n’était pas fait pour nous, en cessant d’éviter toute prise de risque par peur d’échouer, nous pouvons déployer notre potentiel.

 

Pour y parvenir, c’est très simple : il est nécessaire

  • de croire en soi pour oser aller vers ce qui nous attire
  • d’avoir les idées claires pour être plus créatif dans sa propre vie

Cela revient à cultiver au quotidien une attitude bienveillante envers soi. Pas bisounours ou compatissante. Plutôt un comportement qui nous ferait agir comme si nous étions notre meilleur ami, en nourrissant notre besoin de nous faire plaisir, d’être dans la joie, l’ouverture.

 

Le présent est ce que nous en faisons. Trouver sa voie n’est pas un chemin de croix, c’est poser un pas après l’autre en se respectant profondément et en donnant une chance à ses rêves de se réaliser.

Quand nous vivons dans une confiance humble et que nous cultivons notre ouverture d’esprit, alors nous sommes plus réceptifs à ce que la vie nous propose come choix.

Nous pouvons décider en suivant davantage notre petite voix et installer en nous ce sentiment puissant d’aller vers ce qui a du sens pour nous.

Touchant. Vibrant. Inspirant.

Merci Marion d’être toi. Ceci m’inspire et j’espère qu’à mon tour, je serai moi de plus en plus…

Merci pour ce que tu es. Te lire est toujours source de joie et structurant pour moi qui doute et m’aime peu.

Tes paroles font tellement écho chez moi… ta sensibilité et tes mots pour l’exprimer me touchent profondément.