Je suis très attachée au thème de la créativité, et je cherche constamment comment la développer et la nourrir chez moi, mais aussi chez les autres. On se pose souvent la question de savoir comment susciter une idée créative quand on est en panne d’inspiration, ou bien quand on tourne un peu en rond…

Mais il y a aussi un corollaire à tout ça: parfois, on a le cerveau prêt à exploser d’idées. Ca fourmille, c’est un feu d’artifice, un torrent intarrissable.

idee creativite

Et là, il devient difficile de canaliser sa créativité. La preuve: alors même que je rédige cet article, je pense à un autre thème pour un prochain billet. Je dois donc lutter pour garder ma ligne directrice, tout en ayant peur de lâcher trop vite l’autre idée et qu’elle ne s’efface rapidement. Sans que j’aie eu le temps de la mettre en mots ou en voix.

Je voulais donc vous proposer une petite comparaison – ou bien une métaphore, c’est selon la façon de l’employer.

Pour réussir à donner vie à son idée, il faut la suivre.

Et pour cela, il faut suivre le fil de son idée, ou de ses idées.

Si l’on est au pluriel, hé bien cela veut dire qu’elles sont plusieurs dans la même pelote. Mais liées ensemble: idées liées par un fil conducteur pardi!

Et si on n’a qu’une seule idée en tête, on peut aussi dérouler la pelote pour voir jusqu’où cela nous mènera: parfois le résultat final n’a plus grand chose à voir avec la conception initiale. Et peu importe, ce qui compte c’est d’être allé au bout.

J’ai remarqué que c’est souvent lorsqu’on a peur de manquer – vaste thème que celui du manque – c’est donc souvent à cause de cela, qu’on se raccroche à la moindre idée comme à une bouée de sauvetage. Pas question de lâcher prise pour la laisser suivre son cours, un doigt glissé sur la pelote qui se débobine, tranquillement. Suivre le cours sans forcer, sans tirer pour arriver très vite au bout de l’écheveau, mais sans non plus être trop négligent et perdre le fil…

L’idéal, ce serait donc ça: laisser faire tout en gardant un oeil sur le processus.

 

Or donc, qui a peur de la panne et du manque de créativité, aura bien du mal à suivre son idée jusqu’au bout.

Car alors, on a plutôt tendance à collectionner les idées. Je remarque en tout cas chez moi une tendance à me laisser submerger par des paquets de noeuds d’idées, sans faire l’effort d’aller jusqu’au bout. C’est tout simplement rassurant de voir que la boîte créative marche bien, la germination s’est faite. Mais à quoi bon, si c’est pour laisser tout ça en plan, en attendant la prochaine salve de projets?

Je garde donc cette image en tête, j’essaie de me la rappeler souvent: une idée arrive, une autre, encore une autre…hop!

Je les note, je les enregistre… au moins garder une trace de la genèse.

Et puis là vient l’étape délicate mais nécessaire du tri des priorités: qu’est-ce que je vais traiter en premier?

Choisir, c’est renoncer… mais choisir c’est s’engager et remonter le fil pour aboutir à un résultat tangible et fini.

Alors je lâche prise sur les idées non directement liées entre elles, j’essaie de garder ce qui me semble de prime abord le plus évident. Ce qui me parle le plus ou me fait le plus envie.

Je déroule le fil, j’explore l’idée, j’essaie d’élargir un peu pour mieux délimiter ensuite un cadre stable mais non rigide. Garder de la place pour l’évolution, toujours.

J’essaie d’aller au bout.

C’est là qu’interviennent d’autres stratégies, dont je vous parlerai sans doute une autre fois, pour instiller un peu de rigueur et ne pas se faire avoir par la procrastination.

Suivre le fil de manière régulière, c’est donc la suite logique de ce premier effort vers un choix conscient et engagé dans la créativité.

Assumer aussi que pendant le temps où l’on déroulera le fil de cette idée ou de ce noyau d’idées adjacentes, on aura moins de temps pour s’occuper d’autre chose.

Savoir que cela ne signifie pas qu’on perd la trace ou l’inspiration pour autre chose.

Que comme pour une fleur coupée, la floraison peut se reproduire.

Encore une question de mouvement ou de cycle, finalement….