Acrasie : agir à l’encontre de son meilleur jugement; un peu comme quand la couette ne rentre pas bien dans les coins et que ça t’empêche de dormir.

 

Dear One,

tu l’as lu dans le titre  : « déroger à ses principes sans se flageller ».

Je n’ai jamais eu la prétention de donner des conseils de vie et si tu me lis depuis un moment, tu sais que ma seule intention est d’expérimenter un processus créatif, un processus de vie. D’où il ressort des partages parfois assez intimes, parce que je sens qu’il peut y avoir de la résonance quelque part et que j’écris les mots que j’aurais bien voulu lire.

Et donc me voici avec ce titre, qui résumait bien ma pensée au moment où l’inspiration est venue.

Puis s’est figée (l’inspiration).

Je ris, parce que l’écriture a ceci de puissant qu’elle nous met face à notre vérité sans qu’on puisse se dérober. Clairement, cette question d’être en cohérence avec ses valeurs m’a fait tellement me torturer le cerveau que j’ai repoussé l’écriture de ma lettre, pour un peu toujours la même histoire: peur d’en dire trop ou pas assez, des banalités ou des phrase obscures. Me fourvoyer, me risquer, déplaire…

C’est ce même phénomène qui débouche heureusement sur davantage de latitude d’action, de pensée, de sensations.

Et c’est exactement ce qui m’est arrivé avec la publication de mon livre.

J’ai sciemment choisi de m’autoéditer (quelle liberté) et j’ai mis un temps fou à trouver une plateforme qui me convienne (control freak team).

Tout sauf Amazon! (c’est le maaaaaal!)

Tu devines la suite : je n’ai pas pu y couper. Je te passe les détails techniques, mais en gros, tout est fait pour te faciliter la vie là-bas (marrant cette ressemblance avec le diaaable! ah non, on appelle ça la facilité de consommation, pardon).

Et donc découragée par les contraintes, après un gros retard de pris, j’ai cédé à la facilité et j’ai eu l’impression de me faire la pire trahison: pactiser avec un GAFAM!

Pire: diffuser mes mots là où je ne voulais surtout pas qu’ils aillent.

C’est une minuscule anecdote dans la petite histoire de ma petite vie. 

Pourtant je sais que d’autres s’en veulent régulièrement, au travail, dans leur vie personnelle, de se sentir désaccordés avec leurs valeurs, à cause de choix imposés ou subis. ça fait beaucoup de broutilles qui peuvent quand même gâcher la vie au final, non?

Petit récapitulatif du processus:

  • nous voulons être cohérents entre nos pensées, nos valeurs, nos actions. C’est ça qui nous amène l’harmonie intérieure, c’est ça qui nous fait avancer, oser, et qui nous rapproche des autres par une affirmation positive de nos idéaux.
  • nous nous maltraitons avec nos discours intérieurs (héritage judéo-chrétien sans doute, mais je veux sortir de cette vision fataliste); nous voudrions être parfaits, irréprochables;
  • nous avons bien sûr terriblement peur d’être jugés, déconsidérés… nous voulons être aimés!
  • nous sommes tiraillés intérieurement si fort quand les circonstances extérieures nous font agir à l’encontre de nos valeurs (quand ça veut pas, ça veut pas). Et alors nous nous figeons: nous ne voyons plus que là où nous avons dévié de notre chemin, pensant qu’il y a faute et que nous sommes perdus.

(…)

Cet article est un extrait de ma lettre « Les mots doux et puissants » d’octobre 2020. 

Pour lire le texte en entier, découvrez « Les mots doux et puissants – Lettres choisies pour les âmes vivantes »: