Notre voix dissimule et révèle à la fois nos ombres et nos lumières.

Tout autant qu’un miroir qui nous mettrait en face de notre âme, elle nous fait entendre ce que nous retenons par peur de notre être tout autant que ce que nous croyons devoir montrer pour nous sentir reconnus.

Dans une même voix se mêlent les contradictions et les limites du petit moi.
Nos doutes, nos hésitations et nos élans mal contrôlés.
Nous voulons tellement être aimés et notre voix le dit de toutes les façons: quand on essaie de faire joli en vain pour atteindre un modèle, quand on veut chanter ou parler fort pour se sentir puissant en dedans et respecté au-dehors, quand on rajoute des effets pour y croire et se sentir enfin reconnu, quand on veut refaire encore et encore pour que ce soit mieux…

Le jugement que nous portons sur notre voix n’est que le miroir de celui que nous portons sur tout notre être.
Il met en évidence les parts de nous que nous refusons de faire exister pleinement.
Avons-nous conscience de notre potentiel?
Avons-nous envie d’explorer plus avant dans la joie?
Ou craignons-nous d’en faire trop, de n’être pas assez, de devoir toujours fournir plus d’efforts pour être dignes d’être aimés tels que nous sommes?

Notre voix ne nous trompe pas quand nous savons l’écouter sans jugement dans ses différentes facettes au lieu d’y chercher les confirmations de notre valeur, d’y traquer les preuves de notre incomplétude.
Elle n’est pas là pour nous rendre fragiles de façon souffrante.
Elle joue son rôle de canal pour nous relier, enfin, à l’unité en soi, au Tout.

Ce qui est doux avec la voix, c’est qu’en l’appri-voisant, donc littéralement en ouvrant sa voix, on peut considérer avec tendresse tous nos errements, nos façons d’apparaître au monde qui sont teintées d’ego.
Cela est, cela sera, car nous avons aussi besoin d’en faire l’expérience pour sentir où cela sonne de façon juste pour nous, en nous, rien que pour nous d’abord.

 

Ces allers-retours entre ce que nous exprimons de notre monde intérieur et ce que l’oreille et le corps tout entier nous renvoient à travers notre voix, c’est le mouvement même de la vie: entre soi et le monde, entre soi et l’Autre, entre soi et soi, des échos infinis de ce que nous contenons et que nous reconnaissons en l’autre.
Cette relation dedans-dehors est nourrie d’ajustements en souffle-corps-voix.
Une relation de pleine présence au monde qui peut se construire par le je(u) et l’attention consciente et joyeuse.

Qui accepte en conscience d’entendre sa voix révéler ses failles et se met en marche pour les aimer, peut mener sa voix.e où son coeur l’appelle.
Ce n’est pas un lâcher prise pour lutter contre le contrôle.
C’est de l’amour porté consciemment à l’endroit où notre voix nous dit qu’il a manqué.
Un baume vocal à l’âme.

marion dorval

 

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