Chère émotion ,

 

 

 

 

Tu arrives sans prévenir 

 

Et tu m’emportes à chaque fois 

 

Même si tu peux me guérir 

 

Il m’arrive d’en avoir marre de toi

 

 

 

Tu es la vague qui me soulève 

 

En me faisant toucher le ciel 

 

Soudain tu échoues sur la grève 

 

Et tu m’épuises dès le réveil

 

 

 

Le lendemain tu es un feu 

 

Que je ne sais pas très bien nommer 

 

Tu me dévores ou chauffes un peu 

 

Mes plaies béantes exacerbées

 

  

 

Aussitôt que je ne pense plus 

 

Voilà que tu reviens déjà 

 

Tu es l’air mille fois entendu 

 

Celui que je ressasse en moi

 

  

 

Parfois j’aimerais toucher la terre 

 

Arrêter tout juste un instant 

 

Mais quand je me sens solitaire 

 

Je regrette un peu tes élans

 

  

 

Je ne saurai jamais qui tu es 

 

Tu es tout et rien à la fois 

 

Le trop ou le jamais assez 

 

Un manège qui ne s’arrête pas 

 

 

 

 

Va et viens, je ne t’en veux plus 

 

De tes soubresauts fatigants 

 

Je connais l’intensité vécue 

 

Grâce à mon ressenti présent

 

  

 

Je sais que tu es le mouvement

 

Qui me maintient aussi en vie 

 

Tu es l’émotion du moment 

 

Je veux aussi te dire merci. 

Marion Dorval