“Je décide de faire un peu de rangement. Et puis je retrouve

  • des photos non classées empilées depuis déjà plusieurs mois
  • un carnet de l’an dernier avec des notes qui semblent posées là sans avoir de suite
  • des fichiers dans l’ordi qui portent tous le même nom « projet »
  • une feuille de routine bien-être que j’ai arrêtée de suivre au bout de quelques jours

Tout ce que je commence, je ne le finis pas.

J’ai plein d’idées, je suis enthousiaste quand je commence, mais ça ne va jamais plus loin.”

 

Peut-être que c’est un comportement récurrent chez vous…

Ne pas réussir à terminer, c’est s’exposer à vivre de la frustration.

On est déçu par soi-même.

On ressent un sentiment d’échec, d’incapacité.

L’inachevé a un goût amer: « tout ça pour ça », « je suis nul, j’arrive à rien »…

 

Qu’est-ce qui m’empêche de terminer?

Bien souvent, l’élan du début retombe vite.

C’est là qu’on peut se rendre compte des mécanismes cachés derrière ce fonctionnement problématique.

Si je suis emballé par mon idée, je perds vite conscience des contraintes liées à sa réalisation.

Peut-être que j’ai le temps de commencer aujourd’hui, d’y passer du temps. Mais je n’ai pas planifié la suite, et surtout je n’ai même pas pensé qu’il allait me falloir bien plus de temps que ce que j’imagine pour finir. Je ne suis pas toujours réaliste sur la durée nécessaire. 

Et si j’avais tout le temps de finir? 

Alors, je serais en mesure de pouvoir partager ou montrer mon travail.

Comment est-ce que je me sens avec cette idée? 

Peut-être que j’ai peur du regard des autres sur ce que j’ai fait.

Peut-être que je ne supporte pas l’idée d’être déçu par le résultat.

Ce ne sera jamais assez bien, jamais aussi parfait que dans mon esprit.

Je ne supporterai pas le décalage entre mon idée et sa réalisation matérielle.

Peut-être que je me sentirais vide, parce que je n’aurais plus rien d’autre à faire. 

Dans ce cas, avoir toujours toutes choses non terminées autour de moi  fait écho à ma peur du vide, du silence… écho à toutes ces choses en moi dont je ne veux me défaire: des situations non réglées, des événements non digérés… que je garde là sans rien en faire.

 

Terminer, c’est s’affirmer et oser vivre sa vie

 Le rapport au temps révèle bien à quel point on désire inscrire sa marque durant son passage sur Terre.

Quand je ne termine pas, je n’ose pas prendre le risque de l’imperfection.

Je refuse de me confronter à la déception, à l’échec, aux sentiments en demi-teinte.

Je suis dans le tout ou rien: je voudrais parachever mon projet rapidement et parfaitement, ou alors rien du tout.

Prendre le temps de se confronter à la difficulté, persévérer dans l’effort, c’est reconnaître qu’on ne peut s’engager qu’en révélant ses failles. Mais aussi risquer de réussir, de briller, d’être reconnu.

C’est avancer et s’autoriser à voir plus grand, une fois qu’on sera allé au bout de son idée. La satisfaction du travail fini, quel qu’il soit, entretient évidemment l’estime de soi. Si je m’en prive, je me conforte dans l’idée que je ne vaux rien ou presque.

Comment terminer sans me mettre la pression?

J’ai constaté que le plus dur est de cultiver l’élan du début sans l’enfermer mais sans le laisser s’éteindre non plus.

Pour cela, il faut à mon avis deux grands ingrédients.

 

Une motivation profonde pour donner du sens

 

  • Est-ce que l’action dans laquelle je me lance a vraiment du sens pour moi? Ou est-ce que je la fais pour correspondre à une mode, pour tester une activité, pour faire semblant? Si je laisse tomber au final en ayant conscience que je ne tenais pas tant que ça à aller au bout, alors j’aurai moins de frustration.

 

  • Souvent, la motivation est plus facile à entretenir quand il y a un challenge ou une stimulation qui nous plaît. Un peu de pression pour ne pas laisser tomber à la moindre occasion, ça peut aider. A chacun de doser pour savoir ce qui peut le faire tenir sur la durée.

 

Un cadre stimulant pour passer à l’action

 

  • S’inscrire dans un cadre, c’est poser des contraintes qui sont là pour faire progresser le projet et aussi pour canaliser les émotions ressenties tout au long de sa réalisation.
  • On peut déjà commencer par faire un constat réaliste du temps dont on dispose: est-ce qu’il faut vraiment que je termine ça en 3 jours? Est-ce que j’ai vraiment du temps devant moi, pour m’y mettre un peu chaque jour et finir dans le temps voulu?
  • Mettre la barre un peu moins haut ce n’est pas céder à la facilité: c’est tenir compte de la réalité et calmer son perfectionnisme.
  • Structurer est indispensable si on a tendance à s’éparpiller : on a souvent peur que ça tue la créativité ou que ça rende les choses moins agréables, mais au contraire ça allège le mental et on peut ainsi se concentrer sur l’essentiel.
  • Mettre en place une routine est une bonne solution pour ne pas perdre de vue son idée et pour la faire progresser tranquillement: on choisit une durée et un jour auquel on se consacre à avancer.

Le cadre, ce sont aussi les personnes qui peuvent aider à réaliser l’idée. 

Peut-être que s’entourer de gens qui s’y connaissent, demander de l’aide, permettra d’alléger la tâche. 

Peut-être que les autres peuvent aussi servir de témoins: on peut s’engager devant eux à terminer son idée à telle date. S’engager devant une personne de confiance peut bien fonctionner si on tolère un peu de pression. 

Et à plusieurs? Si on s’inscrit dans un groupe où chacun veut réaliser le même type de projet, la motivation peut augmenter. L’entraide et la stimulation bienveillantes sont des ingrédients précieux pour aller au bout et ne pas procrastiner.

 

Besoin de se libérer du regard des autres?