Observer, ce don de l’émerveillement

Observer, ce don de l’émerveillement – Eloge de l’observation

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La vie nous enseigne que le monde est source d’apprentissages. C’est lui qui nous ramène au cour de nous-même, à ce qui fait notre essence. Un effet miroir permanent que nous filtrons au fil de nos expériences et qui nous mène à construire, déconstruire, reconstruire, nos représentations sur notre figure, celle des autres, celle du monde.

Qui sait si l’observation ne serait pas la clé fondamentale pour évoluer?

Dans ce qui suit, l’objet de l’observation pourra être, selon ce qui résonne chez vous:

  • un objet physique
  • une personne, y compris un animal, un végétal, un minéral
  • un paysage, un ensemble de constructions
  • un comportement chez soi ou chez les autres
  • une émotion, un sentiment chez soi ou chez les autres
  • un mouvement chez soi ou chez les autres
  • un débit de voix, un timbre, une mélodie, un rythme, émanant de soi ou d’autrui
  • une pensée, une réflexion, une philosophie, un dogme, une information…

Par ailleurs, j’entends par observation une activité qui consiste à se rendre disponible pour entrer en lien avec l’objet de l’observation. C’est loin de se limiter à un contact visuel! Regarder avec ses yeux est la première chose à laquelle on pense, mais ici je vous invite à observer:

  • avec tous vos sens, donc observer devient une expérience sensorielle (de goût, d’odorat, de toucher, d’ouïe, et bien sûr la vue)
  • avec votre coeur, donc observer devient une expérience spirituelle (ressentir pleinement ce qui se passe en soi, sans s’y attacher ni l’analyser)

Il s’agit de prendre contact en se mettant en conditions de réception active et la plus complète possible.  Vous aurez peut-être, spontanément, envie de penser au mot «  écouter » plutôt qu’observer. Observer, se mettre à l’écoute de la vie, prenez ce qui vous parle.

Les qualités développées par l’observation me semblent révéler à quel point cette activité est cruciale à notre époque pour nous ramener dans l’ici et maintenant, au contact de la vie et non dans l’illusion de ses avatars (distractions qui nous empêchent de vivre ce qui nous tient à coeur, jeux de l’ego sur les réseaux sociaux, conventions sociales qui aseptisent nos relations et réduisent la part de spontanéité).

Observateur, toujours tu prendras ton temps.

Approcher l’objet de son observation exige du temps, par la finalité qu’elle sous-tend. Si j’observe, c’est pour en tirer un enseignement: je veux en savoir plus sur cette chose, cette personne, cette émotion. J’ai besoin de temps pour comprendre comment ça fonctionne, quels sont les différents aspects de la situation. Un peu comme observer un diamant à mille facettes nous prendrait du temps, observer la vie et ses manifestations revient à se poser quelque part et déposer notre regard pour laisser se dévoiler les choses.

Concernant le domaine des émotions, des sentiments, des pensées, nous sommes si pris dans nos réseaux de représentations, dans le flux des informations, que ralentir pour observer devient une priorité. J’ai parfois l’impression que nous sommes tellement submergés par les avis répandus partout à propos de tout, par les sollicitations pour consommer, que c’est un peu comme si nous avions des spots en permanence dans la figure, ou, moins violent, des multitudes d’arcs-en-ciel partout autour de nous. On ne peut pas y voir clair sans discerner, et pour qu’il y ait discernement il faut le temps du silence. Filtrer les couleurs pour mieux en connaître chacune, cela demande une discipline qui s’accomplit dans la durée. Avec l’habitude, on parvient à pacifier son esprit et donc son regard: moins happé par ce qui se passe à l’extérieur, on s’installe dans un rapport plus paisible au temps et surtout on ouvre à l’expérience d’être « avec » l’objet de son observation, sans s’en donner l’illusion (note pour moi-même: facile de se dire je me prends un quart d’heure pour examiner mon émotion du moment : on tombe vite dans le mode « recherche de solution » qui n’est pas une observation, mais une course pour vite supprimer ce qui est désagréable en nous).

Observateur, tu prendras note sans juger ni comparer.

C’est une leçon d’humilité, et il m’est impossible de ne pas penser là aux transmissions des voies telles que celles du budo (arts martiaux et d’éveil venus du Japon: zen, kyudo, judo, ikebana, art du thé…). Quand je me place en tant qu’observateur, j’accepte de reconnaître que j’ai à apprendre. Je fais voeu d’humilité pour quelques instants ou plus, en recevant tout ce que mes sens peuvent noter comme information. Rester dans cette intention, cette posture, vis-à-vis de mes émotions, d’une personne, d’un animal, m’entraîne véritablement à une pleine conscience de l’expérience vivante. Je note, j’absorbe à mon tour ce qui émane de l’autre et me touche. L’expérience d’observation peut être agréable, désagréable, voire neutre: ce n’est pas le moment d’y penser, c’est le temps de recueillir.

Imaginez un photographe observant un oiseau rare et voulant réussir un cliché: mission impossible s’il passe son temps à penser… tout son corps est dans l’intention de capter le meilleur moment, et pour ça rien ne doit parasiter la situation. La pratique de l’observation consciente nous aide à différer nos jugements, nos réactions et donc mieux vivre l’expérience du moment présent. Elle nous offre au fur et à mesure l’accès au plaisir de se placer « près de », de s’approcher d’un phénomène, d’un être, d’une idée, de savourer ce moment de la découverte sans s’attacher à plaquer dessus nos raisonnements. Elle nous laisse en position d’ouverture et simplement, nous aide à entrer en relation avec l’autre plutôt que s’engager tout de suite dans des élucubrations sur « ce que pense l’autre, de moi, de nous », ou « ce que cette émotion dit de moi, de mon futur, de mon passé », « ce que cette idée va m’apporter pour mieux gagner ma vie, pour m’économiser de l’argent, du temps »… Ici il n’est pas question de se projeter: observer c’est découvrir, enlever le voile. C’est ça aussi : laisser les illusions de côté, y compris le petit discours intérieur du mental qui veut nous déconnecter de l’expérience de nos corps et de nos coeurs pour se rassurer avec ses idées toutes faites.

Observateur, tu élargiras ton point de vue sans cesse.

Nous pouvons observer un même objet de près, de loin, à la dérobée, de jour, de nuit.

Dans les détails ou de façon globale.  C’est en particulier utile lorsqu’il s’agit de se faire une idée, un avis à propos d’une situation, d’un courant de pensée. Approcher les concepts et les notions abstraites ne peut se faire en se contentant d’un seul point de vue. Il y a tant de nuances à saisir dans ce que nous voyons, nous vivons. Ce monde moderne est tout entier plongé dans la vision manichéenne et réductrice d’une pensée en tout ou rien: chaque acte ou pensée est bon ou mauvais, une personne a forcément soit tort soit raison, mes émotions sont soit positives soit négatives, mes relations sont épanouissantes ou toxiques… heureusement que tout comme le cercle du yin et yang, nous pouvons distinguer « un peu de tout dans tout ».

Observer nos réactions, nos émotions, celles des autres, observer le comportement d’un animal, c’est s’ouvrir à l’idée que nous aurons un point de vue valable à un instant donné dans une position donnée. Reprenant l’image du photographe, s’il revient le lendemain reprendre la photo d’unpaysage, celui-ci aura irrémédiablement changé, même imperceptiblement. C’est toute la beauté de la nature de nous enseigner que nos observations sont soumises à d’infinies variations. Changer de point de vue, c’est ne pas rester crispé sur une idée, un avis. Ne réduisons pas la circonspection à un aveu de faiblesse ou à une mollesse de l’opinion: construire son avis sur quelque chose, ça se fait progressivement. L’intuition se développe également lorsque nous nous permettons d’observer nos émotions, nos réactions (et celles des autres) sous différents aspects.

Bref, apprendre à observer c’est définitivement élargir sa vision de l’esprit, du corps, c’est embrasser toutes les possibilités en soi et autour de soi. Dans le concret de tous les jours, lorsque nous pratiquons une observation conscient et multifocale, nous développons notre créativité, aussi bien sur le plan concret des réalisations artistiques, que dans nos façons d’interagir avec autrui. Une voie qui amène plus de liberté en soi pour vivre, s’exprimer, penser sans être coincé dans une seule façon de voir les choses, sans être appesanti par du fatalisme ou du déterminisme.

Observateur, tu sauras que regarder est le point de départ de toute évolution personnelle et collective.

Je n’ai pas ici la place pour développer en détails cet aspect.

Simplement, lorsque nous naissons, nous apprenons par imitation. Le mimétisme est un comportement présent chez les espèces animales, végétales: il concourt à un vivre ensemble apaisé, co-créateur, harmonieux. Il s’agit au départ de survivre en adoptant les comportements et les codes nécessaires pour s’intégrer dans le collectif. Nous sommes éloignés de la nécessité de survie telle qu’elle se présentait au début de l’histoire de notre espèce, mais observer nous reste indispensable pour:

  • comprendre les autres
  • se comprendre soi-même
  • communiquer dans la même langue
  • développer son ressenti et donc s’assurer une connexion corps-esprit qui stabilise, qui nous évite d’agir simplement de manière « mentale » en étant emporté par nos peurs et nos préjugés.
  • rester curieux et émerveillé, en somme jouir de la vie!
  • … liste non exhaustive, loin de là!

Un fin observateur connaît par coeur son fonctionnement physiologique et psychique (plutôt utile en cas d’hypersensibilité), et il peut détecter celui des autres. C’est cette approche douce et pleine d’acuité, d’autrui, de soi, de la vie, qui nous aide à créer des liens.

Observer n’est pas une action passive quand elle se fait en conscience, avec émerveillement, dans un appétit de comprendre et d’aller vers: l’autre, la vie, soi-même…

C’est un prélude à la rencontre, à la discussion, au débat. Là vient alors éventuellement s’ajouter l’analyse, la réflexion, la prise de décision.

Mais sans observation, que se passe-t-il?

Les schémas de fonctionnement l’emportent, les mauvaises habitudes, le « zapping », les jugements à l’emporte-pièce, les comportements qui mettent sur un piédestal un jour et détruisent le lendemain… nous sommes si vite emportés par toutes ces illusions quand nous ne nous offrons pas le temps d’être véritablement présent à ce qui se vit, en posture d’observateur ouvert et actif.

Pas d’évolution individuelle ni collective sans le temps de l’observation: échanger avec l’autre, grandir avec l’autre, sont rendus possible lorsque nous lui avons accordé ce temps d’observation neutre, sans jugement, sous différentes facettes, sans le réduire à des idées toutes faites.

Une pratique non violente et zen qui ouvre la voie à la construction d’idées et d’actions prenant en compte l’autre tel qu’il est, dans toute sa complexité, ses contradictions, ses élans et ses moteurs internes.marion dorval

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Ecrire sur soi pour enfin devenir soi-même

écriture thérapie

Ecrire son histoire pour enfin devenir soi

 

Qui suis-je ? Comment me définir devant les autres ?

Cette question est sûrement de celles qui me fascinent mais aussi celle qui m’agace le plus. Je n’aime pas me définir. Je suis capable d’apporter une réponse très succincte à « qui es-tu ? » comme de parler sans m’arrêter.

ça n’est pas correct.

Les codes sociaux exigent qu’on réponde à cela par le traditionnel alignement des réponses concernant l’âge, la situation familiale, la profession, le lieu de vie, les loisirs… brièvement mais sans se contenter du strict minimum.

Il n’y aura pas mort d’homme si l’on fait autrement.

Mais probablement un léger malaise dans l’assistance qui s’attend à un réponse conventionnelle, qui arrange tout le monde parce qu’on aura joué le jeu.

Et qu’on aura joué le jeu de donner aux autres de quoi se faire une représentation de nous-même. C’est aussi une façon d’amorcer un lien, de construire une relation. Celui qui ne dit rien de lui n’offre pas la possibilité aux autres d’entrer en relation. Je l’ai appris à mes dépens, en croyant me protéger je ne faisais que m’isoler davantage.

J’ai longtemps subi ces questionnements qui me figeaient car j’aurais voulu avoir l’audace de répondre librement, tout autant que je craignais terriblement d’être rejetée si je ne m’alignais pas sur le fonctionnement des autres. Je n’avais pourtant rien de spécial à revendiquer, rien à cacher non plus. Cette question est trop pesante, elle demande de résumer tout son monde, toute sa vie, en une petite phrase. Même sans verser dans la mégalomanie, elle fige parce qu’elle ne nous permet pas de prendre le temps de réfléchir à comment l’on veut se présenter au monde.

Pour retrouver cette liberté de choisir sa façon d’exister aux yeux des autres, l’écriture est une alliée de taille.

 

Ecrire le récit de soi, c’est à dire adopter une pratique d’écriture qui permet de se raconter sans censure, c’est tout d’abord retrouver ces espace-temps où l’on peut se livrer sans retenue. Parler de soi avec ses propres mots est alors un remède à bien des maux. Personne pour nous interrompre, personne pour nous fusiller du regard si la page reste blanche. Cette création entre soi et soi-même, c’est l’occasion de se fabriquer un cadre sécurisant, bienveillant, où tout est permis, en accord avec notre nature profonde.

 

Que ce soit par l’art du journal, de l’autobiographie, de l’écriture épistolaire, écrire à partir de soi et sur soi libère la créativité d’une façon bien différente qu’avec les pratiques conditionnant un résultat esthétique. Ici, nul besoin d’atteindre un certain nombre de pages, d’adopter un style particulier, de faire des effets de sens, de vouloir plaire. C’est le retour à la spontanéité et l’occasion d’enfin porter un regard doux sur soi, d’accomplir un acte digne apportant une satisfaction toute simple et pourtant ô combien réconfortante et joyeuse.

Ecrire pour soi, c’est avant toute chose prendre en charge son histoire.

Quand j’écris, je porte ma voix sans laisser personne d’autre parler à ma place. Nous existons à travers le regard des autres, que nous le voulions ou non. Chacun grandit en construisant une multitude de récits sur lui-même, sur les autres, sur le fonctionnement des relations, avec pour support les représentations sociales donc systémiques apportées par l’environnement familial, social, éducatif dans lequel nous avons grandi et où nous continuons d’évoluer. Reprendre le fil de son histoire c’est s’autoriser à la dérouler dans le sens qui nous permet de mieux intégrer nos failles, nos blessures, reconnaître nos victoires et notre beauté. C’est non seulement se soustraire aux diktats (le « ce que je crois que les autres croient sur moi », qui finit par nous définir tellement nous lui laissons la main) mais c’est prendre part activement à la création du sens que nous voulons pour notre vie. Déconstruire les idées que nous avons sur nous-mêmes, décoller les étiquettes qu’on nous a collées (à notre insu ou de notre plein gré) est un acte courageux et nécessaire pour vivre enfin sa vie.

 

Loin d’être une activité égoïste ou narcissique – renarcissisante certes, si l’on en a besoin, car elle restaure l’estime de soi et offre un nouveau regard plein de tendresse sur notre parcours– écrire le récit de soi c’est un premier pas pour s’ouvrir aux autres en se respectant profondément.

Pour tisser des liens authentiques, des relations vivantes, vibrantes, nous avons besoin d’être touchés.

Or, écrire sur soi c’est s’ouvrir sur l’autre, car être dans sa vulnérabilité, c’est se laisser voir, se laisser toucher donc être touché par les autres. En écrivant qui je suis, ce que je ressens, ce que je vis, d’où je viens, d’où je parle et où je souhaite aller, je risque une mise à nu. L’écriture, quand on s’y livre vraiment, ne laisse pas d’autre choix.

Et pourtant, c’est bien ce plongeon qui nous permet de laisser les autres nous voir comme nous sommes véritablement, sans artifice, sans se diminuer. Je ne parle pas là de faire lire ses écrits personnels : il suffit d’entrer dans une pratique toute personnelle du récit de soi pour constater au long cours, que notre regard sur les autres gagne en ouverture, en tolérance. Nous nous autorisons à parler de nous par petites touches, plus librement, quand nous sommes en confiance. Et offrir un bout de son histoire aux autres, c’est leur donner la possibilité de nous rejoindre là où eux aussi ont peut être été touchés, blessés, émerveillés.

Redonner de la voix à son histoire, être vivant en portant ses stigmates, ses victoires, faire avec en embrassant le tout, sans se sentir coupable mais plutôt libre de faire agir ce récit comme bon nous semble. Un acte à la fois responsable pour ne plus subir son passé et craindre l’avenir, un acte fondateur d’une vie créatrice qui intègre nos différentes facettes et nous fait envisager « je », cet autre, et tous les autres, comme des êtres dignes de se raconter par eux-mêmes.

Faire entendre sa voix est vital, par tous les moyens.

L’écriture aide à vivre, l’écriture relie, l’écriture redonne joie, force, courage.

                             marion dorval

Vivez l’expérience d’une vie créatrice grâce à votre propre histoire:

Voie de reconversion: Jessie, de prof à sophrologue

Comment se sortir du burnout grâce à la sophrologie ?

Comment se reconvertir après un burnout ?

Comment mieux vivre son métier d’enseignant grâce à la sophrologie ?

J’ai fait la connaissance d’une personne qui possède à elle seule toutes les réponses à ces questions : Jessie Casteill, sophrologue et Formatrice professionnelle en présentiel et en ligne. Elle est très bien placée pour nous parler de ces sujets du burnout et de la reconversion, puisqu’elle a été enseignante vacataire de Sciences physiques en collège et lycée.

Voici donc ce qu’elle nous partage aujourd’hui  – NDLR : interview réalisée en décembre 2015.

 Qu’est-ce qui a déclenché ton désir de reconversion et quelles en ont été les étapes ?

J’ai choisi de changer de voie pour plusieurs raisons :

– physiques :mon corps m’a lâchée au bout de trois mois de mon dernier remplacement. Je travaillais toute la semaine au collège et au lycée, je n’avais pas de préparateur labo, c’était la première fois que j’avais autant de niveaux scolaires différents. Je démarrais à peine dans la profession ! Le soir je préparais les cours, le week end également, je ne faisais plus que travailler. Ce métier d’enseignant est très physique je déplaçais le matériel, rester souvent debout, devais gérer la classe. Je ne connaissais pas suffisamment d’astuces pour me préserver et je me suis fait aspirer dans mon propre jeu de vouloir trop en faire. Je me revois dans la salle de labo, avec tous ces produits chimiques qui puaient, entrain de sentir au fond de moi-même une boule au ventre et une petite voix qui me hurlais « tu n’es pas faite pour être ici ». Je marchais avec mes sacs le matin en marchant à reculons, j’entendais au loin les bruit de la cours de récréation, je n’avais tellement pas envie d’y être.

– l’envie de découvrir autre chose : toute ma vie je n’avais fait que des actions se rapportant à l’école. Collège, lycée, fac, prép. capes, enseignement. J’avais envie de découvrir d’autres univers, et me connaître vraiment. Qui étais-je ?

– le manque de positif: je trouve l’environnement scolaire stressant, négatif, et à l’encontre de l’épanouissement de soi. C’est un avis personnel bien sûr, et influencé par le burn out que j’y ai fais. Certaines pers s’y sentent très bien.

– apporter un sens à ma vie: développer des actions qui sont le fruit de ce que je suis réellement, mes aspirations profondes, et non pas quelque chose dans laquelle je suis douée mais où mes valeurs ne s’y retrouvent pas comme c’était le cas dans les sciences physiques.

 

Comment as-tu réussi à trouver ta nouvelle voie ?

J’ai rencontré un jour dans un salon de bien-être une Sophrologue. Je lui ai posé quelques questions sur la Sophrologie, et c’est comme ça que j’ai eu envie de devenir Sophrologue.

Une image très forte qui me revient, c’est dans la salle des profs, je regardais les formations pour devenir Sophrologue. J’avais envie de me lancer.

Et c’est au cours de la formation de Sophrologie, quand j’ai ressenti tous les bienfaits sur mon corps et dans ma vie que m’avaient apportés la Sophrologie que j’ai eu envie d’en faire véritablement mon métier.

 

 

Quels sont les aspects de ton métier actuel qui font que tu ne reviendras pas en arrière pour redevenir enseignante ?

J’ai envie de répondre en évoquant les valeurs les plus importantes pour moi.

Le respect de son corps et de son rythme biologique : je choisis mes horaires, me repose quand j’en ai besoin, travaille à l’heure que je
prend mes vacances quand mon corps le décide et non quand le système l’impose. Je suis assise, aide une personne ou un groupe qui sont l’énergie dépensée n’est pas du tout la même, qu’est-ce que je me sens épanouie, bien, équilibrée, posée dans ma vie.

Je suis alignée entre ce que je fais, et ce que je suis : cela m’est fondamentalement plus important que d’aider les jeunes à comprendre de la physique chimie.

Les réseaux : je rencontre des millions de gens qui travaillent sur le net, j’ai aidé des tas de gens de tout âge, des enfants, des ados, des adultes.

La possibilité d’évolution : j’ai énormément de possibilités de travail. La Sophrologie peut s’insérer dans tellement de branche différentes (entreprises, en ligne, séances en cabinet, en groupe…) c’est gigantesque.

Comment s’est manifesté ton burn out et qu’est-ce qui t’a aidé à t’en remettre ?

Les souvenirs que j’en ai : me doucher assise, d’épuisement. Pleurs à répétition sans savoir pourquoi. Perte de repères, plus arriver à travailler. Dégoût des élèves, de la matière, de l’établissement. Arrêt de travail par ordre du médecin.

Ce qui m’a aidée :

– Voir et faire d’autres métiers: stages dans les écoles primaires, pédagogie alternative, directrice de colonie de vacances scientifiques, formatrice BAFA, animatrice scientifique… ça m’a ouvert l’esprit.

– travailler sur moi: pratiquer de la Sophrologie, du coaching, de la psychothérapie positive

De quelle manière cela a-t-il influencé ta décision de te reconvertir ?

Quand j’ai arrêté l’enseignement, j’ai fait une dépression. Je me suis retrouvée seule chez moi, à ne pas quoi savoir faire de ma vie. Tous les gens autour de moi qui partais travailler. Je ne savais pas à l’époque que c’était le début d’un rebondissement extraordinaire, et que prendre le temps pour découvrir qui on est vraiment, quels sont nos besoins, nos aspirations profondes ça fait décupler son bonheur ensuite, et ce qui fait que chaque matin j’ai envie de me lever, j’adore mon job, je suis fière de

la personne que je suis devenue aujourd’hui.

Avec le recul sur ton parcours, ainsi que ton expérience de praticienne, quels conseils ou exercices pratiques peux-tu donner aux enseignants stressés susceptibles d’être concernés par le burn out ?

Je vais donner deux conseils, et vous faire tester un exercice de Sophrologie.

Conseils :
- Chercher l’équilibre. Souvent les personnes qui souffrent de burn out sont des gens qui en font beaucoup trop, et qui s’oublient dans leur travail. Souvent ce sont à la base des gens qui aiment ce qui font. Donc si vous voulez arriver à garder votre travail et ne pas en être dégouté comme j’ai pu l’être, vous devez tout simplement vous reconnecter avec vous-même. Faire attention en permanence à votre état interne. Vous devenez ainsi attentif à votre baromètre interne et vous pouvez relâcher la pression avec des exercices de gestion du stress, avec du repos, avec des activités pour garder votre équilibre. a se travaille mais c’est possible.

Faites vous confiance : Si vous vous faites confiance, vous n’aurez pas besoin d’en faire autant pour sentir au fond de vous que vous avez fait du bon travail. Vous pourrez en faire moins, et être tout autant satisfait et ainsi vous vous préserver et vous éviter l’épuisement. Se faire confiance ça s’apprend. Ca ne se fait pas en une seule fois, et ça s’entretient. C’est ce qui m’a donné envie de faire un programme en ligne sur la confiance en soi, qui retrace tous les meilleurs outils que j’ai utilisés tout au long de ces années et qui font qu’aujourd’hui j’ai un équilibre dans ma vie et dans mon travail, que je suis plus productive, et que j’arrive à lever le pied. 9 étapes pour booster sa confiance en soi.

 

En quoi la Sophrologie peut-elle aider les enseignants en piste de reconversion ?

Pour retrouver son équilibre. Se reconnecter fondamentalement avec soi, afin de percevoir ses besoins physiologiques. Libérer le mental des pensées parasites, gérer son stress, améliorer son sommeil, mais surtout reprendre confiance en soi pour ne pas avoir besoin de travailler autant pour être heureux. du coup on en fait plus en moins de temps, et on en libère pour prendre soin de soi.

Je vous invite à pratiquer la Sophrologie dans mon programme 9 étapes pour booster sa confiance en soi, et un plus complet sur comment retrouver son équilibre qui est un accompagnement de 6 mois avec une vidéo par semaine à pratiquer. C’est pas énorme en temps d’investissement et ça peut vous changer votre vie.

Pour conclure, je vous souhaite à tous de trouver votre équilibre interne et aussi de vous trouver à la place que vous avez vous même construite.

 

Merci à Jessie Casteill pour cet échange! 

Voie de reconversion: Christelle, de l’audit financier à prof puis autrice jeunesse & culinaire

Aujourd’hui, je souhaite partager avec vous le parcours de Christelle Huet-Gomez.

NDLR : Interview de 2015

Elle a exercé différents métiers et a réussi sa reconversion d’enseignante pour devenir auteure jeunesse et culinaire : elle tient un blog de pâtisserie (qui personnellement me fait saliver à chaque fois que j’y fais un tour), écrit des livres de cuisine ainsi que de la littérature jeunesse qu’elle illustre également. Un créneau qui, je le sais, intéresse bon nombre d’enseignants en recherche de reconversion. Son témoignage montre que c’est encore possible, dans ce contexte de crise, de réussir dans la voie de l’écriture. Du talent, du travail, voilà sans doute les clés de son succès. NDLR: interview réalisée en 2015

Pouvez-vous nous présenter votre métier actuel  et ce qui vous a menée là ?

Aujourd’hui, j’écris des livres pour enfants et des livres de cuisine. A ce jour, j’ai publié une soixantaine de livres pour enfants et 5 livres de pâtisserie. J’ai écrit une première histoire pour ma fille aînée il y a maintenant 7 ans. J’ai tellement aimé écrire cette histoire que je l’ai tout de suite envoyée à de nombreux éditeurs. J’ai ensuite continué d’écrire sans cesse jusqu’à obtenir enfin un “oui”. Cela a pris un an environ. Ensuite, tout s’est enchaîné. Concernant la cuisine, j’ai ouvert un blog de pâtisserie en avril 2013 et j’ai monté un projet de livre en septembre de la même année. Pour moi, c’était une suite logique. Le projet a été accepté et je travaille depuis de façon régulière avec le même éditeur.

Qu’est-ce qui a fait que vous avez voulu vous reconvertir et comment avez-vous choisi l’enseignement puis l’écriture ?

Avant d’enseigner, je faisais de l’audit financier. J’ai eu envie d’enseigner car j’avais besoin de me sentir utile. J’ai donc passé mon CAPES d’histoire-géographie (j’étais inscrite en fac d’histoire par correspondance depuis 3 ans). Je suis restée professeur pendant 5 ans, toujours dans des collèges et toujours en ZEP (c’était un choix, j’aimais travailler en ZEP). Je n’ai pas vraiment “voulu” me reconvertir car j’aimais beaucoup mon métier d’enseignante. Mais l’appel de l’écriture a été plus fort encore.

Pourquoi et comment avez-vous quitté votre poste d’enseignante ?

J’ai eu envie de tenter l’aventure de l’écriture à plein temps. Je me suis donné un an pour ça. J’avais alors pris une disponibilité. Si cela n’avait pas fonctionné, je serais retournée à l’éducation.

Est-ce que vous avez suivi une formation, reçu des aides de la hiérarchie (au niveau financier ou autre) ? Comment avez-vous financé vos projets?

Je n’ai rien reçu, mais je n’ai rien demandé non plus ! J’aurais peut-être dû, je n’ai jamais pensé que des aides pouvaient exister (surtout pour devenir auteur)… Quand j’ai pris cette année de disponibilité, j’étais encore mariée, c’est donc mon mari qui subvenait aux besoins de la famille. Ensuite, j’ai pu gagner ma vie grâce à l’écriture. Je n’ai pas suivi de formation.

Aujourd’hui, quel regard portez-vous sur la période où vous étiez enseignante ? Est-ce qu’il y a des aspects de ce métier qui vous manquent?

J’aimais énormément mon métier et certains aspects me manquent : les élèves, les collègues… Aujourd’hui, j’interviens parfois dans les classes pour présenter mon travail. Ça me rappelle mon ancien métier et j’y trouve toujours beaucoup de plaisir. Les élèves me manqueront toute ma vie je pense, je les aimais vraiment beaucoup. Par contre, les corrections de copies et les conseils de classe ne me manquent pas du tout !

Qu’est-ce que vous préférez dans votre travail actuel ?

La liberté ! J’ai une totale liberté d’organisation, je travaille en grande partie à la maison et j’adore ça. J’ai des horaires souples qui me permettent de m’occuper de mes 3 enfants. Mes deux métiers correspondent à mes deux passions, j’ai beaucoup de chance.

Quels conseils pourriez-vous donner à quelqu’un qui n’ose pas franchir le pas pour se reconvertir en dehors de l’enseignement ? Et pour un enseignant qui souhaite devenir auteur en littérature jeunesse ou dans le domaine culinaire?

Le meilleur conseil à donner, c’est de travailler sans relâche pour atteindre son but et de ne jamais se décourager. Je dis souvent que j’ai de la chance, mais en réalité j’ai énormément travaillé pour pouvoir vivre aujourd’hui de ce qui me passionne. En ce qui concerne l’écriture plus précisément, cela peut être décourageant car les places sont chères et il faut souvent accepter d’innombrables refus avant de commencer à publier. D’ailleurs, ce n’est jamais gagné car, même après des années, le taux de refus reste très élevé ! On ne sait jamais à l’avance si un texte sera publié ou pas.

Merci beaucoup à Christelle d’avoir pris le temps de répondre à ces questions, on lui souhaite plein de succès pour ses prochaines publications.