Oser s’exprimer pour être soi-même devant les autres, une source d’angoisse! J’avais peur de montrer qui je suis et d’être dans la lumière. Comment apprivoiser son potentiel et l’exploiter sans se forcer?

 Cet article est ma participation à l’événement interblog Écrire et Partager, organisé par Véronique Plouvier du blog www.ecrire-un-livre-pratique.fr , qui a pour thématique Se mettre en lumière.

Se mettre en lumière, quelle drôle d’idée!

Voilà quelque chose qui ne m’est pas familier et d’ailleurs, cette expression est plus souvent employée sous sa forme non pronominale : on a mis en lumière une nouvelle découverte archéologique. Là, ça me va : le transitif, agir sur quelque chose, c’est d’accord, mais agir pour soi-même et sur soi-même, c’est tellement éloigné de mes habitudes !

Que faut-il alors faire pour se mettre soi-même en lumière?

Derrière la notion d’apparat que cela reflète, et donc tous les clichés s’y rapportant – on peut y déceler l’orgueil, le m’as-tu-vu, le tape-à-l’oeil- je vois bien qu’on peut aller plus loin et… plus simplement!

Se mettre en lumière c’est peut-être bien se mettre dans une posture telle que physiquement, on reflète la lumière qu’on porte en soi.

J’adore les ombres chinoises et plus encore les ombres découpées. Mystères de papier et de formes humaines, elles suggèrent beaucoup avec peu de moyens, demandent minutie d’exécution dans leur maniement et trésors d’inventivité. L’histoire racontée sous une forme apparemment simple demande au spectateur d’être attentif; de fait on est comme happé par ces petits détails qui rendent la narration plus vivante et la grâce des personnages mimés par les mains ou mus par les formes en papier nous fait entrer dans un autre monde.

Espace hors du temps, règne de l’ombre et de la lumière. L’un ne va pas sans l’autre pour que les figurines se mettent à danser.

A la fin du spectacle, une seule frustration peut-être pour la figurine: ne pas pouvoir être applaudie pour elle-même. Elle existe à travers les mains d’un autre…

Rêve-t-elle de se mettre en lumière, d’être révélée au grand jour et être ainsi reconnue pour ce qu’elle est véritablement?

Comme elle, j’ai longtemps cédé à une facilité naturelle qui voulait qu’être au service des autres était mon chemin. Je recherchais la discrétion fuyais la reconnaissance, par fausse modestie ou orgueil mal placé. Oser être reconnue de par mon nom, mon visage, ma réputation: difficile pour moi!

La satisfaction éprouvée grâce au bénéfice que j’avais procuré à autrui par mes services et mes conseils, me suffisait. Mais qui savait ce que je faisais, dans l’ombre, hormis les gens avec qui j’avais travaillé?

A vrai dire, pas grand monde.

Je travaillais sans me montrer au grand jour. Un peu éteinte.

C’est encore un peu le cas, mais chaque jour j’avance un peu plus vers la lumière et j’espère m’y mettre pour trouver ma bonne place, émettre les rayons qui me permettront de toucher et relier les personnes que je rencontre ici ou ailleurs. J’aime l’idée de la lumière dont on se pare pour éclairer notre chemin, comme autant de petites lucioles qui dansent en se croisant au gré de leur trajectoire, et qui se renvoient leurs éclats pour mieux voir dans le noir. S’éclairer, s’illuminer, avec joie et simplicité.

Alors oui, je vais me mettre en lumière, aidée par la nature qui refait ses couleurs.

Et déjà éclairée par le parcours de ceux qui l’ont fait et balisent le chemin.

EnregistrerEnregistrer

Se libérer du regard des autres, mon principal problème...