Aimer l’intégrale de sa vie

Quand nous saurons regarder nos errances, 

nos envolées, nos plateaux, nos pieds dans la boue

Sans envisager de plan B pour repartir d’un nouveau point A

Alors peut-être sous la surface ainsi constituée

la matière accumulée tout le long du chemin

deviendra un fil soutenant plutôt que des parcelles fragmentées, 

peut-être aimerons-nous l’intégrale de notre vie.

 

Tout embrasser sans avoir honte de qui nous avons été, de ce que nous avons traversé, enduré.

 

J’aime la poésie des mathématiques parce qu’elle permet de rationaliser les événements sans laisser le mental jouer avec les émotions, sans refaire l’histoire en y voyant des signes pour se rassurer ou se complaire dans une position de victime.

 

C’est ce qui m’arrive parfois, alors je prends mon crayon et je calligraphie une intégrale de maths pour calmer ces questions récurrentes:

 

Pourquoi devrait-on avoir honte d’un moment plutôt que d’un autre, pourquoi vouloir cacher certaines périodes et en glorifier d’autres?

 

Comment cesser de vouloir toujours comprendre alors qu’il y a surtout à vivre et se laisser être pour exister?

 

La notion d’intégrale nous aide à comprendre celle du chemin parcouru, à ne pas tout remettre en question à la moindre anicroche, à ne pas cultiver une vision limitante de nous-même. (et oui, cela concerne entre autres les hypersensibles parmi vous). 

Petit topo accessible même aux allergiques aux maths (vous allez voir comme c’est parlant): l’intégrale correspond à une valeur de surface. La surface accumulée sous une courbe pour aller d’un point a à un point b (allez sur l’article du blog si vous avez besoin de visualiser pour comprendre). Comment on calcule l’intégrale? En revenant à la primitive, la source qui a donné cette surface au fil du temps en quelque sorte…et on l’obtient en faisant la différence de la primitive au moment b avec la primitive au moment a.

aimer sa vie   

 

Bref, tout ça pour dire quoi?

 

Ce qui compte, c’est bien le chemin…

 

pas tant d’où l’on vient ni où l’on en est aujourd’hui. Rien de nouveau sous le soleil, mais visualiser l’ensemble de sa vie comme de la matière accumulée précieusement au fil des expériences, quelles qu’elles soient, c’est parvenir enfin à considérer qu’on est un tout qui n’a pas à choisir entre les bons ou les mauvais côtés de sa vie. 

 

Toute ma vie est une surface de tissu qui se déploie pour continuer à m’amener jusqu’au prochain point: rien n’est à jeter dans le passé, même le pire… car si je supprime un point de la surface, elle se déchire et je devient fragmenté.

On parle bien là d’intégration: faire de nos histoires un moyen de se vivre mieux. Aparté pour ceux à qui on a bien fait comprendre subtilement ou frontalement qu’il valait mieux se taire: les temps changent et chaque histoire mérite d’être racontée avec le courage du coeur, personne ne peut savoir à ta place ce que tu portes en toi ni ce que tu rêves.

 

Chacun connaît le vice de la comparaison qui nous sort de nous-même pour aller regarder la courbe de vie des autres et ne plus savoir quoi penser de notre vie. Ou bien espérer atteindre un jour tel ou tel état ou but, sans se mettre vraiment en mouvement.

 

Rien ne sert de comparer en vain: même point d’arrivée mais chemin tellement différent, mêmes expériences intégrées mais origines dissemblables… (même allure de courbe mais surfaces sous-jacentes différentes, même point de départ a mais courbe s différentes jusqu’au point b etc) 

 

Sachons d’où nous venons pour plus d’indulgence sur le chemin que nous avons déjà parcouru. Qu’on ait la sensation d’être empêché, de stagner, qu’on soit dans un tourbillon galvanisant: on est en vie tant qu’on est en mouvement.

Sachons aussi reconnaître que nos difficultés à discerner existent aussi chez les autres, personnellement c’est ce qui m’aide à dédramatiser et éviter de nombriliser…

Rien n’est grave tant qu’on ne se prend pas trop au sérieux, non?

 

Aimer l’intégrale de sa vie: aimer et goûter la différence d’expérience entre mon origine primitive et ma renaissance d’aujourd’hui, de chaque instant.

 

Voilà , cette lettre juste pour te dire que tout événement prend le sens qu’on veut lui accorder et que ta vie mérite que tu la considères comme aussi belle et valable que tout autre. Tous pareils tous différents en somme. 

 

Sur ce, je retourne à mes sons, mon arc, mes carnets… et les maths!

marion dorval

 

 

Des repères pour trouver sa voie

 C’est à la mode : il faut trouver sa voie, sa mission, sa vocation. La réalisation personnelle ne passe plus seulement par le fait d’avoir un travail satisfaisant, mais un métier qui valorise le bonheur, l’altruisme, la bienveillance… et j’en passe. De quoi faire passer ceux qui se contentent de travailler pour gagner leur vie.

 

Redonner au travail sa place

 

Cette quasi-injonction à avoir un métier qui a du sens, qu’est-ce qu’elle dit de nous ?

Nous cherchons à trouver dans le travail une voie d’accomplissement presque total. Nous culpabilisons ou nous faisons culpabiliser les autres si notre travail ne nous permet pas d’incarner toutes les valeurs auxquelles nous aspirons.

Redonnons sa place au travail, plutôt que vouloir lui demander de combler toutes nos aspirations.

Pour ceux d’entre nous qui sont hypersensibles, idéalistes, perfectionnistes, il s’agit de faire le deuil du travail idéal. Non pas pour renoncer à s’épanouir professionnellement, mais plutôt pour se libérer de la pression pour « trouver sa voie ». Le métier que nous exerçons a le sens que nous lui donnons.

Ne nous laissons pas influencer par l’image que la société veut nous imposer de tel ou tel travail. Nous sommes libres de décider ce que représente le travail pour nous.

Et surtout, rappelons-nous que nous ne sommes pas notre travail : s’identifier à son métier, c’est tantôt se sentir inférieur, tantôt se croire obligé d’aller toujours plus loin, au risque de se dévaloriser… ou bien de faire un burn-out.

 

Trouver sa voie, qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

Souvent, cela veut dire :

  • se sentir à sa place dans son travail
  • se sentir reconnu, estimé, valorisé au niveau professionnel
  • s’épanouir et s’accomplir, aimer ce que l’on fait

Tout ça reflète des besoins :

  • plaisir
  • reconnaissance
  • évolution

Ces besoins peuvent se trouver ailleurs que dans le travail : dans la sphère privée, associative, de loisirs… il est possible de venir combler une part de ces besoins. Cela évite de s’en demander trop lorsqu’on est au travail. Cela évite de demander au travail de satisfaire tous ces besoins.

Comme vous le voyez, il s’agit davantage de trouver un équilibre entre les différents domaines de sa vie.

  • Qu’est-ce qui vous donne déjà le sentiment d’être satisfait ?
  • Dans quoi trouvez-vous du plaisir ?
  • Qu’est-ce qui vous rend fier ?
  • Où vous sentez-vous à votre place, en présence de quelles personnes ?

Prendre le temps de se poser ces questions, c’est indispensable pour éviter de courir en vain après le métier parfait.

En veillant à garder vivantes les expériences où nous nous sentons « bien », nous pouvons trouver notre voie véritable, c’est à dire notre chemin de vie. Unique et donc incomparable à celui des autres. Ayons confiance dans nos possibilités de créer notre propre voie.

 

Hypersensible, introverti : quel métier est fait pour moi ?

 

Si vous êtes de nature hypersensible ou perfectionniste, il y a fort à parier que vous ayez envie d’avoir un travail qui vous stimule mais vous préserve aussi des hauts et des bas. Pour ça, il n’y a pas de métier idéal, autant le dire tout de suite.

Par contre il y a :

  • la réalité d’un travail avec son degré de responsabilité, ses horaires, sa dimension relationnelle, ses contraintes de trajet, ses possibilités d’évolution… autant de critères objectifs qui peuvent vous aider à décider si cela respecte votre fonctionnement, si vous pouvez vous adapter dans les limites qui sont les vôtres. Là encore, pensez à ce dont vous avez besoin et ne tentez pas de cocher toutes les cases : les contraintes existent toujours.
  • Et il y a la perception que vous avez de ce travail… donc la façon dont vous allez entrevoir les contraintes… mais aussi les opportunités d’évolution qui pourraient vous faire peur. La manière dont nous nous projetons est de notre responsabilité. Nous avons moyen de contrôler cela. En arrêtant de se croire limité parce qu’on nous a fait croire que ceci ou cela n’était pas fait pour nous, en cessant d’éviter toute prise de risque par peur d’échouer, nous pouvons déployer notre potentiel.

 

Pour y parvenir, c’est très simple : il est nécessaire

  • de croire en soi pour oser aller vers ce qui nous attire
  • d’avoir les idées claires pour être plus créatif dans sa propre vie

Cela revient à cultiver au quotidien une attitude bienveillante envers soi. Pas bisounours ou compatissante. Plutôt un comportement qui nous ferait agir comme si nous étions notre meilleur ami, en nourrissant notre besoin de nous faire plaisir, d’être dans la joie, l’ouverture.

 

Le présent est ce que nous en faisons. Trouver sa voie n’est pas un chemin de croix, c’est poser un pas après l’autre en se respectant profondément et en donnant une chance à ses rêves de se réaliser.

Quand nous vivons dans une confiance humble et que nous cultivons notre ouverture d’esprit, alors nous sommes plus réceptifs à ce que la vie nous propose come choix.

Nous pouvons décider en suivant davantage notre petite voix et installer en nous ce sentiment puissant d’aller vers ce qui a du sens pour nous.

Voie de reconversion: d’enseignant à gérant d’escape game

reconversion enseignant

Nouvelle interwiew avec le parcours de Frédérick Chesneau, ex-professeur d’anglais reconverti dans le domaine… du jeu ! L’écrit ne peut pas tout retranscrire mais je peux vous assurer qu’en discutant avec Frédérick, on ne peut que constater qu’il adore son nouveau métier et qu’il a pleinement réussi sa reconversion : ses peurs du début sont désormais derrière lui, et le bilan est plus que positif pour lui et son associé. Beaucoup d’entre vous se demandent s’il est encore possible de quitter son métier d’enseignant et de réussir à concilier travail et plaisir, tout en obtenant reconnaissance et satisfaction. En voici la preuve ! NB : interview réalisée en 2017

 

  • Quel est ton métier actuel et comment l’as-tu appris ?

Je suis patron dirigieant d’une entreprise de divertissement, plus précisément d’activité indoor, l’escape game : le principe du jeu est que des personnes enfermées dans une pièce ont 60 minutes pour en sortir en résolvant des énigmes scénariséses. Le jeu se déroule dans un décor créé spécialement, ce qui donne l’impression d’être dans une ambiance de film.

L’escape game est une activité tellement récente qu’il n’existe pas de formation spécifique. J’ai suivi un master en Sciences du jeu à Paris XIII. Le domaine du jeu m’a toujours fasciné. En parallèle de l’enseignement, j’avais travaillé comme bénévole dans une association de jeux. J’ai aussi travaillé pour Hasbro en tant qu’animateur de jeux sur des stands. J’ai découvert cette formation – juste à côté de chez moi- au moment de penser à la reconversion.

 

  • Pourquoi as-tu choisi de te reconvertir ?

Je n’ai jamais vraiment voulu être enseigannt. Ce métier que j’ai exercé durant 17 ans était sécurisant mais dès le début, je ne me suis pas senti à ma place. J’ai fait des efforts et j’ai eu quelques satisfactions et appris des choses qui me servent encore aujourd’hui, mais sans plus. Ce travail était alimentaire.

J’ai effectué un chagnement d’établissement en espérant que ça relance la machine, et ça a été tout le contraire. Le corps a dit stop et j’ai fait un burn out. J’ai été contraint de m’arrêter et de m’interroger:

« Est-ce que je peux continuer à faire ça en me faisant mal ?

Est ce que j’ai envie de passer le reste de ma vie sans entrain alors que j’ai déjà la quarantaine ? De quoi j’ai envie au final ? »

On n’est pas habitudé à se demander « qu’est-ce qui me transporte ? »

 

  • Peux-tu nous retracer brièvement ton parcours depuis que tu as lancé ton projet de reconversion ?

2015 : master 2 Sciences du jeu – que j’ai suivi pendant mon arrêt. Il ne faut pas avoir de scrupules et faire ce qu’on estime être pour bon pour soi. Stage autour du thème de le reconversion professionnelle organisé par la celllule mobilité carrière. : rien de très neuf mais de quoi conforter la décision du départ…

2015-2016 : en disponinilité, coordinateur dans une ludothèque- ça ne me convenait pas car l’environnement n’était pas favorable.

Mars 2016 : démission de la luduothèque et retour forcé à l’EN durant quelques mois (réintégration après disponbilité).

Un ami me sollicite pour aller voir un escape game et rapidement, nous décidons de faire le saut et de nous lancer dans cette aventure grâce à une franchise !

Mars à juin 2016 : toujours en poste, mais le projet de création en parallèle aide à supporter le travail.

Stages à la CCI pour se former comme autoentrepreneur (formation payante mais les bases en comptabilité et juridiques sont très intéressantes et utiles)

Juillet 2016 : démission.

 

Quel regard ton entourage et tes collègues ont-ils porté sur ta reconversion ?
J’ai reçu beaucoup de soutien et de compréhension de la part de mon entourage. Mes collègues étaient au courant de mon souhait de départ. A partir du moment où on sait ce qu’on veut faire, le regard des autres a moins d’emprise.

 

  • As-tu rencontré des difficultés lors de ta reconversion et si oui lesquelles ?
  • La demande d’IDV : seulement 25% du montant dû a été réellement perçu ! Il faut être prêt à relancer l’administration car tout est fait pour nous décourager.
  • La demande de démission : compliquée, car elle devait être acceptée au bon moment pour faire coïncider la création d’entreprise et obtenir le versement de l’IDV. J’ai dû faire un recours au tribunal administratif car le délai de 4 mois au bout desquels la réponse pour la démission devait être donnée, avait été dépassé.
  • Si tu devais repasser par ce processus de reconversion, qu’aurais-tu aimé avoir comme aide ou informations ?

Au final tout s’est bien déroulé ! A partir du moment où on a dédicé de s’y mettre , les choses se sont bien passsées, on a fait des rencontres qui nous ont permis d’avancer, des opportunités se sont présentées… Nous avons démarré en franchise, ce qui était sécurisant pour nous. La peur qu’on a au début dépasse de loin la réalité !

 

  • Quels points communs vois-tu entre ton métier actuel et ton ancien métier d’enseignant ?

L’escape game me demande la préparation d’un scénario d’une heure, on doit amener les gens là où on veut. L’objectif est que les gens s’amusent, pas qu’ils perdent pied. Il faut donc concevoir des choses réalisables et faire preuve de pédagogie. Il faut également arriver à comprendre les peurs et les réticences des gens.

En tant que prof d’anglais j’apprécie de pouvoir m’occuper des clients anglophones.

Je suis amené à gérer pas mal d’imprévus : les gens ne sont jamais les mêmes, donc il me faut m’adapter à la clientèle.

  • Peux-tu nous décrire ta journée de travail ?

Je travaille tous les week ends. Je suis en repos le lundi.

Le matin je m’occupe de la gestion des réservations et du côté administratif à la maison, cela me laisse du temps pour les enfants.

13H30 : je suis à l’esacpe game, qui fonctionne à ce moment sur réservations, jusqu’à 21H30 environ.

Samedi matin : 9H-minuit

Dimanche : 9H-18H

Les vacances d’été ne me manquent vraiment pas : je m’amuse !

Parfois il y a des coups de rush où physiquement c’est dur… le corps tire la sonnette d’alarme et alors on lève le pied.

Je n’ai pas pris de vacances depuis 2 ans mais cela ne va sans doute pas tarder puisqu’on a maintenant des employés.

 

  • Qu’est-ce que tu adores dans ton travail actuel et qui n’existaient pas dans ta vie d’enseignant ?

Je ne vais jamais au boulot à reculons !

J’ai de la satisfaction à faire ce travail. Dans l’EN, les élèves n’étaient pas forcément volontaires, là les gens choisissent de venir et me disent merci, alors que j’ai juste fait mon boulot!

Avant en tant qu’enseignant j’avais très peu de retour de la hiérachie, parfois un peu des élèves… Là je suis content, j’ai des retours immédiats et positifs !

 

  • A ceux qui hésitent à se reconvertir, à se lancer à leur compte comme toi, que conseillerais-tu ?

Je conseille aux futurs entrepreneurs de faire un stage avec la CCI pour voir concrètement les différents aspects de la gestion d’entreprise.

Ne pas hésiter à bien s’entourer !

Aller voir des gens qui font l’activité qui nous tente.

On apprend très vite sur le tas, ne pas s’inquiéter pour ça.

Beaucoup de la retenue qu’on éprouve est basée sur la peur, or c’est normal d’avoir peur mais la réalité est bien moins effrayante que l’idée qu’on s’en fait !

 

Pour aller plus loin sur le thème de la reconversion: 

Changer de voie, choisir sa voix?

 

C’est ça la quarantaine?
Je réalise que je ne me suis pas choisi un chemin facile. Peut-être que toi non plus, peut-être que tu penses que tu ne l’as pas vraiment choisi… pour toutes sortes de raisons.

 

J’ai commencé par faire beaucoup de non-choix: m’adapter, me suradapter pour essayer de comprendre comment fonctionnait le monde, les relations entre les gens. Ce qui s’apparente à de la survie m’a pourtant permis de fréquenter plusieurs milieux et de mener plusieurs vies.

 

J’aurais pu rester ingénieur agroalimentaire mais pour une végétarienne élevée au bio, ça s’annonçait mal
J’aurais pu rester professeur des écoles ou prof de FLE mais pour quelqu’un qui cherche à ne plus donner d’ordres ni en recevoir, un burn out m’aura suffi pour sortir de cette cage dorée

 

Et puis à force de ne pas rentrer dans les cases des autres, j’ai choisi de me créer ma place. Un endroit à ma mesure, qui ne me demande pas de faire comme il faut.

 

Mais là encore, la vie m’a demandé de choisir…
J’aurais pu faire prof de chant, c’est si facile de retomber dans les travers professionnels pédagogiques de type transmissif sans rien apprendre véritablement sur soi et l’autre, c’est tellement stérile de copier-coller des méthodes.
J’aurais pu me servir des étiquettes qu’on m’a collées pour faire du coaching pour phobiques sociaux ou pour adultes surdoués, mais ce qui m’anime c’est surtout de pouvoir libérer les autres de leurs carcans.
J’aurais pu accepter de rentrer dans le petit monde merveilleux du développement personnel.

 

Bref, j’ai finalement compris qu’on n’a pas fini d’essayer de me mettre en boîte! Et comme j’ai des racines-arêtes de sardine bien têtue, j’échappe aux filets et je continue à frayer mon chemin parmi les courants contraires. Comme beaucoup d’autodidactes.

 

La seule chose qui m’intéresse c’est bien de pouvoir créer, que ce soit des poèmes, des marionnettes, des musiques, des chansons, des danses… Et la seule chose que je suis capable de faire, c’est d’aider les autres à dépasser leurs peurs et leurs blocages pour retrouver ces espace-temps où non, plus personne ne te demande d’être, de faire ou de penser comme ci ou comme ça. Et où le fait de créer quelque chose d’unique est précisément ce qui permet d’être dans l’instant et dans la reliance véritable.

 

Ce chemin exigeant et difficile est le seul qui vaille la peine pour moi, le seul qui m’éviter de me fourvoyer dans les milieux trop tièdes et consensuels, là où j’ai été longtemps en manque de reconnaissance. Ca me demande de continuer à affirmer ma posture avec bienveillance, détachement, en faisant confiance à la vie.
Alors je plonge avec délices dans les mots et les sons qui guérissent, et si ça peut aider d’autres que moi, tant mieux.
Aujourd’hui j’ai surtout compris que je ne veux plus choisir entre tout ce qu’on me propose de déjà défini. Je choisis de rester indéfinissable, c’est ma forme de liberté.
Je veux un regard large (défi pour une grande myope) et permettre à chacun, y compris à moi-même, de se voir dans toute sa globalité.
Au fond, je ne fais que revenir à ce que je souhaitais ardemment quand j’avais douze ans: vivre selon mes principes. Avec mes capacités d’adulte, j’essaie donc de vivre l’harmonie, la beauté, la liberté. Et ça me demande de travailler avec tous les éléments, c’est ça qui me plaît au fond: m’alléger comme l’air, creuser sans cesse dans la terre, garder le feu allumé pour rester éveillée, et surtout me mouvoir dans l’eau en symbiose totale avec les dimensions qui me composent et composent les autres.

Voilà, c’était un texte en je(u), spontané donc sans longueur maîtrisée, sans doute le plus personnel que j’aie jamais posté sur ce réseau tellement vivant et anonyme à la fois.

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