Rejoindre les autres par l’expérience du corps et de la voix

voix pleine conscience

Se pourrait-il que les autres me rejoignent?

Se pourrait-il qu’enfin ils touchent du doigt une part de ma réalité?

Celle qui fait que pour me sentir bien, mon seul choix est de m’occuper de mon corps presque en permanence.

Que pour cela, j’évite certains bruits, certains lieux, certaines activités… et certaines personnes.

Que pour cela, je choisis aussi sciemment certains sons à écouter ou chanter, certains lieux où me regénérer, certaines personnes pour me soutenir et m’inspirer.

Que pour cela, j’ai tant besoin de ralentir, faire silence, m’isoler, pour me ressourcer.

Quoi de plus naturel?

La pandémie a révélé à certaines personnes que le bien-être ne consiste pas à réserver une heure par-ci par-là pour se faire du bien au corps et apaiser son esprit.

Se sentir bien passe d’abord et avant tout par respecter ce qui nous appelle depuis l’intérieur, tout autant que respecter tout ce qui est extérieur et nous fait pourtant vivre. Notre nature profonde reliée à la Nature, notre nature profonde réveillée et révélée par la Nature.

Nos degrés de sensibilité varient continuellement et individuellement, selon les contextes qu’on traverse et selon les vécus que l’on porte.

Nos degrés de sensibilité sont aussi fortement influencés par nos rapports aux autres.

Et donc par nos rapports à la sensibilité des autres.

Est-ce qu’il m’arrive de trouver quelqu’un inadapté, trop sensible?

Est-ce qu’il m’arrive de penser de quelqu’un que c’est un roc, quelqu’un d’insensible?

Est-ce qu’il m’arrive de me rendre compte que chaque fois que je m’autorise à vivre ma propre sensibilité, par simple contagion émotionnelle, j’autorise les autres à en faire autant?

Plus je respecte comment je fonctionne, plus j’aide les autres à en faire autant et oser se libérer des contraintes intérieures.

Faire avec c’est être tout contre; embrasser réellement (oui avec un câlin) nos propres possibilités, nos apparentes limites.

Malgré les contraintes externes, nous avons encore en nous la possibilité de choisir de respecter notre corps, pour nous-mêmes et par nous-mêmes.

Cela m’a pris plus de trente ans pour me l’autoriser.

Je le sentais pourtant depuis toujours mais j’avais fini par enfouir tout ça pour me conformer au monde extérieur.

Et certains jours c’est encore dur de ne pas me brider de mille façons pour faire ou être ce que je crois être bien et qui n’est en fait qu’une injonction extérieure.

J’espère ne pas être la seule à pressentir cela en ce moment: à quel point se donner la permission d’être sensible, dans son corps, dans sa voix, dans ses mots, va déterminer la qualité du vivre ensemble de demain dans les espaces qui nous sont gracieusement prêtés pour faire l’expérience de la vie.

Il est bien question de respect et d’empathie.

Il ne sera plus question de comparer des souffrances et des luttes quand nous vivrons vraiment dans nos corps et non plus dans nos têtes.

Peut-être alors de la place pourra être faite pour non plus survivre, mais vivre enfin et savoir rejoindre les autres par des vécus échangés via une parole consciente, empathique et libre.

J’espère que c’est comme ça qu’on peut se rejoindre, parce que jusqu’ici je n’ai pas trouvé d’autre moyen…

ça fait partie de mes grands espoirs depuis l’an dernier.

Depuis que le monde s’est enfin réveillé aux réalités corporelles et donc sensibles que nous pouvons vivre dans des quotidiens justement si différents, si éloignés en apparence.

Nous restons des corps et des voix, au final.

Alors, peut-être, quand je sens quelque chose en moi, même si je m’en veux, même si je pense être la seule personne au monde à vivre cela de cette façon, je peux rester dans la conscience qu’ailleurs, dans des situations bien différentes, quelqu’un peut éprouver cela aussi dans son corps, à sa façon.

C’est ainsi qu’on connecte les esprits.

Par la voie du corps sensible.

Et c’est ainsi qu’on réalise que le vivre ensemble est encore possible, par l’interdépendance qui s’incarne tous les jours en nous.

  Avec foi dans la reliance des corps, au-delà des limites qu’on croit percevoir, au-delà des illusions et des récits naïfs, au-delà de toutes catégories créées pour diviser et  conceptualiser,

stay alive, take care and have fun.

Marion

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Toutes ces choses intenses qu’on tait

hypersensibilité

Toutes ces choses intenses en nous, toutes ces choses qu’on tait…

 

Toutes ces choses qu’on vit et dont on ne parle jamais.

Pourquoi?

Parce que personne n’en parle. ça ne fait pas partie des sujets abordés.

Le sujet n’existe pas.

Donc je n’ai pas de légitimité à en parler.

Pire : ça n’existe pas. Ces choses n’existent pas, je les ai pourtant vécues, ressenties.

Pourtant, elles n’ont aucune place au-dehors de moi.

Ni dans les récits de famille, ni dans les échanges avec les autres, ni dans les livres ni les chansons, ni dans les thèses, ni dans l’actualité. ça n’est pas à l’agenda.

Ou alors si peu, si peu, que ce peu renforce la honte de porter en soi ce qu’on tait.

C’est toujours la même chose.

On ne parle pas de soi, on ne parle pas de l’intime, des détails du quotidien qui font le limon du courant où l’on évolue.

Parce qu’on n’en entend pas parler. Les thèmes ordinaires font illusion, y compris dans le rassemblement qu’ils croient susciter, bien éphémère quand il n’est pas sous-tendu par une proximité intime de pensée.

A croire que c’est imaginaire, toutes ces choses du quotidien qui nous remuent mais qui ne renvoient à rien de ce qui est véhiculé partout, alors on n’en fait pas cas.

Ou alors, on réserve ça à des contextes bien particuliers: cabinets, consultations, cercles, confessionnal…

Tout ça c’est du C : C comme caché. En seul à seul, en groupe anonyme.

ça reste des choses à cacher comme la poussière sous le tapis.

Il faut régler le problème, car ça n’est pas joli, il faut expurger tout ça en quelque chose qu’on appellerait une force, il faut partager en petit comité pour revenir ensuite dans le monde ordinaire et son ronron conventionnel.

Ces choses, petites ou grandes, qui se répètent ou arrivent une fois : des détails du quotidien qui font naître des émotions intenses et pourtant insignifiées, parce que si peu partagées. Elles sont dans le corps, beaucoup, souvent. Elles engendrent inévitablement des pensées follement vagabondes qui sont remisées au fond de soi. Elles font bondir le coeur si fort qu’il espère parvenir à entretenir ce feu sans qu’il s’éteigne.

Je veux écrire sur ces choses intenses du quotidien, tellement refoulées qu’elles constituent le terreau pour la honte, le déni, mais aussi les allégresses incommensurables qui nous submergent pour un rien et nous encombrent terriblement quand on se sent seul à les ressentir. Des traces qui nous parcourent en tous sens.

Ce sont ces artefacts qui font qu’on se laisse tomber à un moment donné, parce qu’on croit être seul à les vivre intensément. On n’existe plus pour soi, on se doit d’exister au-devant des autres, en ravalant sa fierté, en prenant sur soi, en pensant et en parlant comme les autres.

Je voudrais rendre à l’ordinaire sa part d’extraordinaire quand il est vécu comme tel, avec des mots dignes de l’expérience. Des mots qui ne sont pas là pour émouvoir, simplement des mots qui révèlent le vécu de la réalité, qui pourrait être le mien mais aussi celui d’une seule personne – ou peut-être plus.

Je ne l’avais jamais dit avant, et maintenant que je le lis ici : je crois qu’on est plusieurs.

Un.e qui parle : un écho quelque part.

marion dorval

Touchant. Vibrant. Inspirant.

Les mots doux et puissants: l’inspiration pour trouver en soi l’écho intime qui fait avancer et oser.

Merci Marion d’être toi. Ceci m’inspire et j’espère qu’à mon tour, je serai moi de plus en plus…

Merci pour ce que tu es. Te lire est toujours source de joie et structurant pour moi qui doute et m’aime peu.

Tes paroles font tellement écho chez moi… ta sensibilité et tes mots pour l’exprimer me touchent profondément.

Ecrire sur soi pour enfin devenir soi-même

écriture thérapie

Ecrire son histoire pour enfin devenir soi

 

Qui suis-je ? Comment me définir devant les autres ?

Cette question est sûrement de celles qui me fascinent mais aussi celle qui m’agace le plus. Je n’aime pas me définir. Je suis capable d’apporter une réponse très succincte à « qui es-tu ? » comme de parler sans m’arrêter.

ça n’est pas correct.

Les codes sociaux exigent qu’on réponde à cela par le traditionnel alignement des réponses concernant l’âge, la situation familiale, la profession, le lieu de vie, les loisirs… brièvement mais sans se contenter du strict minimum.

Il n’y aura pas mort d’homme si l’on fait autrement.

Mais probablement un léger malaise dans l’assistance qui s’attend à un réponse conventionnelle, qui arrange tout le monde parce qu’on aura joué le jeu.

Et qu’on aura joué le jeu de donner aux autres de quoi se faire une représentation de nous-même. C’est aussi une façon d’amorcer un lien, de construire une relation. Celui qui ne dit rien de lui n’offre pas la possibilité aux autres d’entrer en relation. Je l’ai appris à mes dépens, en croyant me protéger je ne faisais que m’isoler davantage.

J’ai longtemps subi ces questionnements qui me figeaient car j’aurais voulu avoir l’audace de répondre librement, tout autant que je craignais terriblement d’être rejetée si je ne m’alignais pas sur le fonctionnement des autres. Je n’avais pourtant rien de spécial à revendiquer, rien à cacher non plus. Cette question est trop pesante, elle demande de résumer tout son monde, toute sa vie, en une petite phrase. Même sans verser dans la mégalomanie, elle fige parce qu’elle ne nous permet pas de prendre le temps de réfléchir à comment l’on veut se présenter au monde.

Pour retrouver cette liberté de choisir sa façon d’exister aux yeux des autres, l’écriture est une alliée de taille.

 

Ecrire le récit de soi, c’est à dire adopter une pratique d’écriture qui permet de se raconter sans censure, c’est tout d’abord retrouver ces espace-temps où l’on peut se livrer sans retenue. Parler de soi avec ses propres mots est alors un remède à bien des maux. Personne pour nous interrompre, personne pour nous fusiller du regard si la page reste blanche. Cette création entre soi et soi-même, c’est l’occasion de se fabriquer un cadre sécurisant, bienveillant, où tout est permis, en accord avec notre nature profonde.

 

Que ce soit par l’art du journal, de l’autobiographie, de l’écriture épistolaire, écrire à partir de soi et sur soi libère la créativité d’une façon bien différente qu’avec les pratiques conditionnant un résultat esthétique. Ici, nul besoin d’atteindre un certain nombre de pages, d’adopter un style particulier, de faire des effets de sens, de vouloir plaire. C’est le retour à la spontanéité et l’occasion d’enfin porter un regard doux sur soi, d’accomplir un acte digne apportant une satisfaction toute simple et pourtant ô combien réconfortante et joyeuse.

Ecrire pour soi, c’est avant toute chose prendre en charge son histoire.

Quand j’écris, je porte ma voix sans laisser personne d’autre parler à ma place. Nous existons à travers le regard des autres, que nous le voulions ou non. Chacun grandit en construisant une multitude de récits sur lui-même, sur les autres, sur le fonctionnement des relations, avec pour support les représentations sociales donc systémiques apportées par l’environnement familial, social, éducatif dans lequel nous avons grandi et où nous continuons d’évoluer. Reprendre le fil de son histoire c’est s’autoriser à la dérouler dans le sens qui nous permet de mieux intégrer nos failles, nos blessures, reconnaître nos victoires et notre beauté. C’est non seulement se soustraire aux diktats (le « ce que je crois que les autres croient sur moi », qui finit par nous définir tellement nous lui laissons la main) mais c’est prendre part activement à la création du sens que nous voulons pour notre vie. Déconstruire les idées que nous avons sur nous-mêmes, décoller les étiquettes qu’on nous a collées (à notre insu ou de notre plein gré) est un acte courageux et nécessaire pour vivre enfin sa vie.

 

Loin d’être une activité égoïste ou narcissique – renarcissisante certes, si l’on en a besoin, car elle restaure l’estime de soi et offre un nouveau regard plein de tendresse sur notre parcours– écrire le récit de soi c’est un premier pas pour s’ouvrir aux autres en se respectant profondément.

Pour tisser des liens authentiques, des relations vivantes, vibrantes, nous avons besoin d’être touchés.

Or, écrire sur soi c’est s’ouvrir sur l’autre, car être dans sa vulnérabilité, c’est se laisser voir, se laisser toucher donc être touché par les autres. En écrivant qui je suis, ce que je ressens, ce que je vis, d’où je viens, d’où je parle et où je souhaite aller, je risque une mise à nu. L’écriture, quand on s’y livre vraiment, ne laisse pas d’autre choix.

Et pourtant, c’est bien ce plongeon qui nous permet de laisser les autres nous voir comme nous sommes véritablement, sans artifice, sans se diminuer. Je ne parle pas là de faire lire ses écrits personnels : il suffit d’entrer dans une pratique toute personnelle du récit de soi pour constater au long cours, que notre regard sur les autres gagne en ouverture, en tolérance. Nous nous autorisons à parler de nous par petites touches, plus librement, quand nous sommes en confiance. Et offrir un bout de son histoire aux autres, c’est leur donner la possibilité de nous rejoindre là où eux aussi ont peut être été touchés, blessés, émerveillés.

Redonner de la voix à son histoire, être vivant en portant ses stigmates, ses victoires, faire avec en embrassant le tout, sans se sentir coupable mais plutôt libre de faire agir ce récit comme bon nous semble. Un acte à la fois responsable pour ne plus subir son passé et craindre l’avenir, un acte fondateur d’une vie créatrice qui intègre nos différentes facettes et nous fait envisager « je », cet autre, et tous les autres, comme des êtres dignes de se raconter par eux-mêmes.

Faire entendre sa voix est vital, par tous les moyens.

L’écriture aide à vivre, l’écriture relie, l’écriture redonne joie, force, courage.

                             marion dorval

Ce sentiment de décalage permanent

Ce sentiment de décalage permanent

 Comment expliquer aux autres qu’on ne se sent pas comme eux ?

Comment comprendre ce qui nous fait nous sentir si différent au tréfonds de nous-même ?

Comment faire pour ne plus souffrir de ne pas rentrer dans les cases ?

 

Moi, Marion, je ne rentre pas dans les cases – du moins c’est ce que je me dis – et de fait, je suis souvent en décalage avec les autres. J’ai réussi à composer avec ce sentiment sans que cela devienne une idée fixe, un problème ou la seule identité que je m’autorise.

Ce billet n’a pas pour but de répondre à ces questions en « comment ». Ma démarche a pour but de proposer une mise en lumière différente, non pas de donner des clés ou des solutions toutes faites. J’estime que chacun a en lui les ressources pour s’approprier ce qui lui parlera – ou non. Ma mise en questions a donc pour intention de provoquer chez vous un écho, et c’est à partir de cela que vous trouverez de vous-même des éléments de réponse. Je partage ma réflexion à partir de ce que j’ai vécu personnellement et de ce que je mets en pratique avec Mémovoix. Libre à chacun de construire sa propre voie, en laissant résonner mes mots et en mettant en acte un chemin qui ressemble à ce qui brille au fond de nous…

 

Les deux niveaux de décalage

Le sentiment de décalage peut se définir à deux niveaux à mon sens.

Le premier niveau est celui des faits. Par rapport à la norme, et donc aux multiples sous-normes qui existent dans toute vie en société, nous pouvons nous sentir en décalage. Par nos choix de vie, nous ne nous dissolvons pas dans la norme et n’obéissons pas, ou seulement en partie, aux codes sociaux. Ces choix peuvent correspondre aux orientations sexuelles, politiques, religieuses, philosophiques, aux choix alimentaires, vestimentaires, géographiques, consommatoires… tout comme aux modes de pensée qui relèvent d’un choix conscient ou bien d’un fonctionnement neurocognitif différent (ou du moins vécu comme tel par rapport à la norme). Chaque acte, chaque décision que nous posons va en effet tendre à nous rapprocher ou nous éloigner des normes. J’entends par norme ici, « ce qui a cours la majorité du temps, qui est couramment pratiqué, pensé, observé, vécu ». En gros, c’est la tendance majoritaire… Objectivement, celui ou celle qui ne suit pas les tendances est en minorité et peut donc se sentir en décalage.

Le deuxième niveau de décalage que j’entrevois est celui du sentiment. Ce sentiment est intrinsèquement lié à celui d’appartenance. Nous l’alimentons plus ou moins, selon que nous souhaitons appartenir à un groupe, une communauté, ou au contraire que nous souhaitons nous en détacher. Nous avons donc une marge de manoeuvre quant au fait de décider si nous voulons vivre ce décalage comme problématique, neutre, joyeux, et toutes les nuances entre ces positions.

 

Que faire du sentiment de décalage ?

Confronté à ce sentiment de décalage, nous avons toujours le choix. Comme chaque fois que nous sommes face à une émotion, un affect, il est de notre responsabilité de le « digérer », de l’intégrer dans notre vécu pour lui donner un sens – y compris celui de décider qu’il n’a pas de sens et donc pas sa place en nous .

Quelles réactions quand au milieu d’une assemblée, on se sent le seul à penser, vivre, agir de la façon qui est la nôtre ?

  • honte, dissimulation, masque social, mise en place du mode caméléon
  • exacerbation, valorisation, mise en avant de ce qu’on ressent comme sa différence, avec ou sans justification
  • plainte, tristesse, sentiment de rejet, d’exclusion
  • constat des différences et réassurance intérieure : « je sais qui je suis, ce que je vaux, je n’en veux pas à personne. Je suis digne d’être aimé, reconnu, compris, accepté, et les autres le sont aussi. ».

 

Changer son discours intérieur

Pour parvenir à se détacher et ne pas vivre son décalage dans la revendication, la lutte ou la honte, il faut bien sûr observer ce que cela dit de soi…

Quelques questions à se poser, qui peuvent aider à se positionner et à élargir sa vision de soi et des autres :

  • à partir de quels éléments je me définis ?
  • Ai-je besoin de me définir aux yeux des autres, et si oui pourquoi et comment ?
  • de quoi ai-je peur quand je me sens en décalage ? Qu’est-ce qui se passerait si au contraire tout le monde pensait, agissait comme moi ?
  • Comment est-ce que je me comporte quand je rencontre des gens avec qui je m’estime en décalage ? Comment je me comporte quand je rencontre des gens que j’estime en décalage avec moi ?
  • Qu’est-ce qui est à l’origine de mon sentiment de décalage et est-ce que j’ai tendance à le nourrir, si oui de quelles façons ?
  • Qu’est-ce que j’attends des autres, finalement?
  • Y a-t-il des situations, des personnes avec qui je ne ressens pas de décalage ? A quoi cela tient-il ?

Cette dernière question est à mes yeux la plus importante car bien explorée, elle apporte des éléments de réponse pertinents.

 

Ce que nous disons de nous traduit ce que nous disons des autres…

 

Si je me raconte que je suis en décalage, je présuppose qu’il y aura toujours un fossé entre les autres et moi. Je mets en place un biais cognitif qui me prédispose à agir et me montrer comme quelqu’un d’a-normal (en dehors de la norme, quelle qu’elle soit).

Quel est mon mouvement ? Aller vers les autres, ou bien rester à distance ? Un peu les deux, tantôt l’un tantôt l’autre?

Il n’y a aucune réponse juste. Il y a juste la réponse qu’on fait à un moment donné, dans une situation donnée.

Nous sommes libres de croire, d’exprimer avec nos mots, que nous sommes en décalage.

Nous sommes tout autant libres de croire et d’exprimer nos points communs avec les autres et au-delà des différences, d’expérimenter et de savourer ce qui nous rassemble. C’est la mise en pratique de l’irénisme. Le sentiment d’humanité, la joie qui en découle, s’éprouve quand on ne cherche plus à savoir si l’on rentre ou non dans les cases.

De là, peut-être, peut s’élaborer ou se reconstruire, une sécurité intérieure qui donne la vraie liberté d’être soi.

De là peuvent se vivre de nouvelles normes, des normes élargies, qui nous autorisent à différer, sans se positionner systématiquement dans de l’opposition ou du rejet, mais avec la conscience de se savoir faire partie d’un tout, pleinement confiants et apaisés par rapport au vécu de nos singularités.

Marion

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