peur du silence

Qui n’a jamais été mal à l’aise à cause des blancs dans une discussion?

 La conversation est lancée et on ne sait soudain plus quoi dire pour rebondir ou relancer.

On a peur du silence. On n’ose plus s’exprimer.

 Et si on essayait de dédramatiser le silence et de lui redonner la place qu’il mérite?

 Et si on pouvait en faire un allié pour s’affirmer?

 

Un torrent de pensées déclenché par le silence

 C’est ton tour de prendre la parole… tu n’as pas dit un mot depuis un moment.Et puis: rien.

Le blanc total.

Les pensées par contre se bousculent dans ton mental:

  • Je n’ai rien à dire, on va croire que je m’ennuie.
  • Je ne suis pas aussi intéressant que les autres.
  • J’ai beau chercher, je ne trouve rien à rajouter qui n’a pas déjà été dit.
  • Je vais avoir l’air idiot, on va penser que je n’ai aucune culture.
  • Je ressemble à une plante verte, ils vont trouver que je suis totalement coincé.

Plus le silence s’installe, plus les pensées prennent de la place. Plus on stresse de rester sans mot.

 Tu connais ce cercle vicieux? 

Qu’est-ce qui se cache derrière la peur du silence?

 Dans notre culture occidentale, on nous a règle générale appris qu’il faut écouter les autres, se taire avant de prendre la parole au bon moment. Mais curieusement, le silence est mal vu… d’où notre malaise quand il se produit.

 Quand plus personne ne dit rien dans une conversation, le temps semble s’arrêter.

 Il nous faut à tout prix combler le vide laissé.

 On se met la pression pour trouver un sujet de conversation approprié. Et on se juge sévèrement s’il est en rupture avec ce qui a été dit précédemment… on cherche à tout prix à trouver des liens. Le perfectionnisme nous joue encore des tours car on ne sent jamais assez à la hauteur de ce que les autres peuvent apporter dans la discussion.

 On voudrait avoir de la répartie à tout moment. Savoir répliquer habilement, c’est éviter de se retrouver désarçonné ou perturbé. C’est maîtriser la tournure de la conversation.

 Pourquoi?

 Parce qu’on pense que les blancs risquent de rendre notre malaise visible.

 

 Le silence est nécessaire et peut devenir un allié

 

 Lorsqu’on est de nature hypersensible ou anxieuse, on voit souvent les situations en tout ou rien.

  J’aime dire que je préfère voir les choses en yin et yang: dans toute chose il y a une infinité de possibilités.

 Le silence n’est ni bon ni mauvais en soi.

 Tout est donc une question de perception.  Et si on apprivoisait le silence? 

 

  • le silence laisse la place aux messages non verbaux. Tu peux t’autoriser à acquiescer ou hocher de la tête, adresser un regard à ton interlocuteur pour signifier que tu restes dans l’échange. Ainsi, les gestes, les postures, les regards, peuvent prendre le relais des mots. C’est parfois tout aussi efficace et cela maintient le contact. 
  • le silence permet de mettre en relief nos propos. Une discussion n’est pas forcée de se dérouler à bâtons rompus… Si tu parles moins mais que tu le fais en prenant le soin de dire des choses importantes pour toi, sans te forcer à « parler pour ne rien dire », alors les autres retiendront l’essentiel. Se laisser le droit d’être silencieux peut donc être une manière de s’affirmer. Combien de gens parlent sans s’arrêter et sans pourtant apporter rien de plus dans la conversation?
  • le silence a la place que tu lui accordes. Tant qu’on en a peur, qu’on le maintient à distance, on se force à parler. On ressasse ensuite en se disant qu’on n’a rien dit d’intéressant. Or prendre le temps du silence, c’est se donner le droit de refuser de réagir de façon imémdiate. Prendre le temps de digérer les informations reçues, de se positionner. Prendre le temps d’observer les autres, de se recentrer et de prendre ou non la parole. Savoir se donner le droit au silence c’est commencer à s’autoriser à être soi-même devant les autres.

 

 

 Oser s’exprimer en apprivoisant le silence

 

 Le silence est une respiration… il est nécessaire pour relancer le souffle.

 En chant, le silence correspond à l’inspiration: c’est sur l’expir qu’on peut émettre un son.

 

Si tu chantes sans laisser de silence, tu vas t’essouffler. Si tu prends le temps de reprendre ton souffle, à l’expir tu poseras ta voix de façon plus assurée, plus consciente aussi.

 C’est pareil dans une discussion.

 Laisser de l’air, donc du silence, dans nos échanges, c’est nous donner un petit tremplin pour repartir vers l’autre.

 En choisissant la direction qui nous parle, que ce soit la même que lui ou une autre.

Ce processus est naturel et pourtant, nous l’avons oublié ou désappris. C’est possible de s’entraîner avec plaisir à être à l’aise avec le silence. 

Dans mon accompagnement en chant créatif, j’aide chacun à apprivoiser le silence, à se sentir à l’aise avec.

En reprenant confiance dans sa voix et en osant la libérer, on se détache peu à peu de la peur du regard des autres… et on fait du silence un outil d’affirmation de soi.